Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 15 janvier 2013

Agone 50, Réprimer & domestiquer : stratégies patronales

Agone 50
Réprimer & domestiquer : stratégies patronales
Coordination Étienne Pénissat

Ce numéro 50 de la Revue Agone aborde les conditions de l’action collective en entreprise – de l’adhésion syndicale aux grèves – en plaçant la focale sur les dispositifs et stratégies patronales pour l’entraver et la canaliser. Si les sciences sociales se sont de nouveau penchées sur les mobilisations professionnelles et les conflits du travail depuis la fin des années 2000, les travaux sont souvent réduits à l’étude des transformations du syndicalisme lui-même (professionnalisation, stratégies de syndicalisation, etc.) et du contexte socio-économique dans lequel il opère. Les politiques patronales vis-à-vis de l’action des salariés, et en premier lieu des syndicalistes, restent un angle mort sociologique. À l’ombre des pratiques de « management » participatives et individualisantes qui font de l’entreprise un lieu aseptisé, il s’agira de montrer que celle-ci reste un lieu éminemment politique. C’est ce qu’illustreront les jeunes sociologues et politistes mais aussi les syndicalistes qui participent à ce numéro à partir d’enquêtes et d’observations au plus près des acteurs : de l’ethnographie des stages de formation des DRH et des supervisors en France et aux États-Unis à celle des relations et des proximités entre dirigeants syndicaux et patronaux d’une chaîne de la grande distribution, en passant par l’étude des usages du droit ou de l’histoire des répertoires de répression anti-ouvrière dans les années 1970. Décortiquer et analyser les politiques et stratégies patronales pour réprimer et/ ou domestiquer l’action syndicale et les luttes collectives, telle est l’ambition de ce numéro.
SOMMAIRE
À l’ombre du “dialogue social”, éditorial d’ Étienne Pénissat
Préserver l’ordre usinier en France à la fin des années 1968, Xavier Vigna
Derrière la vitrine du dialogue social : les techniques managériales de domestication des conflits du travail, Baptiste Giraud
Petite phénoménologie du despotisme d’entreprise, Henri Clément
Les syndicats américains face aux stratégies managériales de contournement du syndicalisme, Émilien Julliard
Le circuit de secours syndical. Quand représentants patronaux et syndicaux cogèrent les conflits professionnels, Marlène Benquet
Réforme de la représentativité, pouvoir syndical et répression : quelques éléments de réflexion, Karel Yon et Sophie Béroud
Répression et discriminations syndicales, interview avec les auteurs d’une note de la Fondation Copernic
HISTOIRE RADICALE
Des lendemains qui déchantent
La contre-offensive du patronat, Pierre Monatte
Ceux qui occupent les usines. La grève de Sautter-Harlé I, Léon Nicolas (Nicolas Lazarévitch)
Ceux qui occupent les usines. La grève de Sautter-Harlé II, Groupe de syndicalistes révolutionnaires
Que s’est-il passé aux usines Goodrich ?, Marceau Pivert
LA LEÇON DES CHOSES
Diagnostics sur une Europe en crise
Autour du Nouveau Vieux Monde de Perry Anderson
Voir l’Europe depuis l’Est, Alain Supiot
Dépasser la «démocratie militante» ?, Jan-Werner Müller
Après coup, Perry Anderson
 

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