Rien n'est plus surprenant pour ceux qui considèrent les affaires humaines avec un oeil philosophique que de voir la facilité avec laquelle la majorité (the many) est gouvernée par la minorité (the few) et d'observer la soumission implicite avec laquelle les hommes révoquent leurs propres sentiments et passions en faveur de leurs dirigeants. Quand nous nous demandons par quels moyens cette chose étonnante est réalisée, nous trouvons que, comme la force est toujours du côté des gouvernés, les gouvernants n'ont rien pour les soutenir que l'opinion. C'est donc sur l'opinion seule que le gouvernement est fondé et cette maxime s'étend aux gouvernements les plus despotiques et les plus militaires aussi bien qu'aux plus libres et aux plus populaires(David Hume in Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Collection Liber, 1997, Points, 2003 P.257, aussi in Sur l'Etat. Cours au Collège de France 1989-1992, Raisons d'agir/Seuil, 2012, p.257-258)
lundi 28 novembre 2011
video: Pierre Bourdieu, entretien avec Konstantinos Tsoukalas, mars 1995
Pierre Bourdieu, entretien avec Konstantinos Tsoukalas, ET1, mars 1995 entretien en français, sous-titré en grec
(merci à Yiota Psarrou)
voir également:
en ligne: Pierre Bourdieu, intervention au colloque Pour un mouvement social européen, mai 2001 à Athènes
Pierre Bourdieu, Intervention à la Confédération générale des travailleurs grecs, à Athènes en octobre 1996
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de Raisons d'Agir
en ligne: Pierre Bourdieu, autour de la revue Liber
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