"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

vendredi 15 mai 2020

Joseph Jurt, La réception littéraire en France et en Allemagne. André Malraux, Georges Bernanos, Emile Zola, Günter Grass

Joseph Jurt 
La réception littéraire en France et en Allemagne
André Malraux, Georges Bernanos, Emile Zola, Günter Grass
L'Harmattan
Critiques Littéraires
2020


Présentation de l'éditeur
Le fait littéraire est constitué de trois éléments : le texte, sa production et sa réception. La critique littéraire a souvent négligé le phénomène de la réception. Une analyse sérieuse de celle-ci doit se fonder sur une théorie rigoureuse et une méthode appropriée en partant d'un corpus critique exhaustif. Cet ouvrage propose des études de cas portant sur Malraux, en particulier sur Les Conquérants, ainsi que sur un écrit de combat et un roman de Bernanos. Une deuxième partie porte sur la réception de la littérature française en Allemagne. La réflexion théorique sur le transfert culturel est suivie par des études empiriques sur l'accueil de Zola et de Malraux en Allemagne ainsi que sur l'événement qu'y constituait le dernier grand roman de Günter Grass après la chute du Mur.
Joseph Jurt est professeur émérite de littérature française à l'université de Fribourg-en-Brisgau.



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