« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 15 mai 2023

Max Weber , Qu’est-ce que les sciences de la culture ?

 


Max Weber

Qu’est-ce que les sciences de la culture ?

Édition et traduction de Wolf Feuerhahn 

CNRS

Biblis

2023



Présentation de l'éditeur

 Occupant une place éminente dans le panthéon contemporain des sciences sociales, Max Weber ne cesse de faire l’objet d’appropriations contradictoires qui tendent à décontextualiser ses recherches. Cet ouvrage, par contraste, offre la traduction de son premier texte épistémologique, inédit en français, accompagnée de documents et de correspondances, et permet ainsi de replacer la réflexion de Weber dans les débats de son temps. Cet article publié en plusieurs parties entre 1903 et 1906, exactement contemporain de L’Éthique protestante et l’« esprit » du capitalisme, montre comment un sujet qui pourrait sembler uniquement technique – la méthode spécifique des sciences de la culture – est indissociable d’enjeux académiques et politiques beaucoup plus larges.
Loin d’apparaître comme un partisan d’une sociologie « compréhensive » opposée à l’« explication », Weber fait de la compréhension des motivations des agents sociaux une modalité de l’explication causale. Surtout, à travers sa promotion de l’expression « sciences de la culture » (Kulturwissenschaften), il ne se contente pas de garantir une spécificité à ces sciences : il se saisit d’une question toujours très brûlante, celle de la « signification culturelle » du capitalisme, c’est-à-dire de la transformation de l’homme par le mode de fonctionnement de l’économie. 

Édition et traduction de Wolf Feuerhahn. Chercheur en histoire des sciences et des savoirs au CNRS (Centre Alexandre-Koyré), Wolf Feuerhahn codirige la Revue d’histoire des sciences humaines ...

 

mardi 14 novembre 2017

La Politique des chaires au Collège de France, Sous la direction de Wolf Feuerhahn

 
La Politique des chaires au Collège de France
Sous la direction de Wolf Feuerhahn
Collège de France
Les Belles Lettres
Docet omnia
2017

Présentation de l'éditeur
Le Collège de France se définit comme le lieu de la science en voie de se faire. Rejetant tout partage disciplinaire fixe, il prône l’adéquation de ses enseignements au renouvellement des savoirs.
Mais ce qui apparaît comme une libre transformation est aussi l’expression d’une politique institutionnelle. Le choix d’un intitulé de chaire, la désignation d’un titulaire résultent de l’état de la science et d’un contexte académique, politique et social. La reconduction d’une chaire revient à affirmer qu’une discipline mérite d’être enseignée ; la suppression d’une autre signifie que celle-ci n’a plus sa place dans le paysage scientifique. L’analyse des pratiques à l’œuvre au Collège de France durant ses cinq siècles d’existence, révèle une tension vive et persistante entre l’engagement en faveur de l’innovation et la perpétuation des traditions séculaires.
Sur la base de nombreux documents inédits issus notamment des archives du Collège de France, cet ouvrage revisite l’autodéfinition de la plus fameuse institution savante française et invite à reconsidérer la fabrique et le partage des savoirs dans l’enseignement et la recherche.
Ouvrage publié en coédition avec le Collège de France et avec le soutien de PSL Research University, dans le cadre du projet de recherche "Passage des disciplines : histoire globale du Collège de France XIXe-XXe siècles".

Wolf Feuerhahn est chargé de recherches au CNRS, membre du LabEx Hastec et de PSL, directeur-adjoint du Centre Alexandre Koyré et co-directeur de la Revue d’histoire des sciences humaines (RHSH). Historien des sciences, il travaille sur l’histoire transnationale de l’organisation, du partage et de l'étiquetage des savoirs en Europe (XVIIIe - XXIe siècles). Il a notamment édité : La Fabrique internationale de la science. Les congrès scientifiques entre 1865 et 1945 (2010, avec P. Rabault- Feuerhahn) ; Les sciences de l’homme à l’âge du neurone (2011, avec R. Mandressi) ; Humanités environnementales. Enquêtes et contre-enquêtes (2017, avec G. Blanc et E. Demeulenaere).

Table des matières

Préface
Antoine Compagnon

Introduction : L’atelier des intitulés du Collège de France
Wolf Feuerhahn

ANCIENS ET NOUVEAUX REGIMES DES CHAIRES

Chaires d'ancien régime et ancien régime des chaires : la médecine au Collège royal (XVIe-XVIIe siècles)
Rafael Mandressi

Changer la destination des chaires. La mise en place d’une pratique, entre convenance personnelle et exigence de l'Université.
Jeanne Peiffer

IDEAUX ET PRATIQUES DE LA TRANSFORMATION DES INTITULES

Le Collège de France et « la liberté de transformation » des chaires : émergence et perpétuation d’une auto-définition
Wolf Feuerhahn

Les intitulés « père & fils » ou la question de l’hérédité des chaires
Anne Collinot

Titulaire ou intitulé : deux critères pour sélectionner les candidats au Collège de France
Céline Surprenant

Soutenir une proposition de chaire au Collège de France (1900-1949) : jeu institutionnel et discours délibératif
Françoise Waquet

Le Collège de France en situation coloniale ? Autour de quelques chaires (fin XIXe-début XXe siècles)
Florence Deprest

Le crédit des chaires. Inertie disciplinaire et ascension des sciences au Collège de France (1800-2000)
Yann Renisio

LE POIDS DES « CHAIRES FONDAMENTALES »

Resémantiser un intitulé fondateur ? Les chaires de grec au Collège de France
Vivi Perraky

De l’éloquence à la civilisation. Évolution des intitulés de chaires consacrées à l’Antiquité latine (XIXe-XXe siècles)
Sarah Rey

Qu’est-ce que l’ « archéologie » au Collège de France (XIXe- milieu du XXe siècle) ?
Elise Lehoux

La rhétorique autour des intitulés des chaires de mathématiques (1880-1956). Les dessous d'une permanence au Collège
Hélène Gispert


INTITULES ET DISCIPLINES : JEUX DE MASQUES

Une chaire sans intitulé ? Les sciences morales et politiques au Collège de France (1795-1864)
Jean-Luc Chappey et Julien Vincent

La comparaison fait-elle la discipline ? Intitulés comparatistes et dynamique des chaires au Collège de France
Pascale Rabault-Feuerhahn

La géographie au Collège de France (milieu XIXe-milieu XXe siècle), ou les aléas d’une inscription disciplinaire
Olivier Orain et Marie-Claire Robic

Usages, extensions et masques de l’intitulé « psychologie » au Collège de France
Jacqueline Carroy, Annick Ohayon, Régine Plas

Bibliographie générale
Présentation des auteurs
Index des noms
Table des figures

 

mercredi 27 février 2013

Le mental et le social, Bruno Ambroise & Christiane Chauviré (eds.)

Le mental et le social 
Bruno Ambroise & Christiane Chauviré (eds.)
Raisons Pratiques 23
Ehess
2013

Présentation de l'éditeur
Synthèse des courants qui, en philosophie et en sciences humaines, ont mis en évidence l’articulation étroite du mental et du social., ce livre esquisse une théorie sociale du mental et va à l’encontre de nombre de conceptions en vogue. 
L’esprit n’est pas tant une entité fantomatique qu’une modalité de l’action et de l’interaction avec l’environnement, qu’il soit naturel ou social. Il ne s’agit pas de nier l’existence des processus et des états mentaux, mais plutôt de contester la vertu explicative du recours à de tels processus ou états : les invoquer dans une explication du comportement n’élucide pas le mental, car seule une grammaire des capacités mentales peut le faire. L’analyse grammaticale des termes mentaux de notre vocabulaire ordinaire fait en effet voir l’esprit comme un faisceau de capacités qui se déploient dans les pratiques et la communication.
Une telle conception sociale de l’esprit a été développée par différentes approches en philosophie, et en sciences humaines et sociales, notamment par Wittgenstein et les néo-wittgensteiniens, par les pragmatistes américains, par les promoteurs de la psychologie et de l’anthropologie écologiques, ou par ceux de la psychologie culturelle. Elle permet d’ancrer l’esprit dans la nature d’une autre façon que les courants néo-cartésianistes aujourd’hui florissants : l’esprit et ses manifestations ne relèvent pas d’une sphère sui generis close sur elle-même, mais se déploient comme des modalités des pratiques humaines et sociales.

SOMMAIRE
B. Ambroise & C. Chauviré : Présentation
P.-H. Castel – Les "rituels pathologiques" des obsessionnels
B. Dupret & L. Quéré – Erreur et dérangement mental
W. Feuerhahn – Instituer les "neurosciences sociales"
G. Garreta – Des causes du sens aux pratiques sociales. Dewey entre Wittgenstein et Malinowski
M. Girel – Peirce et l’articulation sociale du doute
S. Laugier – Le sujet et le public. Une conception ordinaire de l’esprit
M. Le Du – Anthropologie et relations internes
P. Livet – Le traitement du vague et les conditions d'une théorie sociale du mental
N. Mariot & W. Lignier – Où trouve-t-on les moyens de penser ?
F. Parot – Entre causes mentales et causes sociales
A. Pustilnik – Violence sur le cerveau (traduction)
H. Putnam – Le réductionnisme et la nature de la psychologie
C. Travis – La nature sociale de la pensée