Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 25 novembre 2009

écoutez: Conférence de Gérard Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire.

Conférence de Gérard Mauger
Les bandes, le milieu et la bohème populaire. L’espace des styles de vie déviants des jeunes des classes populaires et ses transformations
donnée le 14 avril 2009 à la MESHS.




Dans le cadre de ses conférences mensuelles, la MESHS a accueilli Gérard Mauger le 14 avril. Sociologue, directeur de recherches au CNRS et chercheur au Centre de Sociologie Européenne (CNRS-EHESS), ses recherches ont porté sur la jeunesse, la déviance, les pratiques culturelles et les intellectuels.

Les bandes, le milieu et la bohème populaire. L’espace des styles de vie déviants des jeunes des classes populaires et ses transformations

« L’émeute » de novembre 2005 puis, sporadiquement, les « bastons » entre bandes rivales ont remis sur le devant de la scène politico-médiatique les jeunes des classes populaires et leurs pratiques « déviantes ». Comment les expliquer sociologiquement ?
En mettant en perspective une double série d’enquêtes ethnographiques séparées par une trentaine d’années, on peut décrire un espace des styles de vie « déviants » structuré par trois pôles - « le monde des bandes », « le milieu » et « la bohème populaire » - et analyser les permanences et les transformations de cet univers au fil du temps. Les pratiques du monde des bandes ont pour principe unificateur l’affirmation des valeurs de virilité, celles du milieu, le culte de la richesse, celles de la bohème populaire, la bonne volonté culturelle qui, au cours de la deuxième moitié des années 1970, trouvait à s’investir dans la « contre-culture ».
Quels sont les effets de la crise de reproduction qui affecte les classes populaires depuis la deuxième moitié des années 1970, sur ces pratiques « déviantes » ? Si les aspirations culturelles frustrées s’expriment aujourd’hui comme hier dans une « bohème populaire », on peut maintenant y distinguer deux pôles : l’un tourné vers la « culture hip hop », l’autre vers la quête du salut religieux. L’extension du chômage et de la précarisation conduit à la recherche d’alternatives au salariat (« deal » et « bizness »), brouillant les frontières entre le milieu et le monde des bandes.
Gérard Mauger

écouter la conférence : ici http://www.meshs.fr/page.php?r=47&id=411&lang=fr


Références bibliographiques
- Gérard Mauger, L’émeute de novembre 2005. Une révolte protopolitique, Bellecombe-en-Bauges, Éditions du Croquant, Coll. « Savoir/Agir », 2006.
- Gérard Mauger, Les bandes, le milieu et la bohème populaire. Études de sociologie de la déviance des jeunes des classes populaires (1975-2005), Paris, Éditions Belin, Coll. « Sociologiquement », 2006.
- Gérard Mauger, La sociologie de la délinquance juvénile, Paris, Éditions La Découverte, Coll. « Repères », 2009.
http://www.meshs.fr/

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