« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 24 décembre 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n°260. Du côté obscur de la famille (1)




Actes de la recherche en sciences sociales, n°260

Du côté obscur de la famille (1)  

Seuil

2025

 

Présentation de l'éditeur

La vie familiale n’est pas un long fleuve tranquille, ni un sanctuaire protégé des logiques capitalistes, un espace du « bonheur » et du « désir » fait de liens électifs, comme l’ont pensé les théoriciens de la modernité et post-modernité. Certes la famille peut être le support de rôles sociaux valorisés comme ceux de père ou de mère. Mais elle est parfois le lieu d’exercice de violences extrêmes – féminicide, inceste –, comme l’a rappelé récemment le procès des viols de Mazan. La famille est plus généralement un espace de transactions symboliques et économiques quotidiennes, marquées par des rapports asymétriques, entre parents et enfants, conjoint et conjointe ou encore aîné·es et cadet·tes.

Ce numéro, qui sera suivi d’un second volet, propose justement de (re)penser les rapports de domination à l’œuvre dans la famille pour comprendre l’ensemble des modes d’exercice du pouvoir qui s’y jouent. Comment expliquer leur relative stabilité au-delà des formes singulières qu’ils revêtent selon les contextes ? Les contributions réunies dans ce volume – depuis un entretien avec Dorothée Dussy autour de ses travaux sur l’inceste jusqu’à un examen des données statistiques sur les inégalités de patrimoine dans les couples – montrent que la famille constitue un lieu central d’apprentissage et de reproduction des rapports de pouvoir, en particulier ceux liés au genre, à la classe et à l’âge. Il explore ainsi la reconfiguration des relations entre enfants et parents quand ces derniers recourent à une aide à domicile, celle des rapports conjugaux en migration ou encore les formes de résistance de parents « progressistes » des classes supérieures à la transition de genre de leur enfant. Ces travaux soulignent que les familles ne sont pas isolées : elles sont aussi traversées par d’autres institutions, comme l’État social ou le droit, qui les encadrent, les contrôlent, et participent parfois à renforcer les inégalités plutôt qu’à les réduire. L’espace domestique, de ce point de vue, n’est qu’en apparence un monde clos.


vendredi 4 octobre 2024

Nicolas Renahy, Jusqu'au bout. Vieillir et résister dans le monde ouvrier

 

 

Nicolas Renahy

Jusqu'au bout 

Vieillir et résister dans le monde ouvrier

La Découverte

L'envers des faits

2024

 

Présentation de l'éditeur

Bruno, Christian, Clairette, Christiane et Viviane sont des " anciens de Peugeot " à Sochaux-Montbéliard. Cabossés par le travail en usine, ces retraités placent le militantisme syndical et la solidarité amicale au cœur de leur vie. À travers quelles expériences apprennent-ils à vieillir ensemble ?
À partir d'une plongée sensible dans leur quotidien, ce livre donne à voir une réalité méconnue : celle du vieillissement physique et social dans le monde ouvrier. Il jette une lumière nouvelle sur des enjeux oubliés de la réforme des retraites et sur la distance au politique dans les classes populaires, montrant l'importance des résistances locales au capitalisme et à l'extrême droite. Retrouvant, trente ans après, certains enquêtés de La Misère du monde, Nicolas Renahy propose une sociologie incarnée des vieillesses et des appartenances sociales, qui invite à repenser la condition ouvrière à l'aune des rapports de classe, de genre et de génération.
Ni passifs ni " inactifs ", ces anciens ouvriers et ouvrières sont loin d'être mis en retrait par leur retraite. Alors que la fin du monde ouvrier ne cesse d'être annoncée, ces " vieilles branches " continuent de lutter, d'être solidaires et de transmettre aux plus jeunes le sens du combat contre les injustices. Jusqu'au bout. 

Nicolas Renahy est sociologue, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE). Il a publié Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale (La Découverte/Poche 2010), et a notamment codirigé Le Laboratoire des sciences sociales. Histoires d'enquêtes et revisites (Raisons d'agir, 2018), Mondes ruraux et classes sociales (EHESS, 2018), et Mépris de classe. L'exercer, le ressentir, y faire face (Croquant, 2021).



samedi 30 octobre 2021

Abdelmalek Sayad, Femmes en rupture de ban. Entretiens inédits avec deux Algériennes

 


Abdelmalek Sayad
Femmes en rupture de ban
Entretiens inédits avec deux Algériennes
Raisons d'agir
Cours & Travaux
2021
 
 
 
Présentation de l'éditeur

Édition présentée par Salima Amari et Éric Fassin accompagnée d’un entretien avec Tassadit Yacine

Cet ouvrage donne à lire deux entretiens inédits d’Abdelmalek Sayad (1933-1998). Le sociologue algérien les a menés en France au tournant des années 1970-1980, avec deux Algériennes de générations successives. Ils font entendre la voix de femmes exceptionnelles, tant par leur force et leur lucidité que du fait de leurs parcours atypiques. Elles analysent elles-mêmes la condition qui leur est imposée, et contre laquelle elles s’insurgent. Confrontées à la domination masculine, ainsi qu’à la domination coloniale et postcoloniale, elles ne se laissent ni l’une ni l’autre assigner une place. Elles sont, de multiples façons, en rupture de ban.
Ces entretiens mettent en lumière une dimension passée inaperçue de l’œuvre de Sayad, sociologue de l’émigration/immigration : on prend conscience qu’il développait en même temps une sociologie du genre – sans le concept, bien sûr, mais c’est bien de cela qu’il s’agit. En effet, Sayad ne se contente pas d’ajouter des femmes au portrait de groupe de l’émigration ; en dialogue avec elles, il explicite des mécanismes touchant les définitions de la masculinité et de la féminité, qui contribuent à la redéfinition des identités et des rapports sociaux en migration.
Ce livre constitue donc une invitation à relire d’autres textes du sociologue pour y retrouver l’importance de l’expérience de genre dans l’analyse de la migration.

 

 

mercredi 5 février 2020

Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités


Céline Bessière
Sibylle Gollac
Le genre du capital 
Comment la famille reproduit les inégalités 
La Découverte
L'envers des faits
2020


Présentation de l'éditeur
On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et sœurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre.
Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital.  
Céline Bessière est professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine. Elle a publié notamment, De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac (Raisons d'Agir, 2010). Sibylle Gollac est chercheuse au CNRS. Elle a dirigé, avec S. Billaud, A. Oeser et J. Pagis, Histoires de familles. Les récits du passé dans la parenté contemporaine (Editions de la Rue d'Ulm, 2015).
 









 

jeudi 8 novembre 2018

Gender in Focus. Identities, Codes, Stereotypes, and Politics. Edited by Andreea Zamfira, Christian de Montlibert, and Daniela Radu


Gender in Focus
Identities, Codes, Stereotypes, and Politics
Edited by Andreea Zamfira, Christian de Montlibert, and Daniela Radu
Barbara Budrich Publishers
2018


Présentation de l'éditeur
This book is about the interplay among identities, codes, stereotypes, and politics governing the various constructions and deconstructions of gender in several western and nonwestern societies, including Germany, Italy, Serbia, Romania, Cameroon, Indonesia, Vietnam, and others. Readers are invited to discover the realm of gender studies and to reflect upon the transformative potentialities of globalization and interculturality.
Andreea Zamfira is assistant professor at the Lucian Blaga University of Sibiu, Romania.
Christian de Montlibert is emeritus professor at the Marc Bloch University of Strasbourg, France.
Daniela Radu is an independent researcher. 
 
 
 
 

mardi 30 octobre 2018

Tassadit Yacine, Femmes berbères de part et d'autre de la Méditerranée. Domination, subjectivité et subversion symbolique

Tassadit Yacine
Femmes berbères de part et d'autre de la Méditerranée
Domination, subjectivité et subversion symbolique 
du Croquant
Sociétés et politique en Méditerranée
2018

Présentation de l'éditeur
Dans cet ouvrage Tassadit Yacine s'attache à dévoiler les rapports de domination entre les genres dans des lieux situés socialement et historiquement (Algérie des années 1960-1990) et en France dans des groupes de la "haute" culture, au sein d'univers modernes et contemporains. Malgré toutes les formes de domination qu'elles subissent, les femmes du Sud de la Méditerranée ont su se préserver grâce à la création "littéraire" orale et grâce à une transgression réglée qui leur permet d'exprimer les affects et ainsi d'opposer une résistance (fût-elle symbolique) à leurs dominants.
En revanche, les femmes lettrées, au Nord de la Méditerranée, ayant acquis une place plus importante dans l'espace public grâce à des lois visant à l'égalité des droits entre les genres, peuvent subir toujours et encore de plein fouet la domination symbolique, parce que celle-ci est incorporée, invisible et euphémisée. Dans ce livre on peut trouver des analyses théoriques, des entretiens, des enquêtes dans lesquelles l'auteure redonne la parole aux femmes pour expliquer "avec leurs propres mots" les effets de la domination sur leurs corps et sur leurs existences.
Tassadit Yacine-Titouh est directrice d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris ; elle est membre du Laboratoire d'anthropologie sociale de l'EHESS, du CNRS et du Collège de France.. Spécialiste du monde berbère, on lui doit de nombreux ouvrages : L'Izli ou l'amour chanté en kabyle, préface de Pierre Bourdieu, Paris, Maison des sciences de l'homme, 1988 ; Chacal ou la ruse des dominés, aux origines du malaise des intellectuels algériens, Paris, La Découverte, 2001 ; Si tu m'aimes guéris, Préface de Françoise Héritier ; Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006.
Elle a édité de nombreux ouvrages autour de l'oeuvre de Jean Amrouche, Un Algérien s'adresse aux Français, Paris, L'Harmattan, 1994, Journal, 2008, de Pierre Bourdieu, Esquisses algériennes, Paris, Edition Le Seuil, 2008. Elle est également directrice de la revue AWAL, fondée par Mouloud Mammeri et soutenue par Pierre Bourdieu, et d'une collection d'ouvrages "Méditerranée-Sud", à la Maison des Sciences de l'Homme.

vendredi 24 août 2018

en ligne: Pierre Bourdieu, Mondialisation et domination : de la finance à la culture (entretien avec B. Chung au Collège de France, 26 janvier 2000)

"La philosophie libérale demande que l’on abatte les frontières, et elle préconise l’affaiblissement de l’État, l’abaissement des barrières douanières, l’abaissement de tous les obstacles à la circulation des capitaux, à l’investissement à l’étranger. Les États nationaux sont gênants parce qu’ils peuvent faire des politiques indépendantes des forces économiques, ils peuvent encourager le développement des marchés intérieurs. Cela en élevant les salaires, en faisant des réformes agraires qui pourraient élever le pouvoir d’achat des paysans, etc. Cela ne plaît pas du tout aux gens qui parlent de mondialisation. Ce qu’ils veulent, c’est affaiblir tous les obstacles à la libre circulation des capitaux et à l’investissement à l’étranger, et évidemment empêcher toutes les formes de protectionnisme, sauf celui des dominants. Ainsi, on le voit, les dominés doivent être libéraux et les dominants peuvent être protectionnistes. De même, alors que l’idéologie du FMI condamne les pays endettés, les États-Unis sont le pays le plus endetté du monde."Pierre Bourdieu, in Derrière la mondialisation se cache la 'domination du monde' (entretien avec B. Chung au Collège de France, 26 janvier 2000), Hangyoreh Shinmun, 4 février 2000, aussi Mondialisation et domination : de la finance à la culture, in Cités, 2012/3 (n° 51) Bourdieu politique
" Derrière la mondialisation se cache la 'domination du monde' " (entretien avec B. Chung -trad. en coréen), Hangyoreh Shinmun, 4 février 2000, p. 17. aussi Mondialisation et domination : de la finance à la culture, in Cités, 2012/3 (n° 51) Bourdieu politique

jeudi 15 mars 2018

audio: Stéphane Beaud, La France des Belhoumi. Portraits de famille (1977-2017)



audio: Stéphane Beaud, La France des Belhoumi. Portraits de famille (1977-2017)
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 14.03.2018


Stéphane Beaud
La France des Belhoumi  
Portraits de famille (1977-2017)
La Découverte 
L'envers des faits 
2018

Présentation de l'éditeur
Un livre de plus sur les jeunes « issus de l’immigration » ? Pour dénoncer les discriminations qu’ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers « difficiles » ? Et conclure sur l’échec de leur « intégration » dans notre pays ?
Non. L’ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes).
En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour « placer » un autre frère à la RATP)…
Cette biographie à plusieurs voix, dont l’originalité tient à son caractère collectif et à la réflexivité singulière de chaque récit, montre différents processus d’intégration en train de se faire. Elle pointe aussi les difficultés rencontrées par les enfants Belhoumi pour conquérir une place dans le « club France », en particulier depuis les attentats terroristes de janvier 2015 qui ont singulièrement compliqué la donne pour les descendants d’immigrés algériens.  
Sociologue, Stéphane Beaud, est professeur de sociologie à l'université de Poitiers, membre du Gresco. Il a notamment publié, à La Découverte, Guide de l'enquête de terrain (avec Florence Weber, 1997), Retour sur la condition ouvrière (avec Michel Pialoux, 2012 ; 1reéd. Fayard, 1999), 80 % au bac, et après ? (2002, 2005 ), Pays de malheur ! (avec Younès Amrani, 2004, 2005) et Traîtres à la nation ? Un autre regard sur la grève des Bleus en Afrique du Sud (avec Philippe Guimard, 2011).

mercredi 17 janvier 2018

audio: Alban Jacquemart et Sophie Pochic présentent Le plafond de verre et l'État. La construction des inégalités de genre dans la fonction publique (avec Catherine Marry, Laure Bereni, Anne Revillard)


audio: Alban Jacquemart et Sophie Pochic présentent Le plafond de verre et l'État. La construction des inégalités de genre dans la fonction publique (avec Catherine Marry, Laure Bereni, Anne Revillard)
Les oreilles loin du front,10.01.2018

 
Le plafond de verre et l'État
La construction des inégalités de genre dans la fonction publique
Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart
Sophie Pochic, Anne Revillard

mercredi 11 octobre 2017

Le plafond de verre et l'État. La construction des inégalités de genre dans la fonction publique, Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart, Sophie Pochic, Anne Revillard

 
Le plafond de verre et l'État
La construction des inégalités de genre dans la fonction publique
Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart
Sophie Pochic, Anne Revillard

mercredi 4 octobre 2017

Du genre dans la critique d’art / Gender in art criticism, Sous la direction de / Edited by Marie Buscatto, Mary Leontsini & Delphine Naudier

Du genre dans la critique d’art / Gender in art criticism
Sous la direction de / Edited by Marie Buscatto, Mary Leontsini & Delphine Naudier
Archives contemporaines
2017

Présentation de l'éditeur
Pas une œuvre d’art, pas un-e artiste ne peut échapper au jugement critique! Que les artistes soient oublié-e-s, dénigré-e-s, invisibilisé-e-s, encensé-e-s, ou transformé-e-s en légendes, leur destinée dépend amplement du travail de sélection, de classement et de hiérarchisation opéré quotidiennement par les critiques d’art.
Cet ouvrage interroge à nouveaux frais un point aveugle des analyses de la réception critique: celui du genre. S’appuyant sur divers terrains – musique, danse, littérature et arts plastiques – menés dans différents pays – Allemagne, Argentine, Canada, États-Unis, Espagne, France, Grèce –, il saisit, dans leur diversité et leur complexité, les manières dont le genre opère au sein de cette institution communément appelée «critique d’art».
Sous quelles formes les artistes accèdent-ils et elles aux colonnes des journaux et des revues? Quels sont les discours genrés mobilisés pour catégoriser, hiérarchiser, distinguer les œuvres, les lectorats, ou les artistes? En quoi l’appartenance sexuée des critiques d’art contribue-t-elle, ou non, à la bicatégorisation sexuée de la réception critique? Quels sont les ressorts sociaux des transgressions genrées observées dans la critique d’art à l’aube du XXIe siècle?


lundi 26 juin 2017

Altaïr Despres, Se faire contemporain. Les danseurs africains à l’épreuve de la mondialisation culturelle

Altaïr Despres 
Se faire contemporain
Les danseurs africains à l’épreuve de la mondialisation culturelle
Publications de la Sorbonne
Homme et société
2016

Présentation de l'éditeur
Longtemps absents de la scène chorégraphique contemporaine, les danseurs africains semblent bien avoir, depuis une vingtaine d'années, le vent en poupe. Ils sont désormais les invités des festivals et des théâtres internationaux les plus prestigieux, et leurs pièces sont saluées tant par le public que par la critique. C’est que, disent les commentateurs, la mondialisation culturelle est passée par là.
Mais qu’est-ce, au juste, que cette mondialisation ?
L’auteure, sociologue et anthropologue, a mené une enquête de terrain de plusieurs années dans l’univers de la danse contemporaine africaine. À partir d’un travail d’archives, d’observations ethnographiques et du recueil de nombreux témoignages d’artistes et de professionnels de la culture, son livre retrace l’émergence de cette esthétique chorégraphique sur le continent africain. Il documente en particulier le parcours de jeunes danseurs, depuis les quartiers populaires de Bamako et de Ouagadougou jusqu’aux planches des grandes scènes parisiennes. Ce faisant, la mondialisation culturelle cesse d’apparaître comme un phénomène vague et irrépressible : elle devient une réalité concrète, une expérience pratique, dont on saisit tour à tour les ressorts politiques, artistiques ou migratoires.
L’apparition d’une forme « contemporaine » de danse en Afrique repose sur la formation de réseaux institutionnels connectés à l’Europe, sur la construction opportune d’intérêts esthétiques pour le continent noir, sur l’appropriation par les danseurs africains d’un rapport nouveau à l’art et, finalement, sur la formation de subjectivités inédites de danseurs et de chorégraphes qui en viennent à incarner, entre « ici » et « là-bas », l’art africain internationalisé.
Altaïr Despres est sociologue et anthropologue, docteure de l'université Paris-Diderot. Ses recherches portent sur les processus de transmission et de domination culturelles, en particulier dans l’Afrique post-coloniale.

lundi 29 mai 2017

Lire les sciences sociales: Artistes femmes. La parenthèse enchantée XVIIIe - XIXe siècles de Séverine Sofio présenté par Charlotte Guichard, le 30 mai

Séminaire Lire les sciences sociales
Mardi 30 mai 2017, 14h - 17h 
CNRS Site Pouchet, 59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris, Salle 108, 1er étage 
Présentation par Charlotte Guichard du livre de Séverine Sofio :  
Artistes femmes. La parenthèse enchantée 
XVIIIe - XIXe siècles 
(Editions CNRS, Culture & Société, 2016), en présence de l’auteure.
  
4ème de couverture :
Entre 1750 et 1850, l’univers des beaux-arts connaît de profondes mutations, dont l’une des conséquences est la banalisation d’une image positive de la dame artiste. Progressivement, des barrières s’abaissent, des contraintes se desserrent et la pratique de la peinture est rendue plus accessible aux femmes. S’ouvre alors une période de créativité foisonnante associée aux noms – parfois oubliés aujourd’hui –d’Elisabeth Vigée-Lebrun, Adélaïde Labille-Guiard, Marie-Guillemine Benoist, Marguerite Gérard, Constance Mayer, Victoire Jaquotot, Lizinka de Mirbel, Rosa Bonheur…
Pourquoi les artistes femmes, à ce moment précis de l’histoire, ont-elles bénéficié de l’intérêt de leurs contemporains et de conditions de travail relativement égalitaires ? Pour saisir ce phénomène, Séverine Sofio réintègre les artistes des deux sexes dans la réalité quotidienne de leur travail de création.
Ni recueil d’analyses d’œuvres, ni histoire des femmes dans l’art, cet ouvrage traite de la pratique des beaux-arts, de son organisation et de ses réalités professionnelles, institutionnelles et économiques. Cette suspension relative de l’infériorisation des femmes dans les beaux-arts n’en demeure pas moins provisoire : si la parenthèse s’ouvre timidement dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, elle se referme progressivement avant le milieu du siècle suivant.

vendredi 21 avril 2017

Paniques identitaires. Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales, Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran

 
Paniques identitaires
Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales
Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran 
Du Croquant
Détox
2017

Présentation de l'éditeur
Femmes en burkini suscitant des bagarres, cafés noyautés par des musulmans et « interdits aux femmes », viols effectués par cinquante individus musulmans à Francfort... Depuis quelques années, des informations inventées de toutes pièces ont pris de l’ampleur dans les grands médias, dans le but d’entretenir la peur d’un ennemi supposé menacer la nation et ses valeurs.
Ces paniques identitaires ne sont pas de simples rumeurs : elles apparaissent dans un contexte de défiance démocratique et sont relayées par des journalistes et des politiques, avant de s’évanouir du jour au lendemain. Mettant en scène le corps pur de la nation à protéger contre les Roms, les musulmans mais aussi l’héritage de Mai 68, la diversité, la « théorie du genre » et le communautarisme, ces récits révèlent en creux les formes actuelles de la domination et de la stigmatisation. Dans ce livre, une dizaine de spécialistes en sciences sociales (histoire, sociologie, anthropologie, science politique) montrent en quoi ces paniques identitaires viennent nourrir le renouveau du nationalisme français, en train de se reformuler et d’occuper presque tout l’espace médiatique.

Sommaire
Introduction, par Laurence De Cock et Régis Meyran
« Malaise identitaire » contre « affirmation identitaire » : les usages du mot « identité », par Régis Meyran
1968 ou le début de la fin. Catastrophisme anticontestataire et contre-sens identitaire, par Ludivine Bantigny
Le roman national au cœur des paniques identitaires, par Laurence de Cock
Le discours du « communautarisme », une logique de la guerre identitaire, par Fabrice Dhume
Le bon genre de l’identité nationale, par Fanny Gallot
L’insécurité culturelle : usages et ambivalences. Notes critiques à propos du livre de Laurent Bouvet, par Klaus-Gerd Giesen
Paniques identitaires, paniques territoriales : une spatialisation des crispations identitaires, par Cécile Gintrac
La diversité « à la française » ou la tentation d’une égalité sous conditions de performance identitaire pour les « non-frères », par Réjane Sénac
Panique sécuritaire et panique identitaire : quelques usages de « l’insécurité »,
par Laurent Mucchielli
L’ Algérie à Cologne, par Jocelyne Dakhlia



 

mercredi 19 avril 2017

Ariel Wilkis, The Moral Power of Money. Morality and Economy in the Life of the Poor

Ariel Wilkis
The Moral Power of Money 
Morality and Economy in the Life of the Poor 
Stanford University Press
2017

Présentation de l'éditeur
Looking beneath the surface of seemingly ordinary social interactions, The Moral Power of Money investigates the forces of power and morality at play, particularly among the poor. Drawing on fieldwork in a slum of Buenos Aires, Ariel Wilkis argues that money is a critical symbol used to negotiate not only material possessions, but also the political, economic, class, gender, and generational bonds between people.
Through vivid accounts of the stark realities of life in Villa Olimpia, Wilkis highlights the interplay of money, morality, and power. Drawing out the theoretical implications of these stories, he proposes a new concept of moral capital based on different kinds, or "pieces," of money. Each chapter covers a different "piece"—money earned from the informal and illegal economies, money lent through family and market relations, money donated with conditional cash transfers, political money that binds politicians and their supporters, sacrificed money offered to the church, and safeguarded money used to support people facing hardships. This book builds an original theory of the moral sociology of money, providing the tools for understanding the role money plays in social life today.
About the author
Ariel Wilkis is a researcher at the National Council of Scientific and Technological Research (CONICET) and Co-Director of the Center for Social Studies of Economics at the National University of San Martín, Argentina. 

jeudi 6 avril 2017

vidéo: Frédérique Matonti, Le genre présidentiel. Enquête sur l'ordre des sexes en politique


vidéo:  France: Elections présidentielles, pourquoi si peu de candidates ?
[Infographie] Par

Frédérique Matonti 
Le genre présidentiel 
Enquête sur l'ordre des sexes en politique 
La Découverte
2017

Présentation de l'éditeur
Ségolène Royal, Marine Le Pen, Christiane Taubira, Anne Hidalgo… Jamais les femmes n’ont été aussi présentes sur la scène politique française. Pourtant, la loi sur la parité n’a pas eu les effets attendus. Les médias, les politiques et les communicants continuent de véhiculer de nombreux stéréotypes. Pire : les clichés se renforcent lorsque l’« ordre genré » est contesté. Une candidate accède au second tour de l’élection présidentielle ? Une femme racisée se voit confier un ministère régalien ? Deux femmes s’affrontent pour la direction d’un parti politique ou d’une grande municipalité ? À chaque fois, les schémas sexistes, et parfois racistes, reviennent sous la plume des commentateurs. Évaluées sur leur physique, soupçonnées d’agir par « émotion » et hâtivement taxées d’incompétence, les femmes sont systématiquement rappelées à l’ordre.
La persistance de cet ordre genré s’accompagne d’une évolution : la restriction du périmètre du « privé » et de l’« intime ». Ce sont les affaires pénales de Strauss-Kahn qui ont rendu possible ce déplacement. Mais, dorénavant, comme l’ont montré les polémiques sur les relations de François Hollande avec Valérie Trierweiler et Julie Gayet, les comportements sexuels ou amoureux licites des personnalités politiques sont analysés comme le signe de leur capacité – ou non – à gouverner.
S’appuyant sur les productions médiatiques, sur des entretiens avec de nombreux journalistes et sur ses observations des campagnes électorales, l’auteure fait apparaître la dimension genrée des hiérarchies de pouvoir et explore la définition contemporaine de la « bonne masculinité » en politique.  
Frédérique Matonti, ancienne élève de l’École normale supérieure, est professeure de science politique à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Elle est l’auteure de plusieurs livres, dont, à La Découverte, Intellectuels communistes. Essai sur l’obéissance politique (2005).

lundi 13 mars 2017

Frédérique Matonti, Le genre présidentiel. Enquête sur l'ordre des sexes en politique


Frédérique Matonti 
Le genre présidentiel 
Enquête sur l'ordre des sexes en politique 
La Découverte
2017

Présentation de l'éditeur
Ségolène Royal, Marine Le Pen, Christiane Taubira, Anne Hidalgo… Jamais les femmes n’ont été aussi présentes sur la scène politique française. Pourtant, la loi sur la parité n’a pas eu les effets attendus. Les médias, les politiques et les communicants continuent de véhiculer de nombreux stéréotypes. Pire : les clichés se renforcent lorsque l’« ordre genré » est contesté. Une candidate accède au second tour de l’élection présidentielle ? Une femme racisée se voit confier un ministère régalien ? Deux femmes s’affrontent pour la direction d’un parti politique ou d’une grande municipalité ? À chaque fois, les schémas sexistes, et parfois racistes, reviennent sous la plume des commentateurs. Évaluées sur leur physique, soupçonnées d’agir par « émotion » et hâtivement taxées d’incompétence, les femmes sont systématiquement rappelées à l’ordre.
La persistance de cet ordre genré s’accompagne d’une évolution : la restriction du périmètre du « privé » et de l’« intime ». Ce sont les affaires pénales de Strauss-Kahn qui ont rendu possible ce déplacement. Mais, dorénavant, comme l’ont montré les polémiques sur les relations de François Hollande avec Valérie Trierweiler et Julie Gayet, les comportements sexuels ou amoureux licites des personnalités politiques sont analysés comme le signe de leur capacité – ou non – à gouverner.
S’appuyant sur les productions médiatiques, sur des entretiens avec de nombreux journalistes et sur ses observations des campagnes électorales, l’auteure fait apparaître la dimension genrée des hiérarchies de pouvoir et explore la définition contemporaine de la « bonne masculinité » en politique.  
Frédérique Matonti, ancienne élève de l’École normale supérieure, est professeure de science politique à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Elle est l’auteure de plusieurs livres, dont, à La Découverte, Intellectuels communistes. Essai sur l’obéissance politique (2005).

jeudi 9 mars 2017

Lire Les Sciences Sociales, présentation des ouvrages Rester bourgeois d'Anaïs Collet et Tous propriétaires ! d'Anne Lambert, 15 mars 2017


Anaïs Collet, Rester bourgeois. Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction, La Découverte, 2015
Présenté par Violaine Girard

Anne Lambert, Tous propriétaires ! L'envers du décor pavillonnaire, Seuil, 2015
Présenté par Yasmine Siblot


Lire Les Sciences Sociales
mercredi 15 mars 2017 de 14 h à 17h 
salle 124 du site Pouchet 
(59-61 rue Pouchet, 75017)

mardi 31 janvier 2017

écouter: Juliette Rennes présente l'Encyclopédie critique du genre. Corps, sexualité, rapports sociaux


écouter: Juliette Rennes présente l'Encyclopédie critique du genre. Corps, sexualité, rapports sociaux
La Matinale de 19h, Radio Campus Paris, 25.01.2017


Encyclopédie critique du genre
Corps, sexualité, rapports sociaux
sous la direction de Juliette Rennes
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
« Désir(s) », « Mondialisation », « Nudité », « Race », « Voix »… Les soixante-six textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre.Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l’histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités liées au genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l’apparence physique, la santé ou encore l’âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre.
En analysant les concepts, les enquêtes empiriques et les débats caractéristiques de ces transformations saillantes, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre en ce début de XXIe siècle.
Juliette Rennes est sociologue, enseignante-chercheuse à l'EHESS

lundi 9 janvier 2017

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 215 – Décembre 2016, Les classes sociales au foyer

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 215 – Décembre 2016, Les classes sociales au foyer
Seuil

Résumé
En plongeant dans l'intimité des foyers, ce dossier propose une contribution originale à la sociologie des classes sociales. Alors que les débats se focalisent d'ordinaire sur certaines dimensions de la culture de classe (tout particulièrement sur les pratiques culturelles), il déplace l'attention vers un lieu qui, avec l'autonomisation de la vie privée et l'amélioration des conditions de logement, fait l'objet d'un investissement croissant .Les enquêtes présentées dans les articles portent sur des groupes sociaux et des contextes résidentiels contrastés : classes populaires des cités HLM ou de milieu rural, agriculteurs embourgeoisés, classes populaires et moyennes du périurbain, classes supérieures urbaines ou familles nombreuses occupant diverses positions dans l'espace social. Attentives également à la dimension genrée des styles de vie domestique, elles explorent les pratiques, les relations et les logiques symboliques qui prennent corps à l'intérieur des frontières de l'habitat. Chacun des articles souligne ainsi combien les pratiques de décoration, d'aménagement et d'ameublement, ainsi que les usages personnels et l'organisation des sociabilités domestiques, sont l'expression de goûts socialement situés. En prenant en compte le rôle de l'économie de la maisonnée, ils montrent également les formes variées que prend l'organisation du travail domestique, dont une partie peut être déléguée à des employé-e-s subalternes par les classes supérieures mais qui, à l'intérieur de chaque ménage, fait l'objet d'une division sexuée persistante.L'espace domestique apparaît ainsi doté de propriétés spécifiques - en particulier celle d'offrir à ses occupants un lieu à l'abri relatif des rapports de domination dont ils font l'expérience dans d'autres espaces. Il existe donc bien une relative autonomie symbolique des cultures de classes et de fractions de classe, comme en attestent les résistances face à l'imposition de modèles d'habiter hétéronomes. Mais les manières d'habiter se transforment aussi, sous l'effet des logiques de distinction et des aspirations à différentes voies d'ascension sociale, qui viennent redessiner les frontières culturelles séparant les classes sociales.  

Classes, genre et styles de vie dans l’espace domestique
Pierre Gilbert
Ferme, pavillon ou maison de campagne
Les formes résidentielles de l’embourgeoisement agricole
Gilles Laferté
Du luxe bon marché
Travail de service et classement social dans les résidences fermées de Buenos Aires
Eleonora Elguezabal
Échapper à l’enfermement domestique
Travail des femmes et luttes de classement en lotissement pavillonnaire
Anne Lambert
Qui débarrasse la table ?
Enquête sur la socialisation domestique primaire
Martine Court, Julien Bertrand, Géraldine Bois, Gaële Henri-Panabière et Olivier Vanhée
« Nos volets transparents »
Les potes, le couple et les sociabilités populaires au foyer
Benoît Coquard
Troubles à l’ordre privé
Les classes populaires face à la cuisine ouverte
Pierre Gilbert