« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 10 août 2016

Parcours de familles. L’enquête Étude des relations familiales et intergénérationnelles, sous la direction d'Arnaud Régnier-Loilier

 
Parcours de familles
L’enquête Étude des relations familiales et intergénérationnelles
sous la direction d'Arnaud Régnier-Loilier 
INED
Grandes Enquêtes
2016

Présentation de l'éditeur
Six ans après Portraits de familles, ce deuxième volet de l’Étude des relations familiales et intergénérationnelles (Érfi) retrace les parcours de vie des 10 000 personnes ayant participé à l’enquête. Que sont-elles devenues ? Se sont-elles mises en couple, se sont-elles séparées ? Ont-elles eu des enfants ? Quelle influence a eu leur parcours familial sur leur vie professionnelle, et réciproquement ? Dans quelle mesure les événements de vie activent l’entraide entre générations ? Constate-t-on des différences de comportements entre les hommes et les femmes ?
L’interrogation successive, trois puis six ans après des mêmes personnes permet de mieux appréhender les parcours de vie et les comportements démographiques tant individuels que familiaux. Elle offre un éclairage sur les grandes tendances et les diversités des modes de vie face à certaines évènements de l’existence comme l’arrivée d’un enfant, le chômage, une séparation, un départ à la retraite. Ce panorama détaillé permet de saisir les transformations de la famille et de ce qu’elle recouvre aujourd’hui en France.
Avec les contributions de :
Sabrina Aouici, Éva Beaujouan, Didier Breton, Nicolas Cauchi-Duval, François-Xavier Devetter; Nelly Guisse; Maëlan Le Goff; Zsuzsanna Makay; Julien Navaux; Jim Ogg; Ariane Pailhé; Lionel Ragot; Arnaud Régnier-Loilier; Manon Réguer-Petit; Sylvie Renaut; Pascal Sebille; Sandra Zilloniz

Arnaud Régnier-Loilier est docteur en sociologie, chargé de recherche à l’Ined et rattaché à l’unité Fécondité, famille, sexualité. Ses principaux travaux portent sur la fécondité, la diversité des conjugalités et les relations enfants-parents en France ainsi que sur sur les méthodologies d’enquêtes. Il est responsable de la mise en place des trois vagues de l’enquête Generations and Gender Survey en France (Étude des relations familiales et intergénérationnelles, Érfi) réalisées en partenariat avec l’Insee entre 2005 et 2011.

 

 

jeudi 17 février 2011

François-Xavier Devetter & Sandrine Rousseau, Du balai - Essai sur le ménage à domicile et le retour

François-Xavier Devetter & Sandrine Rousseau
Du balai - Essai sur le ménage à domicile et le retour
Raisons d'Agir
2011

Présentation de l'éditeur
Faire le ménage est une activité particulièrement commune : l'entretien du domicile apparaît comme une nécessité naturelle, répétitive, routinière, d'ordre privé.
Ce n'est apparemment pas une question politique et économique. Pourtant, le ménage est au centre de nombreux rapports de force et de pouvoir. La question du partage des tâches entre hommes et femmes est évidemment la première qui vient à l'esprit : les femmes plus souvent que les hommes se chargent de ces tâches peu valorisées. Mais là n'est pas le seul enjeu, à la division du travail au sein de la famille se superpose une division du travail extra-familiale, par le biais de l'externalisation, autrement dit, du recours à une femme de ménage.
Ainsi d'intime cette question apparemment banale prend des aspects plus larges, interférant avec de nombreuses questions sociales et politiques fondamentales comme " qui occupe ces emplois ? ", " quelle valeur accorder à ces activités ? " ou encore " sous quelles modalités déléguer ou non certaines tâches ? ". La réponse à ces questions loin d'être anodine, est au contraire au centre d'enjeux politiques, économiques et éthiques.
L'externalisation repose sur l'idée suivante : puisque les hommes rechignent à prendre leur part de tâches domestiques, l'égalité au sein du couple peut être en partie retrouvée ou contournée grâce au recours à une tierce personne dont la tâche est de décharger les femmes d'une partie de ce qui crée de l'inégalité au sein du couple. Cette solution non seulement semble résoudre en grande partie la question des rapports de genre mais elle s'inscrit également dans le cadre des politiques de l'emploi et constitue un véritable " gisement d'emplois " pour les salarié(e)s les moins qualifié(e)s et les services rendus facilitent la vie des femmes actives.
Cet aspect justifie les nombreuses mesures d'incitation au recours aux services d'une femme de ménage par les particuliers. Le " plan Borloo " en est le dernier exemple. Enfin, les caractéristiques du marché du travail domestique font que la question de l'entretien du domicile est également au cœur des politiques d'immigration. En effet, une part très importante des employées de maison sont étrangères ou d'origine étrangère (presque la moitié selon l'enquête emploi qui minore très largement la population étrangère en ne mesurant que très imparfaitement le travail informel encore élevé dans le secteur).
La question du ménage et de son organisation sous-tend ainsi plusieurs débats fondamentaux. Pourtant ce thème est assez peu traité en France, notamment en comparaison avec les pays anglo-saxons. Partant d'un objet apparemment marginal, il aboutit à des questions qui touchent à des aspects essentiels du fonctionnement de l'égalité et de la démocratie en France aujourd'hui.

dimanche 13 juin 2010

Les services à la personne, François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT


Les services à la personne
François-Xavier DEVETTER, Florence JANY-CATRICE, Thierry RIBAULT
Collection : Repères n°526
La Découverte
2009



Présentation de l'éditeur
Ni un secteur, ni vraiment nouveaux, les services à la personne sont un champ de forces en tension. À la fois instruments de la politique d'emploi et de politique sociale, ils déstabilisent les compromis du « modèle français ». C’est par le prisme de l’emploi que cet ouvrage propose d’explorer la socioéconomie des services à la personne. Combien d’emplois ? Quelles évolutions ? Quelle qualité de l’emploi ? Pour quel service ?
Les activités concernées s’effectuent souvent dans le cadre d’un rapport social où prestataire et usager, ou client, sont en interaction. Cette singularité rend indispensable une approche qui ne transforme pas le service à la personne en un banal produit. L’aide à domicile auprès des personnes âgées est l’archétype d’une telle approche. Elle pose la question de la compatibilité entre le caractère authentiquement professionnel de la prestation et la grande fragilité économique et sociale dans laquelle se trouve souvent le salarié qui l’effectue. Peut-on penser la professionnalisation des salariés sans interroger la qualité des services rendus, ni la nature des conditions de travail et d’emploi ? Au-delà de simples enjeux sectoriels, ces questions engagent de véritables choix de société.


table des matières
Introduction - Précisions terminologiques - Plan de l’ouvrage - Remerciements - I / Les services à la personne dans les économies tertiaires - Un contexte international de croissance tertiaire - Des enjeux sociétaux - Une longue et durable croissance des emplois dans les services - Une croissance différenciée des services - Des gisements d’emplois ? - Les mondes de services - Les services à la personne et l’emploi tertiaire - Un coup de force politique - L’évolution des services d’aide, logique d’action sociale en France - Une exception française : les services mandataires et l’emploi en gré à gré - Élargissement des modalités de recours à l’emploi - Conclusion - II / Les services à la personne : catégories et discours - Les services à la personne : un secteur insaisissable - Un regroupement d’activités hétéroclites - Des trajectoires historiques différenciées - Une catégorie politique - Une catégorie ordinaire - Une anti-réalité statistique - Organisation des prestations et estimation de l’emploi - Situations de multi-employeurs - Situations à statuts multiples - Polyvalence, polyactivité - Chèque emploi service universel (Cesu) - Conclusion - III / Vers un marché des services à la personne ? - Une demande entre discours, incitations et permanences - Une demande incommensurable - Une demande très… demandée - Une demande finalement modérée et très dépendante du revenu - L’offre de services : survie et cohabitation - La résilience du travail au noir - Une offre formelle aux prises avec le politique - Un emploi direct soutenu politiquement - Un secteur associatif à la croisée des chemins - Des entreprises commerciales en quête de qualité - Des centres communaux d’action sociale très hétérogènes - Des enseignes au bilan provisoire peu brillant - Divergences européennes - Comparer l’incomparable - Des tendances communes mais des politiques différentes - Conclusion - IV / La qualité de l’emploi en question - Une qualité globale des emplois très médiocre - Des activités où les bas salaires sont la norme - Une sécurité de l’emploi en trompe-l’oeil - Des conditions de travail qui cumulent les pénibilités industrielles et tertiaires - Des métiers peu reconnus et dévalorisés -La nature de l’employeur est-elle déterminante ? - Rémunérations - Sécurité de l’emploi - Conditions de travail - Reconnaissance - Conclusion - V / Des métiers sans profession - Qualification et/ou professionnalisation ? - De la non-qualification à la professionnalisation - Des débats théoriques lourds de conséquences pratiques - La professionnalisation comme enjeu collectif - La professionnalisation comme idéologie - Entrepreneur de soi-même versus professionnalisation - Une organisation du travail impensée - Une professionnalité plurielle - Vocationnelle - Éthique - Pragmatique - Industrielle - Marchande- Politique - Réglementaire - Servicielle - Des vertus de la pluralité des conventions de professionnalité dans le cas de l’aide à domicile - La professionnalisation : un construit évolutif en tension - Le marchand et le politique : un exemple d’articulation tendue - La question de la professionnalisation des employés de maison - Une question ancienne mais toujours d’actualité - Une professionnalisation difficile - Quelles issues ? - Conclusion : l’aide à domicile, une activité marchande sans le marché ? - Conclusion - La tentation du plein emploi - La tentation, en Europe, d’un vaste marché de l’immigré - Liste des sigles et abréviations - Repères bibliographiques.




François-Xavier Devetter est maître de conférences en économie à l’université Lille-I et Telecom Lille-I, membre du Clersé-CNRS (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques). Ses travaux concernent la socioéconomie des conditions de travail et portent notamment sur la question de la qualité des emplois.
Florence Jany-Catrice, maître de conférences d’économie à l’université Lille-I, est une spécialiste des comparaisons internationales portant sur l’emploi tertiaire, de l’emploi non qualifié dans les services, et des indicateurs sociaux. Elle est l’auteur ou la co-auteure de cinq ouvrages sur ces questions.
Thierry Ribault est économiste, chercheur au CNRS, membre du Clersé. Il travaille sur les modalités d’emploi dans les activités de service avec une perspective de comparaison internationale.

à paraître: Francois-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau, La place du travail domestique

Francois-Xavier Devetter
Sandrine Rousseau
La place du travail domestique
Editeur : Raisons D'Agir.
Date de parution : 18/11/2010


Présentation de l'éditeur
Faire le ménage est une activité particulièrement commune : l'entretien du domicile apparaît comme une nécessité naturelle, répétitive, routinière, d'ordre privé. Ce n'est apparemment pas une question politique et économique. Pourtant, le ménage est au centre de nombreux rapports de force et de pouvoir. La question du partage des tâches entre hommes et femmes est évidemment la première qui vient à l'esprit : les femmes plus souvent que les hommes se chargent de ces tâches peu valorisées. Mais là n'est pas le seul enjeu , à la division du travail au sein de la famille se superpose une division du travail extra-familiale, par le biais de l'externalisation, autrement dit, du recours à une femme de ménage. Ainsi d'intime cette question apparemment banale prend des aspects plus larges, interférant avec de nombreuses questions sociales et politiques fondamentales comme " qui occupe ces emplois ? ", " quelle valeur accorder à ces activités ? " ou encore " sous quelles modalités déléguer ou non certaines tâches ? ". La réponse à ces questions loin d'être anodine, est au contraire au centre d'enjeux politiques, économiques et éthiques.
L'externalisation repose sur l'idée suivante : puisque les hommes rechignent à prendre leur part de tâches domestiques, l'égalité au sein du couple peut être en partie retrouvée ou contournée grâce au recours à une tierce personne dont la tâche est de décharger les femmes d'une partie de ce qui crée de l'inégalité au sein du couple. Cette solution non seulement semble résoudre en grande partie la question des rapports de genre mais elle s'inscrit également dans le cadre des politiques de l'emploi et constitue un véritable " gisement d'emplois " pour les salarié(e)s les moins qualifié(e)s et les services rendus facilitent la vie des femmes actives. Cet aspect justifie les nombreuses mesures d'incitation au recours aux services d'une femme de ménage par les particuliers. Le " plan Borloo " en est le dernier exemple.
Enfin, les caractéristiques du marché du travail domestique font que la question de l'entretien du domicile est également au coeur des politiques d'immigration. En effet, une part très importante des employées de maison sont étrangères ou d'origine étrangère (presque la moitié selon l'enquête emploi qui minore très largement la population étrangère en ne mesurant que très imparfaitement le travail informel encore élevé dans le secteur).
La question du ménage et de son organisation sous-tend ainsi plusieurs débats fondamentaux. Pourtant ce thème est assez peu traité en France, notamment en comparaison avec les pays anglo-saxons. Partant d'un objet apparemment marginal, il aboutit à des questions qui touchent à des aspects essentiels du fonctionnement de l'égalité et de la démocratie en France aujourd'hui.

François-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau sont Maîtres de Conférence en Sciences économiques à l'Université de Lille 1 - Telecom Lille I, membre du CLERSE - CNRS (UMR 8019).