Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 20 novembre 2010

Vincent Bontems, Bachelard

Vincent Bontems
Bachelard
Les Belles Lettres
2010


Présentation de l'éditeur
Gaston Bachelard (1884-1962), figure exemplaire de l'école laïque — boursier d'origine modeste, il finira par occuper la chaire d'histoire et de philosophie des sciences de la Sorbonne — est un penseur non conventionnel : s'appuyant sur une physique, une chimie et des mathématiques en pleine révolution, mais aussi sur Freud et Jung (réinterprétés), il a construit une épistémologie d'un rationalisme subtil qui a largement fait école, comprenant le progrès de la science comme une suite de discontinuités ; métaphysicien, il s'est opposé à Bergson sur le problème du temps, défendant une philosophie de l'instant contre sa philosophie de la durée ; il a aussi renouvelé l'approche de la poésie, en donnant une importance inédite à l'Imaginaire.
On examine ici l'œuvre foisonnante de Bachelard : son épistémologie, depuis l'Essai sur la connaissance approchée jusqu'au Matérialisme rationnel en passant par La Philosophie du non et Le nouvel esprit scientifique ; sa « métaphysique », ramassée dans L'Intuition de l'instant et La Dialectique de la durée ; sa poétique, depuis La Psychanalyse du feu jusqu'à La Poétique de la rêverie en passant par L'Eau et les rêves et La Poétique de l'espace.
On s'intéresse enfin à la nombreuse postérité de Bachelard.

Sommaire

Repères biographiques : une trajectoire « républicaine ».

Introduction : l'originalité d'une tradition de recherche : l'épistémologie historique. (5 pages)

1 La dynamique de l'esprit scientifique
1.1 La connaissance approchée et la rectification.
1.2 Les notions d'obstacle et de rupture épistémologiques.
1.3 La crise des objets induite par la « nouvelle physique » (relativité et microphysique).
1.4 La structure des révolutions théoriques : la récurrence conceptuelle.

2 Une philosophie contemporaine des sciences
2.1 Matérialisme rationnel et rationalisme appliqué.
2.2 Epistémologies régionales et transrationalisme.
2.3 La critique du substantialisme métaphysique.
2.4 Les progrès de la philosophie du non-.

3 L’alternance du jour et de la nuit (20 pages)
3.1 Elaboration d’une méta-poétique.
3.2 L’exploration imaginaire des quatre éléments.
3.3 La nature du temps (1) : contre Bergson.
3.4 La nature du temps (2) : méditation et rythmanalyse.

Le bachelardisme d’hier et d’aujourd’hui
La première vague : Cavaillès, Lautman, Gonseth, Enriques, le Congrès Descartes de 1937.
L’institutionnalisation : Canguilhem et Simondon, Bourdieu, Foucault, Dagognet, Lecourt.
L’actualité de la pensée bachelardienne :
La perspective d’un nouveau dialogue transatlantique.
La complémentarité avec la sociologie des sciences.
Le prolongement des analyses phénoménotechniques.

Vincent Bontems, ancien élève de l'ENS Ulm est philosophe, il travaille dans un laboratoire de recherche du CEA. On lui doit les entretiens avec Bernard Stiegler, parus en 2008 (Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir).

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