« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Actes de la recherche en sciences sociales. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Actes de la recherche en sciences sociales. Afficher tous les articles

lundi 7 septembre 2026

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 264. Le champ syndical

 

 


 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 264. Le champ syndical 

Seuil

2026

 En Librairie ou sur Cairn.info


Penser le champ syndical
Sophie Béroud et Martin Thibault

Le champ syndical et l’État
Genèse et structure d’une relation singulière (1884-2024)
Martin Thibault et Sophie Béroud

Une intégration à grande vitesse ?
SUD-Rail, ses dirigeant·es et le champ syndical (1996 – 2018)
Gabriel Rosenman

Les conseiller·ères des salarié·es comme révélateurs d’une économie symbolique des mandats syndicaux
Gwendal Roblin

Aux confins du champ syndical ?
Autonomie et dépendance du syndicalisme d’entreprise face au pouvoir patronal dans une petite filiale industrielle
Chloé Biaggi

Adapter le syndicalisme au capitalisme pour mieux le contester ?
Un syndicat états-unien face aux logiques du champ économique
Émilien Julliard

 

 

 

 

 

lundi 27 juillet 2026

vidéo: Une affaire de goût, Temps présent, RTS, 1978

"Nous tenons à remercier 

PIERRE BOURDIEU , sociologue, 

(Actes de la recherche - Paris)

Son «ANATOMIE DU GOÛT» 

(Actes de la recherche - Paris) 

est au départ de cette émission.

(Eté 1978)"

citation extraite de la fin de l'émission Une affaire de goût 

 

 

Présentation par Temps présent: " Nos goûts sont-ils innés ou acquis? En 1978, Temps présent se met au diapason du sociologue Pierre Bourdieu. "

Temps présent 

Réalisation de Jean-Claude Borle, Simon Eldestein, Lisa Garnier, Augustin Oltramare, Felix Pache
RTS
16.11.1978 
59 min
 
 
 
 
 
 
 
 Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 2, n°5, octobre 1976. Anatomie du goût.
 

 
 
 
 

samedi 4 juillet 2026

Actes de la recherche en sciences sociales, N° 262-263, Race en pratique(s)



 

Actes de la recherche en sciences sociales, N° 262-263, Race en pratique(s)

Seuil

2026 

 

 Présentation de l'éditeur

Alors que les sciences sociales françaises – et la sociologie bourdieusienne en particulier – ont montré depuis longtemps ce que les différentes manières d’agir, de parler, ou de se mouvoir devaient aux positions de classe, elles se sont peu intéressées à la façon dont les rapports sociaux de race s’incarnent dans les pratiques. Or, certaines pratiques sociales et certaines techniques du corps sont régulièrement associées, dans le langage courant, à des groupes raciaux : on entend, par exemple, parler de comportements « de Blanc », d’éducation « à l’asiatique », de « voix noire », etc. Ces qualificatifs s’appliquent parfois indépendamment du phénotype de celles et ceux dont on décrit les conduites ou les caractéristiques. Ce numéro prend ces qualifications au sérieux et propose d’interroger, à travers des enquêtes empiriques, la production sociale des pratiques racialisées. Il en propose un double éclairage. Il revient, d’une part, sur la manière dont les pratiques orientent les mécanismes d’assignation raciale. D’autre part (et réciproquement), il montre comment les positions raciales peuvent façonner, à travers des logiques de socialisation, des façons d’être au monde qui sont dès lors perçues comme raciales. Ce volume comprend cinq contributions issues de différentes disciplines (sociologie, histoire et géographie), portant sur des espaces nationaux divers (États-Unis, France, Danemark-Groenland) et examinant des espaces sociaux variés (famille, école, sphère professionnelle). Il se conclut par un entretien avec la romancière et poétesse afro-descendante Seynabou Sonko, avec laquelle nous abordons la façon dont la race est pensée et mise en mot dans le champ littéraire. Enfin, un dernier article (hors thème) analyse comment le new public management se déploie dans un espace professionnel a priori réfractaire à ses principes : le secteur du médico-social.

 

Sommaire
6 Vers une théorie de la pratique attentive à la race
Solène Brun, Altaïr Despres, Narguesse Keyhani
et Adèle Momméja
20 Le maître de sa voix ?
Pratiques sonores de la race dans les radios
africaines-américaines aux États-Unis (1920-1980)
Tristan Pinet-Le Bras
38 Apprendre et faire la race à l’école
Simon Massei
56 Une migration qui blanchit ?
Classe, race et nationalité dans la migration étudiante
postcoloniale groenlandaise
Marine Duc
76 La couleur du capital
Ascensions sociales de descendants d’immigré·es
malien·nes et (dé)placements dans l’espace social de la race
Théoxane Camara
96 Mettre la race au travail
Dispositions racialisées et socialisation professionnelle
des cadres asiatiques du privé en France
Anne Zhou-Thalamy
116 Écrire la race, pirater le milieu littéraire
Entretien avec Seynabou Sonko
126 HORS THÈME
L’évidence du new public management
Les directeur·rices du social face à la norme gestionnaire
Ruggero Iori, François Sarfati et Jules Simha
144 Résumés 

mardi 14 avril 2026

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 261 – avril 2026 // Du côté obscur de la famille (2)



 

Actes de la Recherche en Sciences Socialesn° 261 – avril 2026 // Du côté obscur de la famille (2)

Seuil

2026

 

 Présentation par la Revue

Ce numéro est la seconde partie du dossier consacré au « côté obscur de la famille », qui propose de (re) penser les rapports de domination à l’œuvre dans la famille pour comprendre les différents modes d’exercice du pouvoir qui s’y jouent. La vie familiale n’est ni un long fleuve tranquille, ni un sanctuaire protégé des logiques marchandes et capitalistes, ni un espace de liens électifs, comme l’ont clamé les théoriciens de la (post) modernité. Elle est parfois le lieu de violences extrêmes – féminicide, inceste – mais aussi de transactions quotidiennes engageant des rapports asymétriques entre parents et enfants, conjoints et conjointes ou encore aîné·es et cadet·tes. Mais la famille n’est pas un isolat : elle est traversée par d’autres institutions, notamment l’État social et le droit, qui l’encadrent, la contrôlent et participent parfois à renforcer les inégalités en son sein plutôt qu’à les réduire. Plus encore, ces institutions contribuent à définir la norme familiale d’où découlent des violences institutionnelles et des inégalités. Les articles de ce dossier explorent ainsi l’intervention de ces institutions et la façon dont celle-ci travaille les rapports sociaux de classe, de sexe et de race qui s’articulent au sein de la parenté. Ils portent sur différentes configurations socio-historiques, montrant comment les nœuds du pouvoir se recomposent à chaque fois : enquêtes sur les violences familiales en vue de placer les enfants dans le Paris dans l’entre-deux-guerres ; construction du droit de la famille en contexte post-colonial au Sénégal et au Bénin ; procédures d’émancipation des mineur·es dans la France contemporaine ; traitement des mères lesbiennes et des parents trans par la justice aux affaires familiales au Québec, au Chili et en France. Ces contributions montrent ainsi que le privé est plus que jamais politique.
 

 Sommaire

À l’indignation de tous »
Classes populaires et régulation des violences sur enfants à Paris dans l’entre-deux-guerres
Lola Zappi

Une domination sous tutelle
Désordres familiaux et usages du droit dans les procédures d’émancipation des mineur·es
Baptiste Coulmont et Camille François

Enquêter la justice et le droit de la famille en contexte post-colonial
Entretien avec Sophie Andreeta et Marième N’Diaye

Cet entretien a été réalisé par Altaïr Despres, Sibylle Gollac, Anne Lambert 

Les coûts familiaux et judiciaires du coming out
Trajectoires post-hétérosexuelles en France, au Québec et au Chili
Émilie Biland

Hors thème // L’histoire du droit, une science sociale
Entretien avec Jean-Louis Halpérin

Propos recueillis par Sara Dezalay, Sibylle Gollac  

 

 


lundi 19 janvier 2026

Deux soirées en hommage à Pierre Bourdieu, 22 et 23 janvier 2026 ( Librairie des affamé·es, 6 passage Jean Moulin - Annemasse - France )

 



Deux soirées en hommage à Pierre Bourdieu22 et 23 janvier 2026  

 Librairie des affamé·es6 passage Jean Moulin - Annemasse - France

version actualisée 


Jeudi 22 janvier à partir de 19h00. Diffusion du film de Pierre CARLES, La sociologie est un sport de combat.

Suivi d'un apéro à la bonne franquette et à prix libre.

 
Vendredi 23 janvier à partir de 19h00. Rencontre avec Christophe Charle et la revue Actes de la recherche en sciences sociales

D'autres précisions sont à venir

Librairie des affamé·es 

  

 

 

 

mercredi 24 décembre 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n°260. Du côté obscur de la famille (1)




Actes de la recherche en sciences sociales, n°260

Du côté obscur de la famille (1)  

Seuil

2025

 

Présentation de l'éditeur

La vie familiale n’est pas un long fleuve tranquille, ni un sanctuaire protégé des logiques capitalistes, un espace du « bonheur » et du « désir » fait de liens électifs, comme l’ont pensé les théoriciens de la modernité et post-modernité. Certes la famille peut être le support de rôles sociaux valorisés comme ceux de père ou de mère. Mais elle est parfois le lieu d’exercice de violences extrêmes – féminicide, inceste –, comme l’a rappelé récemment le procès des viols de Mazan. La famille est plus généralement un espace de transactions symboliques et économiques quotidiennes, marquées par des rapports asymétriques, entre parents et enfants, conjoint et conjointe ou encore aîné·es et cadet·tes.

Ce numéro, qui sera suivi d’un second volet, propose justement de (re)penser les rapports de domination à l’œuvre dans la famille pour comprendre l’ensemble des modes d’exercice du pouvoir qui s’y jouent. Comment expliquer leur relative stabilité au-delà des formes singulières qu’ils revêtent selon les contextes ? Les contributions réunies dans ce volume – depuis un entretien avec Dorothée Dussy autour de ses travaux sur l’inceste jusqu’à un examen des données statistiques sur les inégalités de patrimoine dans les couples – montrent que la famille constitue un lieu central d’apprentissage et de reproduction des rapports de pouvoir, en particulier ceux liés au genre, à la classe et à l’âge. Il explore ainsi la reconfiguration des relations entre enfants et parents quand ces derniers recourent à une aide à domicile, celle des rapports conjugaux en migration ou encore les formes de résistance de parents « progressistes » des classes supérieures à la transition de genre de leur enfant. Ces travaux soulignent que les familles ne sont pas isolées : elles sont aussi traversées par d’autres institutions, comme l’État social ou le droit, qui les encadrent, les contrôlent, et participent parfois à renforcer les inégalités plutôt qu’à les réduire. L’espace domestique, de ce point de vue, n’est qu’en apparence un monde clos.


vendredi 5 décembre 2025

Practical Sense, No. 3, Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation, Half a Century of ACTES

 

 

Practical Sense, No. 3, Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation

Half a Century of ACTES 


 

Practical Sense - No. 3 - Newsletter of the Pierre Bourdieu Foundation



 

 

vendredi 5 septembre 2025

Actes de la recherche en sciences sociales N° 258-259 , septembre 2025, Cinquante ans

 


 Actes de la recherche en sciences sociales N° 258-259 , septembre 2025

Cinquante ans

Seuil

  

4 Prendre Actes
Comité de rédaction
20 Des actes révolutionnaires
Les inventions d’une « revue très peu académique »
Julien Duval
58 La multiplication des revues de sciences sociales
(1975-2025) : crise de surproduction et spécialisation ?
Pierre Blavier
72 Une revue peut en cacher une autre
Liber, supplément d’Actes : brève histoire d’une utopie
Christophe Charle
94 Négatifs
Note sur les refus de publication d’Actes de la recherche
en sciences sociales (1983-2005)
Camille François
108 La fabrique d’Actes de la recherche
en sciences sociales
Portraits du « travail normal »
Anne Bory et Eleonora Elguezabal
126 La part du genre
Genre et approche intersectionnelle dans les revues
de sciences sociales françaises au XXIe siècle
Julien Boelaert, Samuel Coavoux, Estelle Delaine,
Altaïr Despres, Sibylle Gollac, Narguesse Keyhani,
Adèle Mommeja et Étienne Ollion
146 Résumés


mardi 8 avril 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256. Écologie et dominations II. Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256 

 Écologie et dominations II

Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

Seuil

2025

 

 

Présentation de l'éditeur

Après avoir exposé (dans le numéro 255) l’intérêt de la notion de condition écologique des classes sociales pour étudier les rapports de domination à l’œuvre en matière d’environnement, ce numéro s’attache plus spécifiquement à la mobilisation de différents groupes sociaux face à des contaminations diverses (minières, industrielles) et aux enjeux professionnels liés à l’écologisation de leurs domaines d’activité. Dans quelle mesure les nuisances environnementales et les luttes sociales qu’elles génèrent favorisent-elles la recomposition des conflits de classe ?

Les cas des boues rouges de Gardanne comme celui des pollutions métalliques de la mine de Rio Tinto en Andalousie révèlent comment l’engagement écologique des milieux populaires peut être mis à l’épreuve par l’activité extractive et la gestion des résidus. De même, des projets d’agriculture urbaine encouragés par la « rénovation écologique » des quartiers permettent à des associations écologiques de mobiliser les classes populaires contre la dépossession de leurs lieux de vie. Cette mobilisation se fait au prix de l’imposition de pratiques écologiques issues des classes moyennes cultivées, parfois désajustées à leur mode de vie. D’autres secteurs non industriels et non urbains sont aussi touchés par ces transformations. L’évolution du métier de gardien de troupeaux en alpage vers une activité de protection des espaces naturels disqualifie ainsi le travail des anciens bergers face aux pratiques portées par une petite bourgeoisie culturelle en reconversion. Enfin, la diffusion de pratiques gestionnaires du sanglier dans les forêts françaises produit une exclusion des « petites chasses » populaires, sous la pression des « grandes chasses » bourgeoises, corrélatives d’une appropriation des lieux, des ressources et des usages par les classes dominantes.



 

mercredi 1 janvier 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n°255. Écologie et dominations I De la justice environnementale à la condition écologique des classes sociales

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n°255. Écologie et dominations I 

De la justice environnementale à la condition écologique des classes sociales

Seuil

2024

 

Présentation de l'éditeur

L’étude des inégalités sociales en matière d’environnement connaît un véritable développement en France aujourd’hui. Cette notion – qui désigne à la fois une inégalité d’exposition aux nuisances et aux risques environnementaux, et une inégalité d’accès aux ressources « naturelles » – reste peu précise au sujet des rapports sociaux de domination. En particulier, elle n’analyse pas véritablement les niveaux auxquels les inégalités opèrent, au point que l’étude de ces injustices environnementales, qui les renvoie à des divisions sociales beaucoup plus générales, semble dissoudre leur spécificité. Face à ce flou conceptuel, la notion de « condition écologique des classes sociales » vise à tenir ensemble les différentes inégalités environnementales : l’inégale vulnérabilité aux nuisances de toutes sortes (contaminations, épidémies, pénuries, catastrophes dites naturelles, etc.) ; les inégalités d’accès aux biens considérés comme naturels, ainsi que leurs usages socialement différenciés ; l’inégal accès aux arènes publiques où les problèmes environnementaux sont traités ; les contributions variables des modes de vie et des activités professionnelles à l’accentuation (ou à l’atténuation) des nuisances écologiques. Si ces différentes inégalités obéissent à des logiques en partie indépendantes, c’est précisément quand on met en rapport les inégales contributions des modes de vie à la crise écologique avec les autres formes d’inégalités que l’on aperçoit plus nettement l’occultation de leurs bases objectives et matérielles, ainsi que les rapports de domination qui contribuent à les engendrer et à les perpétuer.

 

 

mardi 3 septembre 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n°253-254. Le champ des relations internationales

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n°253-254

Le champ des relations internationales

Seuil

2024

 

 Présentation de l'éditeur

L’analyse des « relations internationales » et « les études européennes » sont des domaines de recherche qui ont longtemps constitué des spécialités assez fermées. Depuis les années 1990, elles se sont renouvelées, s’inscrivant pleinement dans les sciences sociales, avec l’idée que le fait de passer les frontières, de raisonner à un niveau international, n’était pas une raison de quitter le territoire des sciences sociales « normales » et leurs méthodes. Les institutions internationales sont, par exemple, peuplées d’individus qui, – comme dans les institutions nationales ou locales – ont des propriétés sociales, sont pris dans des systèmes de relations et de contraintes… Ce renouvellement, replacé dans une longue perspective, est un retour aux fondateurs de la sociologie qui, comme le montrent les exemples de Durkheim, de Weber, de Simmel, de Mauss ou d’Elias, travaillaient indifféremment sur le national et l’international, considérant qu’une continuité liait le premier au deuxième.

Ce numéro d’Actes de la recherche en sciences sociales entend rendre compte de ce retour aux sources. Il rassemble des analyses qui prennent les relations internationales, les institutions européennes et les échanges culturels entre pays comme des objets sociologiques ordinaires. Les différents articles mobilisent, en particulier, la sociologie des champs qui a initialement été forgée sur des objets nationaux. Mais si ce numéro entreprend de montrer la fécondité des outils des sciences sociales pour actualiser notre regard sur les objets internationaux, il aspire aussi à montrer que l’exploration de ces objets est un facteur de renouvellement sociologique. Il ne s’agit donc pas seulement de sociologiser les relations internationales, mais aussi d’étudier ce que l’analyse de phénomènes dits « internationaux » fait, dans une sorte d’« effet boomerang », aux concepts ou aux pratiques des sociologues.

 

vendredi 28 juin 2024

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°252 , Varia


 


Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°252 , Varia

Seuil

2024


 

Présentation de l'éditeur

Ce numéro Varia comprend quatre articles qui traitent de thématiques diverses : les sociabilités militantes en exil ; la sélection sociale par l’espace au sein du mouvement des Gilets Jaunes ; le syndicalisme d’entreprise dans une grande enseigne d’articles de sport ; et des pratiques « populaires » de placement permettant à de grandes firmes financières d’apparaître vertueuses.À partir d’une enquête auprès des militant·es du mouvement tunisien Enhada, exilé·es en France entre 1981 et 2018, Mathilde Zederman s’intéresse aux conditions de maintien et de transmission de l’engagement militant en exil. La fabrique d’un entre-soi permet d’accumuler des ressources pour protéger le groupe et assurer sa continuité, mais reste traversée par divers rapports de pouvoir qui entravent la reconfiguration du mouvement.Jean-Baptiste Devaux, Marion Lang, Antoine Lévêque, Christophe Parnet et Valentin Thomas ont suivi un petit groupe de Gilets Jaunes de la banlieue industrielle et populaire lyonnaise. Depuis un rond-point vécu comme un espace propice à la mobilisation des classes populaires racisé·es, l’évolution du mouvement vers des lieux du centre-ville conduit à la mise à l’écart de ce groupe, qui recentre son militantisme vers les banlieues populaires.Partant d’une enquête de terrain collective menée au sein de l’entreprise Decathlon, Karel Yon et Maxime Quijoux éclairent les contours d’un style spécifique de syndicalisme qu’ils appellent syndicalisme d’entreprise. Ils en étudient les conditions d’émergence, les valeurs revendiquées, les usages dont il fait l’objet et son articulation avec des formes de conflictualité au travail, soulignant notamment l’existence d’une allégeance salariale au projet d’entreprise.Sabine Montagne montre comment la référence au peuple a contribué, depuis le milieu du XXe siècle, à donner de la crédibilité aux firmes d’investissement les plus puissantes. La gestion indicielle, massivement alimentée par l’épargne populaire, leur a permis de devenir conseillers des gouvernements et opérateurs privés de l’État Social, et de bénéficier de la croyance selon laquelle l’intégration des classes peu fortunées au marché financier aurait fait émerger une finance raisonnable, distincte de la finance élitiste et spéculative.

 

 

jeudi 18 avril 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés

 

 
 
Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés
Seuil
2024 


Présentation de l'éditeur

Enrôlés dans la promotion du marché concurrentiel, de l’entreprise compétitive et de la financiarisation, le droit et la justice sont au cœur du néolibéralisme. Ce dossier prend pour objet un processus moins documenté : la façon de dire le droit et de réguler du pouvoir étatique est devenue un objet de négociations et de transactions marchandes que les politiques publiques encouragent.

Les États commercialisent une fraction de leur souveraineté juridique. Des traités d’investissement remettent en cause le « droit de réguler » afin de construire un climat favorable aux détenteurs de capitaux étrangers ; des formes de transaction permettent aux grandes entreprises de négocier leurs peines et d’éviter le procès pour fraude et corruption ; la promotion d’une « culture de l’innovation » offre aux entreprises étrangères un statut juridique et fiscal dérogatoire ; enfin, des compétences régaliennes, comme l’attribution de visas, sont octroyées en contrepartie d’investissements.

Certes, la souveraineté juridique n’a jamais atteint la pureté du modèle du monopole. Le droit de dire le droit a toujours été un champ de luttes dont les organisations étatiques ne sont qu’une partie des acteurs. Pour autant, la façon dont le pouvoir règlementaire et le pouvoir de justice se trouvent redéfinis dans leurs conditions d’exercice a été peu étudiée. Ce dossier décrit les contours d’une puissance publique qui s’ajuste aux conditions néolibérales, en élargissant l’espace de négociation des règles du droit au cœur même de l’État.

 

lundi 15 janvier 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 250, Politiques de l'attente

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 250

Politiques de l'attente

Seuil

2024

 

 Présentation de l'éditeur

Ce dossier propose d’aller voir ce qu’il se passe dans ces espaces où les individus passent leur vie à attendre, suspendus à l’espérance d’un changement à venir. De façon documentée, il montre que l’attente constitue l’un des principaux marqueurs de la condition populaire et un espace-temps où se façonne le rapport des classes populaires aux institutions. L’attente relève d’une dynamique de la domination, faite de l’alternance entre des promesses et des frustrations qui précarise leurs capacités de projection dans l’avenir. L’attente se révèle ainsi une ressource de pouvoir pour les instances en mesure de délivrer la chose attendue. Elle représente un levier déterminant de gouvernement et de normalisation des pratiques populaires : loin d’être un temps-mort, elle est scrutée de près, et rythmée par des injonctions sur les bonnes et les mauvaises manières d’attendre. Loin d’être le simple fait d’une carence de moyens, elle peut être entretenue par une mise en suspens de la distribution des avantages sociaux en jeu dans la société.

La démonstration repose sur une analyse comparative de plusieurs politiques de l’attente, définies comme l’ensemble d’activités organisées qui la génère – mise en attente –, la gèrent – gouvernement de l’attente – et la mobilisent comme un levier du pouvoir – gouvernement par l’attente. Elle dégage les logiques de différenciation de l’expérience de ce temps suspendu – waiting– et de la manière dont il est utilisé pour classer les individus et les groupes sociaux – l’organisation du queing. Elle montre ainsi que l’attente est le lieu où se jouent les divisions internes aux classes populaires et où se nouent, par conséquent, des « avenirs de classe » différenciés. Elle cherche, enfin, à comprendre quel rapport à l’État se construit dans cette expérience de l’arbitraire, comment cette épreuve temporelle socialise les administré·es à des formes horizontales de concurrence, et sous quelles conditions elle peut laisser place à des formes d’appropriations stratégiques ou résistantes.


en ligne sur Cairn.info

Page 4 à 16
Page 20 à 37
Page 40 à 57
Page 60 à 77
Page 80 à 97
Page 100 à 117

mardi 29 août 2023

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 249. Socialisations sexuelles

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 249. Socialisations sexuelles 

Seuil

2023


Présentation de l'éditeur

L’intention de ce numéro est de faire dialoguer deux domaines de la sociologie rarement travaillés ensemble, celui de la sexualité et celui de la socialisation. Un premier objectif est d’étudier la façon dont la sexualité « s’apprend » tout au long de l’existence à travers différentes expériences socialisatrices. Alors que les comportements sexuels sont classiquement analysés sous l’angle de la conformation à des normes ou de la construction identitaire, les textes réunis dans ce dossier montrent que ces comportements sont aussi le produit de schèmes d’action et de perception (de techniques du corps, de goûts, de dégoûts, etc.) intériorisés par les individus au cours de leur histoire, et ils donnent à voir les processus à l’œuvre dans cette intériorisation. Un second objectif est d’explorer la socialisation par la sexualité. Il s’agit ici d’examiner comment la sexualité peut constituer un cadre socialisant à des pratiques et des visions du monde qui la dépassent, autrement dit comment les expériences vécues en matière de sexualité peuvent avoir des effets socialisateurs au-delà de la sexualité. Par-delà la diversité de leurs terrains et de leurs objets, les textes présentés envisagent tous la socialisation comme une question empirique et s’attachent à montrer les agents et les pratiques à l’œuvre dans ce processus. Tous s’intéressent également à la façon dont la socialisation – à ou par la sexualité – contribue à la reproduction, à la transformation ou à la subversion des rapports de domination, en matière de sexualité (entre hétérosexualité et sexualités minoritaires), de genre ou de classe.

 

jeudi 29 juin 2023

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 248. La formation comme champ de lutte

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 248. La formation comme champ de lutte 

Seuil

2023

 

Présentation de l'éditeur

Fréquemment décrite comme un rouage dans un système d’autorité ou dans un dispositif de reproduction sociale, la formation est souvent analysée comme un processus de conformation qui renvoie aux efforts entrepris pour produire un sentiment d’appartenance, une identité collective ou une vision du monde. Elle désigne la transmission de façons de faire ou de penser collectives, ainsi que l’acculturation aux techniques et savoirs militants. Dès le début du XXe siècle, Roberto Michels voyait dans la création d’« instituts d’éducation » destinés à former une élite de « fonctionnaires » une des sources de la tendance oligarchique des organisations ouvrières. De manière plus nette encore, l’institutionnalisation du community organizing aux États-Unis doit beaucoup à la constitution de formations dédiées dans les années 1970-1980.

Ce dossier aborde plutôt la formation comme un ensemble de pratiques conflictuelles et contradictoires. Les processus de formation sont façonnés par les luttes pour définir leurs formes et contenus légitimes. Ils sont aussi des cadres de mise en réflexivité du militantisme, et de discussion des pratiques et des engagements. Une double professionnalisation est à l’œuvre : celle de la formation et celle du militantisme lui-même par celle-ci. Celle-ci permet de saisir les transformations du militantisme dans la redéfinition de ses frontières avec les activités professionnelles.

 

Page 4 à 13
Page 14 à 31
Page 32 à 45
Page 46 à 61
Page 62 à 85