Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 16 juillet 2009

Agone 41 et 42 "Les intellectuels, la critique & le pouvoir"

Agone 41 et 42
"Les intellectuels, la critique & le pouvoir" Coordination Thierry Discepolo, Charles Jacquier & Philippe Olivera, Agone, À paraître en octobre 2009




L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au coeur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.




L’« intellectuel » serait forcément « de gauche » ; il œuvrerait « naturellement » au seul service des dominés ; surtout, son action serait désintéressée. Quelques rappels historiques écornent vite cette belle image ; surtout ils montrent comment ont changé les valeurs au nom desquelles on s’« engage » pour quelles « nobles causes ». Un peu d’actualité montre combien les fonctions remplies sont toujours plus publiquement rentables.
Ce recueil revient sur les rôles qui ont porté certains intellectuels au coeur de mouvements de libération, qui n’ont parfois libéré qu’eux-mêmes, au sein d’une lutte des classes dans laquelle ils n’ont souvent jamais que changé de camp.


SOMMAIRE

James Conant, « Orwell et la dictature des intellectuels », présenté et traduit par Jean-Jacques Rosat
Philippe Olivera, « Aragon en modèle d’intellectuel médiatique »
Jan Waclav Makhaïski, « Le rôle de l’intelligentsia au sein des partis politiques marxistes », introduction par Jean-Pierre Garnier
Ante Ciliga, « Est-ce que, toi aussi, Lénine, pour conserver le pouvoir, tu as trahi les intérêts sociaux des masses ? », introduction par Charles Jacquier
Bruno Rizzi & Mario Mariani, « Une critique prolétarienne de la bureaucratie révolutionnaire », introduction par Paolo Sensini, traduit de l’italien par Miguel Chueca et présenté par Charles Jacquier
Alexandre Grothendieck, « Comment je suis devenu militant ? », introduction par Charles Jacquier et Philippe Olivera
Michael Christofferson, « François Furet entre l’histoire et le journalisme, 1958–1965 », traduit de l’anglais par Françoise Jaouen
Thomas Didot (et Guy Hocquenghem), « Régis Debray, maître es renégats »
Pierre Bourdieu, « Sollers tel quel », introduction Thierry Discepolo
Christophe Gaubert, « Genèse sociale de Pierre Rosanvallon en “intellectuel de proposition” »
Entretiens avec Gérard Noiriel, « Dire la vérité au pouvoir au nom des opprimés », par Thierry Discepolo & Philippe Olivera
Entretien avec Jacques Bouveresse, « Le philosophe, les intellectuels, la presse et le citoyen », par Thierry Discepolo
Adam Garuet, « Radical, chic et médiatique »
Jean-Jacques Rosat, « Le constructivisme comme outil de pouvoir aux mains des intellectuels »
Camille Trabendi, « De la fonction de second et de troisième couteau (de poche) -Fabre/Vidal/Wacquant/Blanchard »
Alain Accardo, « (Auto-)dérision. Sur l’action politique du Penseur critique », introduction Thierry Discepolo

1 commentaire:

Pierre a dit…

Bourdieu doit se retourner dans sa tombe avec ce dossier d'Agone. Un faux article signé Camille Trabendi, un pseudo de trois auteurs sans courage qui veulent se venger de trois personnes qui ont le malheur de déranger leur carrière. Pas très honnête, surtout lorsque l'on découvre que deux des auteurs sont des historiens (dont Sylvain Laurens de la fac de Limoges) et le dernier un des responsable d'Agone. La moral en prend un coup et Bourdieu doit adorer... encore bravo