Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 14 septembre 2012

video: Ian H. Birchall, Sartre et l’extrême gauche française



Marx au XXIe siècle 2011-2012 – l’esprit & la lettre,  Autour des ouvrages de Ian Birchall, Sartre et l’extrême gauche française (La Fabrique, 2011) et d’Emmanuel Barot (dir), Sartre et le marxisme (La Dispute, 2011) ,  Sorbonne, 22 octobre 2011



Ian H. Birchall
Sartre et l’extrême gauche française
Cinquante ans de relations tumultueuses
Traduit par Etienne Dobenesque 
La Fabrique
2011
Présentation de l'éditeur
Sartre et la politique : sur ce sujet, c’est toujours de son flirt avec les communistes dont on parle, et toujours pour condamner son coupable aveuglement. Le livre de Birchall n’évite pas le point mais le replace dans son contexte, celui de la guerre froide à sa pire période, où les dirigeants communistes français étaient mis en prison, les journaux saisis, les manifestations brutalement réprimées.
Surtout, ce livre est comme une fresque où apparaissent des personnages fascinants avec lesquels Sartre a marché un temps dans ce demi-siècle agité : de Nizan à Leiris, de Colette Audry à Daniel Guérin, de Maurice Nadeau à Jean Genet… Et Birchall rappelle que l’attitude de Sartre pendant la guerre d’Algérie et la guerre du Vietnam lui a permis d’être à peu près le seul intellectuel de renom à pouvoir prendre la parole devant les étudiants en mai 1968.
Mais il ne s’agit pas d’une hagiographie : les fragilités, les contradictions, les erreurs ne sont pas gommées – d’autant moins que Sartre lui-même les reconnaissait volontiers. Dans sa solidité documentaire, l’intérêt du livre est double : d’une part il éclaire la vie politique (et non philosophique ou littéraire, bien que par moments…) d’un personnage essentiel du XXe siècle, et d’autre part il offre la vision panoramique d’un territoire mal connu, celui de l’extrême gauche non communiste dans les années de l’après-guerre en France.
Ian H. Birchall a longtemps enseigné le français à la Middlesex University. Il est l’auteur, entre autres, de The Spectre of Babeuf (1997) et de Tony Cliff, A Marxist for his Time (2011).

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