« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 29 mai 2023

Maurice Cassier, Il y a des alternatives. Une autre histoire des médicaments (XIXe-XXIe siècle)

 


Maurice Cassier
Il y a des alternatives 
Une autre histoire des médicaments 
(XIXe-XXIe siècle)
Seuil
Liber
2023
 
 
 
Présentation de l'éditeur
À partir de 2020, des entreprises pharmaceutiques ont rendu opérationnelles, en un temps record, de nouvelles technologies vaccinales qui ont contribué à surmonter la crise du Covid-19. Toutefois, ces multinationales, qui avaient breveté leurs vaccins, les ont fait payer au prix fort par les systèmes de santé publics nationaux, en accumulant au passage des profits colossaux. Mais le monopole d’exploitation réservé par le brevet à l’inventeur, s’il peut encourager à l’innovation par la perspective de ses rendements, a fait que les vaccins Moderna, BioNTech ou Pfizer ont été trop chers pour de nombreux pays, sans compter qu’il a menacé même le financement des systèmes de santé des pays riches. De plus, les monopoles pharmaceutiques ont empêché la dissémination rapide de la technologie pour produire rapidement les vaccins dans toutes les régions du monde afin de combattre efficacement la pandémie. Existe-t-il donc des alternatives à un tel système ? Ce livre répond positivement à cette urgente question et cela par la voie originale d’une imparable socio-histoire. Maurice Cassier restitue en effet les très nombreuses expériences qui ont privilégié, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours, la dimension collective, commune, des questions de santé et d’accès aux médicaments. Ces mises en œuvre qui ont réellement fonctionné sont autant de ressources permettant de concevoir de nouvelles politiques industrielles pharmaceutiques. L’espoir est donc permis : un accès au soin plus juste, plus égalitaire et démocratique, est possible.

Maurice Cassier est directeur de recherche au CNRS, socioéconomiste et spécialiste des systèmes sociaux d’innovation, notamment dans le domaine de la santé.

 

jeudi 10 novembre 2022

Manuel Schotté, La Valeur du footballeur. Socio-histoire d’une production collective

 


Manuel Schotté

La Valeur du footballeur

Socio-histoire d’une production collective

Cnrs

Culture & société

2022

 

Présentation de l'éditeur

Les stars du football comptent aujourd’hui parmi les salariés les mieux payés au monde et les personnalités médiatiques les plus en vue. Source de tant de discussions et de commentaires, cette situation n’est pourtant jamais interrogée dans ses fondements mêmes : pourquoi exceller balle au pied peut-il mener – à condition d’être un homme – à la richesse et à la gloire ? Qu’est-ce qui explique que des « exécutants », issus pour majorité des classes populaires, se voient attribuer une telle valeur économique et symbolique ?
La réponse suppose de multiplier les angles de vue et les sources, de la fin du XIXe siècle à nos jours. Cette vaste enquête revient ainsi sur la naissance du football pour décrire comment ce nouvel espace de consécration s’est institué. Elle décrypte ensuite les dynamiques de valorisation, impulsées par les présidents de clubs, les médias et les spectateurs, qui ont concouru à sa popularité croissante. Elle explore les conditions d’émergence d’une configuration salariale favorable aux joueurs et explique, enfin, pourquoi une petite minorité d’entre eux capte une grande partie des flux d’attention et d’argent qui circulent dans ce sport collectif.
En apparence triviale, la question de l’importance conférée aux joueurs conduit à porter un tout autre regard sur le football. Plus largement, elle nourrit une réflexion novatrice sur la production de la valeur et la fabrique contemporaine des « grands hommes ».

Manuel Schotté, Professeur de sociologie à l’université de Lille, spécialiste des questions liées au sport, au talent et au charisme, Manuel Schotté a notamment publié La construction du « talent » ...

 

jeudi 7 mars 2019

vidéo: Sylvain Laurens présente son livre Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)



Copyright : © EHESS / 2018 Canal U



Sylvain Laurens
Militer pour la science
Les mouvements rationalistes en France
(1930-2005)
Ehess
En temps & lieux
2019 

Présentation de l'éditeur
Certains savants voient la science comme une histoire qui s'arrête aux portes des laboratoires. D'autres passent journées et soirées à promouvoir auprès des citoyens l'« esprit scientifique », considérant que la science n'est pas seulement une profession mais le pilier d'un espace public reposant sur la vérité. Cet ouvrage propose une socio-histoire des organisations rationalistes françaises depuis les années 1930. Il analyse l'engagement en politique de savants ou de citoyens ordinaires au nom de la raison. À partir d'archives de l'Union rationaliste, de l'Association française pour l'Information scientifique et de l'analyse de la production des Cercles Zététiques, cet ouvrage entend rendre compte des conditions de possibilité d'un engagement public au nom de la science. Même si les organisations rationalistes décrites dans cet ouvrage semblent rarement dépasser le millier d'adhérents, elles constituent un objet sociologique qui permet de poser des questions inversement plus larges que celles que leur taille ou leur relative confidentialité pourraient laisser supposer. Elles donnent à voir sous quelles conditions et par quels processus la « vérité » ou la « défense de la science » peuvent être durablement érigées en argument politique et mobilisées dans l'espace public par les amateurs de science ou par les savants eux-mêmes. 
Sylvain Laurens est maître de conférences à l’EHESS et chercheur au laboratoire CESSP. Ses recherches actuelles se situent au croisement d’une sociologie des élites et de la sociologie des groupes d’intérêts. Il a notamment publié Une politisation feutrée. Hauts fonctionnaires et immigration en France (Belin, 2009) et Les courtiers du capitalisme. Bureaucrates et milieux d’affaires à Bruxelles (Agone, 2015).




mercredi 7 novembre 2018

Ivan Chupin, Les écoles du journalisme. Les enjeux de la scolarisation d'une profession (1899-2018)

Ivan Chupin
Les écoles du journalisme
Les enjeux de la scolarisation d'une profession (1899-2018)
P.U.Rennes
Res Publica
2018

Présentation de l'éditeur
Les médias occupent une place particulière dans nos démocraties contemporaines. Les journalistes sont souvent critiqués pour leur conformisme et leur « formatage ». Mais on ne sait rien de la manière dont ils sont formés en pratique(s). Jusqu’à quel point des écoles peuvent-elles rester autonomes par rapport à l’État ou des entreprises de médias ? Comment ces savoir-faire se sont-ils codifiés ? Comment le contenu des formations est-il défini ? 
Pour répondre à ces questions, ce livre propose une socio-histoire des écoles de journalisme en France depuis la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours. Il offre un nouveau regard sur le lien peu exploré entre formation et profession. Il repose sur l’exploitation d’archives inédites, d’observations et d’entretiens auprès des acteurs de cette histoire. Il raconte comment le journalisme est parvenu suite à l’affaire Dreyfus à se scolariser alors même que la plupart des professionnels considéraient à l’époque qu’il était possible de l’apprendre directement « sur le tas ». À la Libération, le Centre de formation des journalistes (CFJ) est parvenu à imposer avec les syndicats de journalistes un modèle spécifique de formation reposant sur l’alliance de la technique et de l’éthique. Dans les années 1990, ce Centre a perdu progressivement la main sur l’espace de formation à la suite de crises financières. Dans les années 2000, de nouveaux acteurs comme Sciences Po Paris et les IEP de région s’invitent à leur tour dans le monde de la formation au journalisme. Cette recomposition s’accompagne du maintien d’un contrôle par la profession qui parvient ces dernières années à constituer un véritable groupe d’intérêt reconnu par l’État
Ivan Chupin est maître de conférences en science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines/IEP de Saint-Germain-en-Laye au laboratoire Printemps, UMR 8085, CNRS. Il a publié plusieurs ouvrages sur les médias comme Journalisme et dépendances en 2006 (avec Jérémie Nollet) et une Histoire politique et économique des médias à la Découverte (avec Nicolas Kaciaf et Nicolas Hubé) paru en 2009. Ses travaux portent par ailleurs sur le journalisme politique en Russie ainsi que sur les représentations médiatiques de l’agriculture en France.

Introduction






mercredi 24 février 2016

Olivier Ihl, La barricade renversée. Histoire d’une photographie. Paris 1848

Olivier Ihl
La barricade renversée
Histoire d’une photographie
Paris 1848
Du Croquant
Champ social
2016
Présentation de l'éditeur
Paris, juin 1848. La révolution gronde dans les rues de la capitale. Partout, des barricades sont dressées. L’une d’elle, rue du Faubourg-du-Temple, va accompagner l’avènement du photo-journalisme. Dans l’éveil d’un petit matin parisien, trois forteresses obstruent une rue presque déserte. Une image aussi célèbre que méconnue. Due à un certain Thibault, elle montre une insurrection en acte. Qui en est l’auteur ? Et d’où vient ce mystérieux daguerréotype ?
Cette enquête inédite nous plonge en fait dans la petite histoire d’un homme, là, dans la grande histoire de la République. Suffrage universel, soulèvements populaires, industrialisation de la presse et de l’art : en revenant sur les pas de cet étrange reportage, ce livre nous fait découvrir la naissance d’une culture visuelle. Celle dont dépend notre conception même de la représentation politique.
Olivier Ihl est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Né en 1965, il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages sur la socio-histoire des rites politiques, notamment La fête républicaine, Paris, Gallimard, 1996 (Bibliothèque des Histoires) et Le mérite et la république. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007

jeudi 31 décembre 2015

écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles


écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles   
Les Oreilles loin du front, 02.12.2015
Sylvain Laurens
Les Courtiers du capitalisme
Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Agone 
L'Ordre des choses
2015
Présentation de l'éditeur
À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Sociologue à l'EHESS, Sylvain Laurens est l'auteur d'Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France (Belin, 2009). Ses recherches se situent à l'intersection de la socio-histoire de l'Etat et de la sociologie des classes dominantes. 

lundi 14 septembre 2015

Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles

Sylvain Laurens
Les Courtiers du capitalisme
Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Agone 
L'Ordre des choses
2015
Présentation de l'éditeur
À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Sociologue à l'EHESS, Sylvain Laurens est l'auteur d'Une politisation feutrée. Les hauts fonctionnaires et l'immigration en France (Belin, 2009). Ses recherches se situent à l'intersection de la socio-histoire de l'Etat et de la sociologie des classes dominantes. 

vendredi 22 mai 2015

écouter: Olivier Alexandre, La règle de l’exception. L’écologie du cinéma français


écouter: Olivier Alexandre, La règle de l’exception. L’écologie du cinéma français
La suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 16.05.2015

Olivier Alexandre 
La règle de l’exception 
L’écologie du cinéma français 
EHESS
Cas de figure
2015

Présentation de l'éditeur
Voici la première sociologie du modèle du cinéma français. Là où les médias portent la lumière sur une poignée de stars et de réalisateurs, Olivier Alexandre revient sur le système, les logiques et manière-faire d’un univers dont la puissance de séduction cache une organisation codifiée.
Aux yeux du monde, le cinéma français incarne l’exception culturelle. La figure de l’auteur, née avec la Nouvelle Vague avant de devenir universelle, continue de jouer un rôle central dans l’organisation du secteur.
Exemplaire, l’enquête d’Olivier Alexandre prend le contrepied des discours habituels pour saisir le système à l’origine de cette singularité française. Au-delà des paillettes et de la rituelle montée des marches cannoises apparaît un monde impitoyable caractérisé par une distribution inégalitaire des chances de s’y imposer. Le cinéma français, c’est bien sûr Truffaut et Godard, mais c’est également tout un peuple d’outsiders qui s’agrège aux marges en tentant de survivre.
Ce livre n’est pas seulement une étude pionnière sur un sujet souvent laissé aux discours enchantés, il propose une réflexion aiguë sur les concepts utilisés pour définir les univers de création : champ, monde et marché font l’objet d’un réexamen critique ; il contribue de façon particulièrement novatrice au débat sur le statut de la culture et de ses modes de production. 
Olivier Alexandre est sociologue, Docteur de l’EHESS, ancien visiting scholar à Northwestern University, enseignant à l’université de Paris III et à Avignon, chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (IMM/EHESS). Ses travaux portent sur le cinéma, la sociologie de la culture et les théories en sciences sociales.


dimanche 6 avril 2014

Alain Desrosières, Prouver et gouverner. Une analyse politique des statistiques publiques

Alain Desrosières
Prouver et gouverner
Une analyse politique des statistiques publiques

La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
Aujourd'hui, les statistiques sont partout. Chacun ressent confusément que, certes, elles fournissent des données utiles sur la société, mais qu'elles servent aussi d'instruments de pouvoir. Comment respecter les informations qu'elles apportent et en même temps les envisager comme politiques ? C'est à cette question clé que ce livre entend répondre, en explicitant l'ambivalence inhérente aux données quantitatives. En douze chapitres historiques concernant le gouvernement néolibéral, les institutions internationales ou les rapports entre quantification et sciences sociales, le lecteur apprendra à faire le tri dans le déferlement quotidien de chiffres.
Alain Desrosières est prématurément décédé alors qu'il mettait la dernière main à la rédaction de ce livre, qui devrait faire date au même titre que La Politique des grands nombres (La Découverte, 1993), devenu un classique et traduit dans le monde entier. Il avait successivement travaillé avec Pierre Bourdieu puis avec les chercheurs français impliqués dans la sociologie de la critique et la sociologie des sciences, deux des environnements les plus innovants intellectuellement en France depuis les années 1980. Il est le fondateur de la sociohistoire de la statistique, une discipline qui se développe désormais très rapidement, en France comme à l'étranger. Ce livre très accessible et d'une grande portée politique peut être considéré comme son testament intellectuel.
Alain Desrosières (1940-2013) a été administrateur de l’INSEE, membre du département recherche de cet institut et membre du Groupe de sociologie politique et morale (EHESS/CNRS).