Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 6 janvier 2010

à paraître: Alain Garrigou, Mourir pour des idées. La vie posthume d'Alphonse Baudin



Alain Garrigou
Mourir pour des idées
La vie posthume d'Alphonse Baudin

Les Belles Lettres
avril 2010

Présentation de l'éditeur

Le député Alphonse Baudin (1811-1851) est mort sur une barricade le 3 décembre 1851 en s'opposant au coup d’État de Louis Bonaparte (1808-1873). Avec un « mot sublime » lancé à des parisiens refusant de rejoindre des parlementaires dont l’indemnité législative était très impopulaire : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ». Après maints combats sur la qualification de la mort de Baudin, l’acte héroïque a été consacré par le transfert de sa dépouille au Panthéon. Les écoliers français ont longtemps admiré le sacrifice de Baudin magnifié par Victor Hugo (1802-1885), son compagnon d’épreuve. Pourquoi, dans la République bien établie, le souvenir s’est-il effacé ? Baudin a-t-il même prononcé son « mot sublime » ? En répondant à ces questions, cette enquête explore le mystère de l’héroïsme. Il nous concerne : s’il est vrai que la mort héroïque suscite la grande interrogation – quelle vie mérite d’être vécue ? – sa disparition nous enseigne tout autant sur nous-même.



Sommaire

Introduction – On ne vit que deux fois
- Généalogie de l'héroïsme civique
- Mourir pour une cause
- Au miroir de l'héroïsme
- Le mystère de l'héroïsme

Chapitre 1 – La résistance au 18 brumaire de Louis Bonaparte
- Un coup d'éclat contre le coup d'état
- Espoirs, peurs et incertitudes
- Le sens d’un combat
- Autour d’une dépouille

Chapitre 2 – Après le coup d’état : le pouvoir et l’exil
- La France de Louis Napoléon Bonaparte
- La mémoire des proscrits
- L’héroïsme, la fidélité et le souvenir

Chapitre 3 – La mémoire contre l’Empire
- Une tombe oubliée
- L’affaire Baudin
- La célébrité posthume
- Qu’est-ce qu’un héros ?

Chapitre 4 – La défense de la République
- Le coup d’état du 16 mai et l’Histoire d’un crime
- Le Panthéon contre le boulangisme
- Le culte républicain des héros

Chapitre 5 – L’immortalité et après
- Un cinquantenaire
- L’oubli
- D’une résistance à l’Autre
- Portraits de héros

Conclusion – Le mystère de l’héroïsme
- La politique contre l’intérêt
- Une histoire sans héros ?
-
Post scriptum – Légende et histoire
- Légende dorée, légende noire et jugement de l’histoire
- Les témoignages et la vérité
- Les incertitudes d’un mot sublime
- Mourir avec insolence

Bibliographie


Alain Garrigou est professeur de science politique à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense. Collaborateur régulier du Monde diplomatique, il dirige l’Observatoire des sondages.

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