Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 16 octobre 2010

Frédéric Lebaron, La crise de la croyance économique + compte rendu

La Crise de la croyance économique, de Frédéric Lebaron par Jean Gadrey, économiste



Frédéric Lebaron
La crise de la croyance économique
Collection : Dynamiques socio-économiques
Éditions du Croquant
2010














Présentation de l'éditeur
La crise financière mondiale a révélé l’intensité d’une série de crises structurelles : celle d’un ordre mondial dominé par les États-Unis, désormais fortement contesté par l’affirmation des pays émergents, en premier lieu la Chine, celle d’une mondialisation financière sans contrôle largement déconnectée des besoins des populations, et finalement, la crise d’un « capitalisme historique » incapable de proposer une organisation économique stable et juste. Ressuscitant John Maynard Keynes et Karl Marx, la crise a ébranlé la doctrine néolibérale, ce « consensus de Washington » qui s’était épanoui après la fin de la guerre froide, au début des années 1990. Au moment où s’accroissait la conscience d’une crise écologique globale, elle est devenue l’objet de multiples interprétations, mettant à l’épreuve les cadres d’analyse et les doctrines des divers agents présents dans le champ du pouvoir : chefs d’entreprise, acteurs politiques, économistes, experts, journalistes, intellectuels, dirigeants syndicaux ont développé leur propre analyse de ses causes, ses enjeux et des « réponses » qui peuvent lui être apportées. Ces conflits d’interprétation, cristallisés dans des discours de natures extrêmement variées, font partie de la réalité économique et sont les témoins des nombreuses luttes qui la traversent.

Frédéric Lebaron est sociologue, professeur à l’université de Picardie-Jules Verne et membre de l’Institut universitaire de France. Il dirige le Centre universitaire de recherches sur l’action publique et le politique – épistémologie et sciences sociales (UMR 6054, UPJV-CNRS). Il est l’auteur de La croyance économique. Les économistes entre science et politique (Seuil, 2000) et Le savant, le politique et la mondialisation (Croquant, 2004). Il anime l’association et la revue Savoir/agir.

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