Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 14 juin 2012

La dimension spatiale des inégalités. Regards croisés des sciences sociales

La dimension spatiale des inégalités
Regards croisés des sciences sociales
Sous la direction de
Isabelle Backouche, Fabrice Ripoll, Sylvie Tissot et Vincent Veschambre
P.U.Rennes
2011
Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage rassemble des travaux de sciences sociales (géographie, histoire, sociologie, anthropologie, sciences de l'éducation, urbanisme) partageant l'ambition d'étudier la dimension spatiale d'un monde social traversé par les inégalités. Pour ce faire, les relations entre les espaces matériels, leurs usages et leurs significations, sont comprises à la fois comme des contraintes et des ressources héritées, et comme des enjeux sociaux. Chaque société doit faire avec les espaces produits et légués par les générations antérieures, autour de quelques grandes stratégies d'appropriation, telles que la conservation, l'effacement, la transformation ou le détournement. Ce bricolage est un observatoire de choix pour les sciences sociales, parce que ce ne sont jamais des "sociétés" ni des "générations" en tant que telles qui s'approprient l'espace : à l'historicisation doit s'ajouter une sociologisation qui explore non seulement les différences mais aussi les inégalités sociales, les concurrences, les conflits. 
Ces rapports de pouvoir concernent aussi les processus de dénomination et de (dé)valorisation de l'espace. Cela suppose donc d'interroger les "luttes de classement" selon toutes leurs facettes (économiques, juridiques, politiques, linguistiques...), en faisant l'hypothèse qu'intégrer leur dimension spatiale enrichit notre connaissance. Les seize contributions constitutives de cet ouvrage nous permettent de mieux comprendre comment l'appropriation, la catégorisation et la valorisation différentielle des espaces jouent un rôle dans la production des inégalités.
Isabelle Backouche est maîtresse de conférences en histoire à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directrice adjointe du centre de recherches historiques (CRH, UMR EHESS-CNRS 8558).
Fabrice Ripoll est maître de conférences en géographie à l’université Paris-Est-Créteil et chercheur au Lab’URBA (EA 3482).
Sylvie Tissot est professeure en sciences politiques à l’université Paris 8 et chercheuse au laboratoire Cultures et sociétés urbaines (CSU-CRESPPA, UMR CNRS 7217).
Vincent Veschambre est professeur en sciences sociales à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon (ENSAL) et chercheur au laboratoire RIVES (UMR CNRS 5600).

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