« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 24 février 2016

Olivier Ihl, La barricade renversée. Histoire d’une photographie. Paris 1848

Olivier Ihl
La barricade renversée
Histoire d’une photographie
Paris 1848
Du Croquant
Champ social
2016
Présentation de l'éditeur
Paris, juin 1848. La révolution gronde dans les rues de la capitale. Partout, des barricades sont dressées. L’une d’elle, rue du Faubourg-du-Temple, va accompagner l’avènement du photo-journalisme. Dans l’éveil d’un petit matin parisien, trois forteresses obstruent une rue presque déserte. Une image aussi célèbre que méconnue. Due à un certain Thibault, elle montre une insurrection en acte. Qui en est l’auteur ? Et d’où vient ce mystérieux daguerréotype ?
Cette enquête inédite nous plonge en fait dans la petite histoire d’un homme, là, dans la grande histoire de la République. Suffrage universel, soulèvements populaires, industrialisation de la presse et de l’art : en revenant sur les pas de cet étrange reportage, ce livre nous fait découvrir la naissance d’une culture visuelle. Celle dont dépend notre conception même de la représentation politique.
Olivier Ihl est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Né en 1965, il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages sur la socio-histoire des rites politiques, notamment La fête républicaine, Paris, Gallimard, 1996 (Bibliothèque des Histoires) et Le mérite et la république. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007

samedi 9 février 2013

Thomas Marty, Histoire sociale de la réforme électorale sous la Troisième République

Thomas Marty
Histoire sociale de la réforme électorale sous la Troisième République
Préfaces d'Olivier Ihl
Avant-propos de Bernard Lacroix
Fondation Varenne
2013

Présentation de l'éditeur
Au début du vingtième siècle, après deux décennies sans réforme électorale, le mode de scrutin devient un sujet de controverse. Cette étude se propose d’examiner les conditions du choix de la représentation proportionnelle par les membres de la Chambre des députés française ainsi que par d’autres militants. Au-delà de la rééligibilité législative, c’est à travers le changement du mode de scrutin que le problème de la réélection apparaît sous la Troisième République. Pourquoi et comment le parlement s’est emparé de cette question ? Si les conservateurs et les socialistes sont les plus zélés partisans de la représentation proportionnelle, on ne peut en rester au fait que les partis défendent des systèmes qui les favorisent le plus. Cette étude insiste sur la stabilité socio-biographique du recrutement parlementaire plutôt que sur les variations de majorité et donc d’intérêts. Il faut expliquer pourquoi et comment ce fut le débat parlementaire lui-même qui a pu aboutir à une réforme électorale. Le système mixte de 1919, entre proportionnelle et principe majoritaire, exprime cette tendance des députés à l’« auto-critique » qui dessine in fine un « auto-portrait ». Progressivement, les circulaires ministérielles adressées aux préfets confondent ces problèmes en un seul mouvement qui tente de codifier l’organisation des candidatures qui pourrait être au fondement du renouvellement souhaité. Cet élargissement de la capacité électorale a été rendu possible par une nouvelle représentation : la circonscription administrative du département a eu tendance à devenir le critère principal de la mobilisation électorale tant pour la loi électorale de 1919 que pour celle de 1927.