Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 11 août 2010

Philippe Hamon, L’or des peintres


Philippe Hamon
L’or des peintres
L’image de l’argent du XVe au XVIIe siècle

Presses Universitaires de Rennes
2010



Présentation de l'éditeur
Le changeur et sa femme de Quentin Metsys, la Vocation de Saint Matthieu du Caravage, le Tricheur à l’as de carreau de Georges de la Tour : trois peintures célèbres qui font place à l’argent, parmi des centaines d’autres souvent moins connues. Ces oeuvres d’art admirées dans les musées ou les églises s’offrent comme sources pour l’historien. A partir d’elles, on cherchera à mieux comprendre le rapport qu’entretiennent avec l’argent hommes et femmes du XV-XVIIe siècles en Europe occidentale.

L’argent occupe une place de premier ordre dans les pratiques sociales eet les croyances : quelles visions en donne l’image, et particulièrement la peinture ? Tel est l’enjeu de cet essai, qui s’attache particulièrement à rendre compte des luttes de représentation que sa présence fait naître fréquemment. Choisir l’image comme source unique suppose le recours à une méthodologie propre, d’autant que l’argent, sous forme de pièces de monnaie, ne constitue généralement qu’un détail sur les tableaux. L’icône monétaire y occupe uneposition spécifique, en tant qu’objet social,, mais aussi comme signe au sein de l’image.

Plutôt que de procéder à une sélection, ce livre entend fournir un panorama d’ensemble des modalités de significations de l’argent en image. On y analyse des figures attendues : avarice, usure, impôt ou charité. Mais surgissent aussi des thématiques plus originales, de la circulation de l’argent dans les corps au rapprochement entre monnaie et Eucharistie.

Une question traverse ces oeuvres et les sociétés qui les produisent : comment vivre avec l’argent ? Le livre fait place à un héritage très négatif, qui fonde une relation toujours problématique. Mais il montre aussi comment l’iconographie ouvre des pistes pour une progressive acclimatation de la monnaie, suivant des voies parfois surprenantes.


Sommaire
Un historien et des images

* La peinture comme source historique
* Le paramètre monétaire
* L’icône monétaire : contextes et réceptions

À corps perdus

* Servir Mammon
* Corps en jeu, corps enjeu : argent et relations sexuelles
* Corps à corps avec l’argent

Communautés, autorités

* Communautés : jeu d’échelles
* Pouvoir politique et argent
* Les deniers du culte

Pratiques sociales, tensions sociales

* La charité : un modèle ?
* Les prédateurs

Une puissance à apprivoiser

* Puissance de l’argent
* Vivre avec l’argent

Philippe Hamon, professeur d’histoire moderne à l’université Rennes 2, est ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud et agrégé d’histoire. Il est membre du Centre de recherches historiques de l’Ouest (Cerhio, UMR CNRS 6258). Le présent ouvrage est issu de son mémoire d’habilitation à diriger des recherches.

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