« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Béroud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Béroud. Afficher tous les articles

lundi 1 mars 2021

Sophie Béroud et Martin Thibault, En luttes ! Les possibles d’un syndicalisme de contestation

 


Sophie Béroud et Martin Thibault
En luttes !
Les possibles d’un syndicalisme de contestation
Raisons d'agir
2021
 
 
Présentation de l'éditeur

Le mouvement des Gilets jaunes, d’abord éloigné des syndicats, est un révélateur inattendu de leurs difficultés. Englués dans le « dialogue social », incapables de faire plier les gouvernements successifs, pris dans des enjeux de rivalités internes, ils peinent à élargir leur base sociale et à peser sur les mobilisations.
Depuis près de trente ans une organisation, les SUD, devenus Solidaires, développe pourtant des pratiques plus horizontales et démocratiques et affirme le retour d’un syndicalisme de contestation. Elle rencontre toutefois des obstacles imprévus : comment avoir du poids institutionnel sans s’institutionnaliser ? Comment réussir à servir davantage les intérêts immédiats des salariés sans devenir des professionnels du syndicalisme et en rabattre sur la radicalité du combat ?
Pour éclairer ces transformations profondes, ce livre s’appuie sur une enquête sociologique au long cours qui retrace l’enthousiasme et l’âpreté de parcours militants en les resituant dans les grands mouvements sociaux des vingt dernières années. Au-delà du cas de Solidaires, il témoigne de la capacité des organisations syndicales, confrontées à un monde du travail de plus en plus fragmenté et dérégulé, à rendre aux conflits salariaux un rôle moteur et œuvrer ainsi à des revendications plus larges d’émancipation et de transformation politique.

Sophie Béroud a publié, en collaboration avec Baptiste Giraud et Karel Yon, Sociologie politique du syndicalisme, Armand Colin (2018).

Martin Thibault a également publié aux éditions Raisons d’agir Ouvriers malgré tout. Enquête sur les ateliers de maintenance des trains de la Régie autonome des transports parisiens (2013).

 

jeudi 25 juillet 2019

en ligne: Bourdieu et le travail, Maxime Quijoux (dir.)


Bourdieu et le travail
Maxime Quijoux (dir.)
P.U.Rennes
Le Sens social 
2015

en ligne sur OpenEdition Book, 2019




 
Maxime Quijoux
Préambule

Première partie. Bourdieu et le travail, une introduction

Maxime Quijoux
Introduction
Maxime Quijoux
Conclusions



mercredi 23 mai 2018

Baptiste Giraud, Karel Yon, Sophie Béroud, Sociologie politique du syndicalisme

 
Baptiste Giraud
Karel Yon
Sophie Béroud
Sociologie politique du syndicalisme 
Armand Colin
2018

Présentation de l'éditeur
Comment expliquer le morcellement du syndicalisme français ? Pourquoi si peu de salariés adhèrent aux syndicats ?
Tous les syndicalistes sont-ils des professionnels du dialogue social coupés de leur base ? Pour répondre à ces questions classiques dans les controverses politico-médiatiques, ce manuel propose une synthèse des travaux récents conduits dans les champs de la sociologie et de la science politique autour de l’analyse des organisations syndicales, de leurs adhérents et de leurs pratiques. Il fait le pari que les outils de la sociologie politique permettent une analyse plus fine du phénomène syndical. En abordant des questions telles que les dynamiques de l’engagement militant, les ambivalences du processus d’institutionnalisation ou bien encore les modalités du travail de représentation, cet ouvrage développe des questions qui intéresseront tous les étudiants en sociologie et science politique mais aussi toutes celles et ceux désireux de dépasser les schématismes et de comprendre les spécificités du syndicalisme en France.
Sophie Béroud est maître de conférences en science politique, Université Lyon 2, membre du laboratoire TRIANGLE, enseignements en licence et master. Baptiste Giraud est maître de conférences en science politique à la Faculté d'Economie et de Gestion d'Aix-Marseille Université, Membre du Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail (LEST). Karel Yon est chargé de recherches CNRS, membre du Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS), Lille 2 /CNRS, Membre du Conseil national des Universités.

 


mardi 15 novembre 2016

Le lobbying électoral. Groupes en campagne présidentielle (2012), Guillaume Courty et Julie Gervais (dir.)


Le lobbying électoral
Groupes en campagne présidentielle (2012)
Guillaume Courty et Julie Gervais (dir.)
Préface de Daniel Gaxie
P.U. Septentrion
Espaces politiques
2016

Présentation de l'éditeur
L'élection présidentielle n’a jamais donné lieu en France à une étude portant sur les acteurs centraux des campagnes électorales que sont les associations, les syndicats, les organisations professionnelles, les collectifs, les ONG ou les think tanks. Tous poursuivent alors un objectif commun : tenter de convaincre les candidats et candidates de l’intérêt d’un projet, d’une cause ou d’une proposition de politique publique. Quelles sont les formes de lobbying à l’œuvre pendant une campagne électorale et comment appréhender leurs effets ? Une équipe de politistes et de sociologues répond à cette question inédite en suivant la campagne présidentielle de 2012 au cœur de la mêlée, dans le quotidien des groupes mobilisés. Loin de la vision légitime de l’élection réduite à un simple affrontement de candidats et de candidates arbitré par le vote et les médias, les enquêtes analysent ici la campagne présidentielle comme un terrain privilégié de l’exercice du lobbying.
avec C. Argibay, P.-Y. Baudot, S. Béroud, A. Célestine, S. Cissokho, R. Cos, A. Revillard, A. Roger, A.-F. Taiclet.

 

vendredi 21 octobre 2016

En quête des classes populaires. Un essai politique, Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert, Denis Merklen

En quête des classes populaires 
Un essai politique
Sophie Béroud
Paul Bouffartigue
Henri Eckert
Denis Merklen 
La Dispute
2016

Présentation l'éditeur
Les classes populaires n’apparaissent que par éclipses dans les discours politiques et médiatiques. Il est difficile cependant d’ignorer leur poids électoral ou de rester sourd à leurs révoltes, qu’elles viennent gonfler les rangs des cortèges syndicaux ou enflammer les banlieues. Quant aux sociologues, sont-ils toujours suffisamment attentifs aux formes de la conflictualité sociale au travers desquelles elles se mobilisent et se construisent ? Prendre acte de l’effacement de la « classe ouvrière » d’hier dans le paysage social et politique doit-il conduire à négliger les formes contemporaines des luttes de classes ?
Ce livre, qui s’inscrit dans les efforts de réinvention d’un horizon d’émancipation sociale, réunit les expériences de quatre sociologues pour mettre à l’épreuve la catégorie « classes populaires ». Il revient sur la manière dont s’est construite puis défaite l’hégémonie ouvrière sur ces classes, s’interroge sur les clivages qui les travaillent et sur ce que nous disent les « banlieues » du populaire contemporain. Face à un ordre social de plus en plus injuste et à un pouvoir de plus en plus autoritaire, quelles sont les potentialités de résistance et de transformation sociale portées par les catégories qui en souffrent le plus ? Les forces d’alternative ne doivent-elles pas à nouveau relever le défi majeur d’organiser leur représentation et leur action politiques ?

Maîtresse de conférences en science politique à l'université Lumière Lyon 2 et membre duu laboratoire Triangle, Sophie Béroud est spécialiste de l'histoire syndicale, ses recherches portent sur le syndicalisme et la précarité, l'évolution des conflits du travail et des grèves...
Sociologue du travail, Paul Bouffartigue est directeur de recherche au CNRS. Il travaille au Laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST : CNRS et Aix-Marseille université) depuis 1994.
Sociologue, professeur à l'Université de Poitiers, Henri Eckert est membre du Groupe de REcherches Sociologiques sur les sociétés COntemporaines, est un laboratoire de recherche en sociologie (Gresco). Ses recherches ont pour thème l'insertion professionnelle des jeunes, l'insertion sociale et parcours de vie, les jeunes ouvriers et la socialisation ouvrière, les classes populaires, la discrimination à l’école et sur le marché du travail, la massification et/ou démocratisation de l’école, la sociologie de l’éducation / de la jeunesse / des professions.
Sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Paris 7 Diderot, Denis Merklen est membre du Centre d’Etude des Mouvements Sociaux (EHESS/CNRS). Ses recherches portent sur les classes populaires, leurs modes d’inscription collective, d’individuation et de socialisation politique.

jeudi 19 mars 2015

Bourdieu et le travail, Sous la direction de Maxime Quijoux


Bourdieu et le travail
Sous la direction de Maxime Quijoux
P.U.Rennes
2015

Présentation de l'éditeur
P LUS de dix ans après sa disparition, Pierre Bourdieu demeure toujours l’auteur des sciences sociales le plus cité au monde. Si ses concepts, sujets de débats permanents, expliquent probablement ce succès, son aptitude à explorer l’ensemble des domaines du social y a aussi grandement contribué : la socialisation, l’école, les classes sociales, le célibat, la culture, l’art, l’État, la politique, etc., peu d’objets semblent en effet s’être soustraits à l’examen du sociologue, et sur lesquels, en retour, il n’a pas été discuté. Il en existe pourtant un et non des moindres : le travail. Après des travaux liminaires sur la question dans le contexte de la guerre d’Algérie, Bourdieu paraît en effet définitivement s’en désintéresser. Cette désaffection correspond alors à une indifférence équivalente des sociologues du travail à l’égard de son oeuvre. Durant quarante ans, Bourdieu et « le travail » donnent l’impression de s’ignorer superbement.
À l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, c’est cette double défection – le travail dans la sociologie de Bourdieu, et Bourdieu dans la sociologie du travail – que nous avons voulue questionner : le travail est-il vraiment absent dans l’oeuvre de Pierre Bourdieu ? Comment l’aborde-t-il, en particulier après son époque algérienne ? Enfin, dans quelle mesure ses concepts peuvent-ils contribuer à l’analyse du travail, d’hier et d’aujourd’hui ?
Réunissant plus d’une vingtaine de contributions, entre exégèses, analyses historiques et enquêtes de terrain, ce livre souhaite montrer l’apport mutuel du sociologue et de l’objet « travail ». Une réconciliation scientifique en somme.
Avec le concours du conseil régional d’Île-de-France et son programme DIM-GESTES.
Préambule
Maxime Quijoux est chargé de recherche en sociologie au CNRS, membre du laboratoire PRINTEMPS à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Spécialiste du travail et des mobilisations, il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (éditions de l’IHEAL, 2011) et a récemment dirigé un double dossier sur « les conflits du travail dans le monde » paru dans la revue Critique internationale (nos 64 et 65, 2014, Presses de Sciencespo).

mercredi 25 février 2015

en ligne: Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

en ligne sur le site de Savoir/agir:

Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes
Editions du Croquant, 2014
s'abonner


Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Éditorial

Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers, par Frédéric Lebaron

Dossier

Syndicalismes en luttes, coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon
Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale : la domination de la grève politique de masse, par Gregor Gall
Les syndicats dans le capitalisme financier européen : Le cas allemand, par Hans-Jürgen Urban
Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma : quelle place pour le syndicalisme ?, par Andréia Galvão
Le syndicalisme en (dans la) crise. Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne, par Adoración Guamán et Francisco Trillo
Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ? La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid, par Sophie Béroud
Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps », par Jean-Marie Pernot
Se syndiquer pour l’indépendance : quelques remarques à propos de l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe, par Pierre Odin

Grand entretien

Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ? Science et éthique en action. Entretien avec Yves Gingras

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche. Des municipales aux européennes, par Louis Weber

Sociogenèse du Front de gauche

Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche

La rhétorique réationnaire

La valse des étiquettes politiques, par Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’esprit de 1945, par Keith Dixon



jeudi 13 mars 2014

à paraître: Revue Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

Revue Savoir/agir n°27
Syndicalismes en luttes
éd du Croquant
20/03/2014

Présentation de l'éditeur
Si le syndicalisme est un acteur essentiel des luttes sociales, il est aussi au cœur des luttes symboliques pour définir les objectifs et les moyens légitimes de ces luttes. La lutte des classes est aussi une lutte de classements et définir les frontières et les modalités légitimes de l’action syndicale en est l’un des enjeux. Ce dossier ne vise évidemment pas à fournir des réponses univoques et définitives à la question de savoir à quoi servent ou devraient servir les organisations syndicales. Il s’agit plus modestement de spécifier ces enjeux et de rendre compte des débats qui traversent le mouvement syndical dans le contexte actuel d’hégémonie de l’idéologie néolibérale.
Qu’en est-il du répertoire d’action et des horizons de pensées du syndicalisme à l’heure où est répété à l’envi qu’il n’y aurait plus de « grain à moudre », pour reprendre la célèbre expression d’André Bergeron, secrétaire général de FO, qui célébrait ainsi la fonction de négociation des syndicats à l’ère du « compromis fordiste » ? La crise de 2008 et la généralisation des politiques d’austérité qui l’a suivie ont largement contribué à remettre ces questions à l’agenda militant et scientifique en déclenchant un cycle de protestation qui a été diversement investi par les syndicats selon les pays. Comment négocier avec les organisations d’employeurs et les pouvoirs publics tout en participant activement aux luttes sociales ? Comment parler au nom de tous les travailleurs lorsque les politiques économiques tournées vers la compétitivité des entreprises aboutissent à une hétérogénéité croissante des statuts d’emploi et des conditions de travail ? Lorsque les collectifs de travail sont fragilisés, voire démantelés, lorsque les partis politiques censés être les plus proches des syndicats voient leur rôle se réduire à celui d’une courroie de transmission du fatalisme économique, comment sont débattues dans et entre les organisations syndicales les enjeux stratégiques et idéologiques de la syndicalisation ?
Ces questions ne sont bien sûr pas nouvelles. La somme coordonnée par Colin Crouch et Alessandro Pizzorno dans les années 1970 résume bien la façon dont les spécialistes du syndicalisme y répondirent au cours du dernier quart du vingtième siècle. Impulsé, comme son nom l’indique, dans le but de ­comprendre la résurgence du conflit de classe en Europe après 1968, ce travail publié dix années plus tard se concluait en montrant comment les gouvernements d’Europe occidentale avaient réussi à endiguer la contestation sociale grâce à l’enrôlement des syndicats dans les politiques de gestion de la crise. Longtemps considéré comme le mouvement social par excellence, le syndicalisme devenait ainsi un rouage des institutions publiques, donnant forme à ce que les politistes baptisèrent « corporatisme libéral ». L’accélération de l’intégration européenne et la fabrique, à cette échelle, d’une ambitieuse architecture du « dialogue social » semblaient confirmer cette analyse. Dans le même temps, le champ en plein essor de la sociologie des mouvements sociaux se consolidait en ignorant, pour l’essentiel, l’enjeu de la conflictualité au travail.
D’une crise à l’autre, la résurgence de grandes mobilisations sociales orchestrées par les syndicats a permis de rappeler que l’institutionnalisation n’impliquait pas de renoncement irrémédiable à ­l’action protestataire. Plutôt que de chercher à qualifier de façon univoque et définitive les organisations syndicales, mieux vaut tenter de les situer au sein du triangle qui constitue, selon Richard Hyman, la géométrie du syndicalisme. Les organisations syndicales sont, selon les contextes nationaux et les périodes historiques, plus ou moins proches de l’un des sommets du triangle symbolisant les trois rôles idéal-typiques du syndicalisme : agent économique, partenaire social et organisation de classe. Ce sont donc moins les angles du triangle – marché, société, classe – qui doivent retenir l’attention que les directions vers lesquelles bougent les curseurs des revendications et des actions syndicales.
Cette tension est « au cœur des controverses sur le syndicalisme. Il s’agit de la contradiction entre la nécessité de construire une organisation majoritaire et l’impératif de mener une lutte efficace contre le système capitaliste, c’est-à-dire la contradiction entre un syndicalisme de masse et un syndicalisme de classe ». En France, la charte d’Amiens, adoptée en 1906 dans un congrès de la CGT, stipule en effet que l’organisation syndicale doit œuvrer à « une double besogne », quotidienne (obtenir des améliorations immédiates) et d’avenir (œuvrer à l’émancipation intégrale des travailleurs par l’expropriation des capitalistes). Si les termes ont sensiblement évolué, l’enjeu de définir l’espace des possibles reste au cœur des luttes intra et intersyndicales. Il traverse toutes les organisations et se pose de façon diverse selon les contextes économiques et politiques.
À l’échelle de l’Europe occidentale, le syndicalisme reste quoi qu’il en soit un opérateur central de la conflictualité sociale. C’est ce qu’illustre l’article de Gregor Gall qui dresse un bilan de l’acti­vité gréviste dans neuf pays d’Europe occidentale. En se situant sur le terrain des analyses macrosociales qui mettent l’accent sur le déclin de la grève, il nuance ces conclusions en montrant que les grèves économiques sont toujours à la peine mais que des « grèves politiques de masse » se développent en réaction aux politiques néolibérales. Si d’autres techniques d’enquêtes permettraient de prolonger cette critique de la supposée « quiétude » du mouvement ouvrier, l’intérêt du texte est de pointer les limites des politiques néo-corporatistes à l’heure du néolibéralisme triomphant.
C’est précisément cette question du corporatisme que revisite l’article de Hans-Jürgen Urban, qui s’interroge sur les conditions de possibilité d’un « corporatisme de crise » dans l’Allemagne fédérale. Son tableau de la situation allemande récente montre que l’enrôlement des syndicats dans la négociation de concession, y compris sur les modérations salariales, n’exclut pas les campagnes de syndicalisation vers les salariés précaires et les revendications relatives aux conditions de travail.
Dans un contexte différent, l’article d’Andreia Galvao montre également que l’existence de politiques corporatistes d’échange politique reste une donnée clé pour comprendre les stratégies syndicales. La présence au pouvoir d’un gouvernement ami dirigé par le Parti des travailleurs explique sans doute le faible et tardif engagement des confédérations syndicales dans les mobilisations de l’­hiver brésilien, les syndicats, tout comme d’autres mouvements sociaux, étant déjà eux-mêmes divisés quant à l’atti­tude à tenir à l’égard du pouvoir pétiste. Le cas brésilien est ainsi très éclairant sur les relations fluctuantes entre partis politiques au pouvoir, organisations syndicales et mobilisations populaires.
Cette articulation entre syndicalisme et mouvements sociaux est également au centre de la situation politique en Espagne. Deux articles permettent de rendre compte de façon complémentaire de ce qui se passe dans ce pays sur le terrain des luttes sociales et du rôle que peuvent jouer les organisations syndicales. Le premier texte d’Adorácion Guamán et de Francisco Trillo aborde les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les organisations syndicales face aux plans d’austérité et aux mesures antisociales qui se succèdent. Si ces politiques se nourrissent d’un anti-syndicalisme virulent, elles alimentent en retour des critiques de plus en plus aiguisées à l’encontre des syndicats au sein des mouvements sociaux. Les deux auteurs insistent également sur le défi que représentent les millions de privés d’emploi et de travailleurs précaires dont une part s’organise hors des lieux de travail, alors que le syndicalisme traditionnel se déploie avant tout au niveau de l’entreprise. Toutefois, la thèse de la coupure irrémédiable entre syndicalisme et mouvements sociaux ne résiste pas à l’épreuve des faits empiriques, comme le démontre ici Sophie Béroud. Si les critiques à l’égard des syndicats sont monnaie courante au sein du mouvement des Indignés, les militants syndicaux sont loin d’être absents des assemblées et des cortèges. Certains, comme les syndicalistes enseignants, ont même pu profiter du regain de conflictualité pour élargir leurs revendications et l’éventail de leurs modes d’action. L’exemple des mobilisations du secteur éducatif qu’étudie Sophie Béroud, montre à quel point le syndicalisme espagnol, quoiqu’on en dise, reste inscrit dans l’espace des mouvements sociaux.
Sur le cas français, l’article de Jean-Marie Pernot éclaire les reconfigurations récentes du champ syndical tout en soulignant les limites d’une approche en terme de camps irrémédiablement distincts, sinon antagoniques. Il s’agit bien davantage d’alliances à géométrie variable selon les secteurs, les enjeux et les rapports de force. Ce faisant, il montre que le réflexe consistant à résumer les clivages syndicaux en termes de lignes politiques – un camp « réformiste » et un pôle « contestataire » – est éloigné des logiques pratiques qui structurent cet espace complexe qu’est le champ syndical.
La question des logiques plurielles qui orientent l’action syndicale est au cœur de l’article de Pierre Odin. En revenant sur l’histoire de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, il décrit comment s’est forgée la pratique d’un « syndicalisme intégral » investi à la fois sur les terrains économique, politique et culturel. La légitimité acquise par l’UGTG au croisement de la représentation quotidienne des travailleurs et de l’incarnation d’un projet politico-culturel pour la Guadeloupe éclaire le rôle central qu’elle a joué dans la grève générale de 2009 et la constitution, avec le LKP, d’une coalition regroupant syndicats, associations et partis politiques.
Dans des pays et contextes différents, le syndicalisme est donc bel et bien tiraillé par des conflits, des enjeux et des défis majeurs, que chaque texte réuni dans ce dossier explore sans prétendre évidemment à l’exhaustivité. Si les difficultés sont réelles et plurielles, si les définitions des objets et des moyens des luttes syndicales sont conflictuelles, on ne saurait pour autant entonner le chant du cygne comme le font tant et trop de commentateurs pressés.


Sommaire

Éditorial
Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers
Frédéric Lebaron

Dossier
Syndicalismes en luttes
Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale
La domination de la grève politique de masse
Gregor Gall

Les syndicats dans le capitalisme financier européen
Le cas allemand
Hans-Jürgen Urban

Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma
Quelle place pour le syndicalisme ?
Andréia Galvão

Le syndicalisme en (dans la) crise
Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne
Adoración Guamán, Francisco Trillo

Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ?
La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid
Sophie Béroud

Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps »
Jean-Marie Pernot

Se syndiquer pour l’indépendance
Quelques remarques à propos de l’Union générale des travailleurs de la Guadeloupe
Pierre Odin

Grand Entretien avec Yves Gingras
Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ?
Science et éthique en action

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche
Des municipales aux européennes
Louis Weber

Enquête (6)
Sociogenèse du Front de gauche
Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche
Gérard Aschieri, Pierre Khalfa et Evelyne Sire-Marin

La rhétorique réactionnaire

La valse des étiquettes politiques
Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’Esprit de 1945
Keith Dixon 

vendredi 5 juillet 2013

video: Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky, Histoire des mouvements sociaux en France: De 1814 à nos jours


Histoire des mouvements sociaux en France 
De 1814 à nos jours
Sous la direction de
Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky
La Découverte avec Le Mouvement social
2012

Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage vient à son heure combler une lacune et relever un défi. Après que l'évanouissement des horizons d'attentes a disqualifié les grands récits qui, jadis, prétendaient donner un sens aux mobilisations collectives, il semble désormais possible et nécessaire d'en entreprendre l'histoire hexagonale. Possible, car les travaux existent qui permettent d'en renouveler l'approche comme d'en explorer des aspects inédits. Nécessaire, parce que, de nouveau, la question sociale, mondialisée dans ses causes et ses manifestations, revient en force sur le devant de la scène publique, en quête d'interprétations, de relais, de connexions et de solutions.
L'histoire développée ici s'attache, du XIXe siècle à nos jours, à tous les types de mouvements sociaux - révolutions, rébellions, émeutes, grèves, campagnes électorales, pétitions, etc. - et quels qu'en soient les acteurs - ouvriers, paysans, jeunes, catholiques, minorités sexuelles, etc. Centrée sur la France, elle n'en ignore pas les interactions coloniales et internationales. Attentive à cerner l'articulation du social avec le politique, le culturel, l'idéologique et le religieux, elle entend réintégrer les mobilisations collectives dans une histoire globale dont elles furent et demeurent des moments essentiels.
Michel Pigenet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-I et directeur du Centre d'histoire sociale du XXe siècle.
Danielle Tartakowsky est professeure d'histoire contemporaine à l'université Paris-VIII.

mardi 15 janvier 2013

Agone 50, Réprimer & domestiquer : stratégies patronales

Agone 50
Réprimer & domestiquer : stratégies patronales
Coordination Étienne Pénissat

Ce numéro 50 de la Revue Agone aborde les conditions de l’action collective en entreprise – de l’adhésion syndicale aux grèves – en plaçant la focale sur les dispositifs et stratégies patronales pour l’entraver et la canaliser. Si les sciences sociales se sont de nouveau penchées sur les mobilisations professionnelles et les conflits du travail depuis la fin des années 2000, les travaux sont souvent réduits à l’étude des transformations du syndicalisme lui-même (professionnalisation, stratégies de syndicalisation, etc.) et du contexte socio-économique dans lequel il opère. Les politiques patronales vis-à-vis de l’action des salariés, et en premier lieu des syndicalistes, restent un angle mort sociologique. À l’ombre des pratiques de « management » participatives et individualisantes qui font de l’entreprise un lieu aseptisé, il s’agira de montrer que celle-ci reste un lieu éminemment politique. C’est ce qu’illustreront les jeunes sociologues et politistes mais aussi les syndicalistes qui participent à ce numéro à partir d’enquêtes et d’observations au plus près des acteurs : de l’ethnographie des stages de formation des DRH et des supervisors en France et aux États-Unis à celle des relations et des proximités entre dirigeants syndicaux et patronaux d’une chaîne de la grande distribution, en passant par l’étude des usages du droit ou de l’histoire des répertoires de répression anti-ouvrière dans les années 1970. Décortiquer et analyser les politiques et stratégies patronales pour réprimer et/ ou domestiquer l’action syndicale et les luttes collectives, telle est l’ambition de ce numéro.
SOMMAIRE
À l’ombre du “dialogue social”, éditorial d’ Étienne Pénissat
Préserver l’ordre usinier en France à la fin des années 1968, Xavier Vigna
Derrière la vitrine du dialogue social : les techniques managériales de domestication des conflits du travail, Baptiste Giraud
Petite phénoménologie du despotisme d’entreprise, Henri Clément
Les syndicats américains face aux stratégies managériales de contournement du syndicalisme, Émilien Julliard
Le circuit de secours syndical. Quand représentants patronaux et syndicaux cogèrent les conflits professionnels, Marlène Benquet
Réforme de la représentativité, pouvoir syndical et répression : quelques éléments de réflexion, Karel Yon et Sophie Béroud
Répression et discriminations syndicales, interview avec les auteurs d’une note de la Fondation Copernic
HISTOIRE RADICALE
Des lendemains qui déchantent
La contre-offensive du patronat, Pierre Monatte
Ceux qui occupent les usines. La grève de Sautter-Harlé I, Léon Nicolas (Nicolas Lazarévitch)
Ceux qui occupent les usines. La grève de Sautter-Harlé II, Groupe de syndicalistes révolutionnaires
Que s’est-il passé aux usines Goodrich ?, Marceau Pivert
LA LEÇON DES CHOSES
Diagnostics sur une Europe en crise
Autour du Nouveau Vieux Monde de Perry Anderson
Voir l’Europe depuis l’Est, Alain Supiot
Dépasser la «démocratie militante» ?, Jan-Werner Müller
Après coup, Perry Anderson
 

mercredi 8 février 2012

2012 : les sociologues s’invitent dans le débat



2012 : les sociologues s’invitent dans le débat
Textes rassemblés par Louis Pinto
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
L’expérience de la collection savoir/agir révèle la richesse et l’originalité des analyses proposées par des intellectuels critiques. Or ceux-ci, plus familiers avec la description et l’explication du réel qu’avec l’élaboration de programmes, ne sont pas à l’aise dans une conjoncture électorale. Mais, précisément pour cette raison, ils ne sont pas nécessairement mal placés pour faire ce qu’eux seuls sont en mesure de faire. À savoir d’une part, étblir un diagnostic synthétique de l’état des choses dans un domaine de leur compétence ; d’autre part, énumérer un certain nombre de points qui leur semblent décisifs pour ce que pourrait être une politique de gauche.
L’exercice de militantisme intellectuel proposé ici a quelque chose de paradoxal. Alors que la gauche de gauche se voit d’ordinaire associée à des idées dites maximalistes, il s’agit de favoriser, sur des points précis, la formulation de principes d’action en deçà desquels une gauche digne de ce nom ne pourrait que se déjuger : non pas placer la barre très haut, la placer plutôt au minimum, un minimum qui pourrait aussi être l’essentiel, bref ce qui ne saurait être escamoté.
L’urgence semble aujourd’hui de montrer qu’autre chose est possible, réalisable, en refusant à la fois la capitulation social-démocrate devant la loi d’airain du capitalisme financier et le délire incantatoire du discours « anticapitaliste ». Le « réalisme utopique » dont parlait Bourdieu ne se distingue ni par les fausses précisions du discours d’expert ni par des proclamations grandioses mais vagues : il consiste à chercher les points précis où peut se faire un basculement des rapports de force en faveur de la justice sociale, de la démocratie et de la maîtrise collective du futur. Être « radical » consiste à être simplement conséquent : c’est, après avoir pris connaissance des questions posées, chercher des réponses qui pourraient être à la hauteur de ces questions. En matière d’environnement ou de marché financier, la réalité se charge de montrer que des idées autrefois considérées comme radicales, et donc exclues de l’horizon du pensable, ne sont pas aussi extravagantes qu’on avait bien voulu le dire.
Table des matières
Aller à l’essentiel
Louis Pinto
Sortir du capitalisme financier, étape nécessaire, mais non suffisante d’une alternative globale
Frédéric Lebaron
La crise est là
Le capitalisme financier reste dominant
Ordre et désordre néolibéraux
Quelles réponses ?
Réduire fortement et structurellement les inégalités de revenus et de patrimoines
Anéantir la spéculation financière
Faire du système bancaire un instrument au service d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux
Développer des mécanismes de solidarités
Remobiliser électoralement les milieux populaires
Céline Braconnier
Reconstruire l’électorat populaire
Ce qui peut faire voter malgré le désenchantement
Une démocratie sociale apportant plus de pouvoir aux salariés
Sophie Béroud et Karel Yon
Un remède à la crise ?
Des syndicats plus « légitimes » pour négocier dans l’entreprise
Démocratie sociale ou fétichisme de la négociation ?
Vers de véritables points d’appui pour conférer du pouvoir aux salariés
Pour une réappropriation collective de la démocratie locale
Michel Koebel
Comment contrecarrer ces tendances ?
La désocialisation de la santé
Frédéric Pierru
Le dilemme électoral du candidat Sarkozy
La privatisation progressive du financement des soins courants
La révolution conservatrice de la médecine libérale
Les cliniques au secours de la Sécu…
Une santé de moins en moins publique
Le remède : reconstruire les quatre services publics constitutifs du système de santé égalitaire et solidaire
« Délinquance zéro »
Gérard Mauger
« Angélisme » – « Réalisme » ?
Sociogenèse des pratiques délinquantes ordinaires
Le répertoire des « politiques de sécurité »
Pour une « politique de gauche » face à la délinquance
Une autre justice
Laurent Willemez
La justice : fonction symbolique, fonction répressive
L’offensive contre le pouvoir judiciaire et les magistrats
L’affaiblissement de la fonction judiciaire par la RGPP
Une « autre justice » ?
Remettre les droits des étrangers au centre des politiques d’immigration
Emmanuel Blanchard et Alexis Spire
Défendre le droit à quitter son pays
Pour une régulation démocratique des mouvements migratoires
Construire une politique de l’hospitalité
Développer la sécurité et la stabilité juridique des règles d’entrée et de séjour
Un chômage contre les chômeurs ?
Emmanuel Pierru
Le poids du stigmate
La peau de chagrin des droits des chômeurs
Une assurance chômage qui assure de moins en moins
La paupérisation des chômeurs
Accompagnement ou contrôle renforcé des chômeurs ? La création de Pôle Emploi
Les laissés pour compte de la formation professionnelle continue
En guise de conclusion : réconcilier les chômeurs avec les syndicats et la gauche ?
L’école pour tous, enfin !
Bertrand Geay
Le bilan contrasté de « l’école unique »
L’incohérence du curriculum
La dialectique des ségrégations et de la concurrence
Une entreprise de déprofessionnalisation
Cinq propositions
Université : contre la bureaucratie de marché
Bertrand Geay, Samuel Bouron et Pierre Clément
Le marché à marche forcée
L’anomie bureaucratique
Quelques mesures d’urgence pour en sortir
Une recherche résolument publique et vraiment autonome
Louis Pinto
Gouvernance des personnels
Gouvernance de l’évaluation
Gouvernance de la recherche
Propositions
Transformer les médias
Henri Maler
Éléments de diagnostic
Quelques cibles
Constituer et constitutionnaliser un Conseil national des médias
Contrecarrer la concentration et la financiarisation des médias
Constituer un service public de l’information et de la culture
Garantir les droits des journalistes, des créateurs et des usagers
Affranchir les sondages politiques de l’emprise du marché
Rémy Caveng
Les sondages : un marché ; les sondeurs : des marchands
Une économie de la précarité
Que faire des sondages politiques ?

mercredi 28 septembre 2011

Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005)

Engagements, rébellions et genre
dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005)

sous la direction de  Sophie Beroud, Boris Gobille Abdellali Hajjat et Michelle Zancarini-Fournel
Editions des archives contemporaines
2011




Présentation de l'éditeur
Ce livre fait le pari d’analyser en profondeur les rébellions urbaines sur la moyenne durée (de 1968 à 2005) et de croiser la question des engagements et du genre ce qui implique des approches comparatiste et pluridisciplinaire – histoire, science politique et sociologie sont ainsi convoquées - ainsi que jeux d’échelles – quartier, entreprise, ville, pays, espace européen. Ce qui pourrait apparaître à première vue comme une fragmentation, permet en réalité, tel un kaléidoscope, de recomposer des configurations en désenclavant les phénomènes de rébellions pour leur donner sens et de mettre en lumière la circulation des représentations, des pratiques, des modalités d’action d’un espace et d’une révolte à l’autre. Ainsi se dessinent les processus d’identification et les enjeux identitaires comme les processus d’association et de politisation dans les moments de rupture et de recomposition individuelle et collective. 
Publié sous la direction de Sophie BEROUD, Boris GOBILLE, Abdellali HAJJAT et Michelle ZANCARINI-FOURNEL, avec leurs contributions et celles de Robert FRANK, Marie-Carmen GARCIA, Sophie Body GENDROT, Camille HAMIDI Gérard MAUGER, Foued NASRI Andrea REA, Valérie SALA PALA, Bettina SEVERIN-BARBOUTIE, Anne TATU COLLASSEAU et Gilles VIEILLE MARCHISET

jeudi 7 avril 2011

en ligne: revue Savoir/Agir n° 12, Luttes au travail

Savoir/Agir n° 12




revue Savoir/Agir n° 12, Luttes au travail
 Le dossier : Luttes au travail a été coordonné par Annie Collovald, Nathalie Ethuin et Laurent Willemez.
Éditions du Croquant







Sommaire
Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier

Luttes au travail, coordonné par Annie Collovald, Nathalie Ethuin et Laurent Willemez
Restriction du droit de grève et stratégies syndicales dans les transports publics, par Sophie Béroud et Baptiste Giraud
L’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom : logiques et modes d’action d’une structure originale, par Corinne Delmas, Jean-Robin Merlin
L’intérim en grève : la mobilisation des travailleurs sans papiers intérimaires, par Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin et Lucie Tourette
Quelle syndicalisation des travailleurs de l’intérim ?, par Sébastien Grollier
La toge, la paillasse et le mégaphone, par Bertrand Geay
Luttes de classes, conflits de genre : les ouvrières de Chantelle à Nantes, par Ève Meuret-Campfort

Grand entretien

Reportage en précarité, un entretien avec Florence Aubenas
Paroles
« T’as toujours cette image là qui te retombe sur le dos »
Chronique de la gauche de gauche
Après les régionales, quel Front de gauche ?, par Louis Weber
Alterindicateurs
Les conséquences sociales de la crise mondiale : quelques réflexions à partir de données récentes, par Frédéric Lebaron
Actualité
Une nouvelle méritocratie, par Gérard Mauger
Europe
La grève « européenne » du lait de 2009 : réorganisation des forces syndicales sur fond de forte dérégulation du secteur, par Élise Roullaud
Politiques d’ailleurs
Le Mouvement vert en République islamique d’Iran, par Fariba Adelkhah
Culture
Venise, Biennale 2009, par Éveline Pinto,
Ruban comme le fil du récit, blanc comme un trou de mémoire, « Le ruban blanc », par Renée Falson

[Pour commander la version papier]
 

jeudi 10 juin 2010

Revue Savoir/agir n°12, Luttes au travail


Revue Savoir/agir n°12
Luttes au travail
Éditions du Croquant
2010



Présentation de l'éditeur
« Luttes au travail », s’efforce d’apporter un éclairage original sur les conflits salariaux de l’année 2009. Il ne s’agit pas de braquer les projecteurs sur les stratégies nationales des organisations syndicales, mais de rassembler des textes issus d’enquêtes empiriques, menées dans divers univers professionnels, qui se distinguent tant sur le plan des activités de travail qu’au niveau de la structuration syndicale. C’est donc une logique du zoom qui est privilégiée et non une vue d’ensemble des mobilisations au travail. La focale est centrée sur les protestations liées aux conditions de travail, sur les modes d’action, les ressources qui peuvent favoriser l’action collective ou au contraire les contraintes qui pèsent sur les salariés dans leur entreprise de contestation. Des enquêtes de terrain permettent de nourrir la réflexion politique sur les conditions de possibilité de mobilisations sur des bases professionnelles et sur les raisons de leurs relatifs succès ou échecs. Sans prétendre à l’exhaustivité, il s’agit d’éclairer des processus généraux en partant d’exemples locaux et circonstanciés de luttes menées par des salariés certes différents, mais dont les revendications et parfois les modes d’action sont proches.
Un article de Sophie Béroud et Baptiste Giraud sur le mouvement des transports en commun lyonnais analyse les effets de la loi sur le service minimum.
Corinne Delmas et Jean-Robin Merlin abordent la façon dont SUD-PTT et la CGC ont appréhendé les questions de « souffrance au travail » à France Télécom, en s’appuyant sur une contre-expertise au sein de l’Observatoire du stress et des mobilités forcées.
Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin et Lucie Tourette présentent une partie de l’enquête qu’ils mènent actuellement auprès des travailleurs sans-papiers en lutte.
Sébastien Grollier éclaire la difficile prise en charge des intérimaires par les syndicats.
Bertrand Geay montre à quel point les conditions de travail étaient au cœur des mobilisations des enseignants-chercheurs de 2009.
Enfin, Eve Meuret-Campfort revient sur la grève des ouvrières de Chantelle à Nantes dans les années 1980 en plaçant les questions de genre au centre de ses analyses.

Éditorial
Vers un mouvement social européen ?
Frédéric Lebaron

Dossier
Luttes au travail
Annie Collovald, Nathalie Éthuin, Laurent Willemez

Restriction du droit de grève et stratégies syndicales dans
les transports publics
Sophie Béroud, Baptiste Giraud

L’intérim en grève : La mobilisation des travailleurs sans papiers intérimaires
Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin, Lucie Tourette

Quelle syndicalisation des travailleurs de l’intérim ?
Sébastien Grollier

L’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom : logiques et modes d’action d’une structure originale
Corinne Delmas, Jean-Robin Merlin

Luttes de classes, conflits de genre : les ouvrières de Chantelle à Nantes
Ève Meuret-Campfort

La toge, la paillasse et le mégaphone
Bertrand Geay

Grand entretien avec Florence Aubenas

Reportage en précarité

Paroles
« T’as toujours cette image-là qui te retombe sur le dos »

La rhétorique réactionnaire
Panne civique
Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

Après les régionales, quel Front de gauche ?
Louis Weber

Alterindicateurs
Les conséquences sociales de la crise mondiale : quelques réflexions à partir de données récentes
Frédéric Lebaron

Actualité
Une nouvelle méritocratie
Gérard Mauger

Europe
La grève « européenne » du lait de 2009
Élise Roullaud

Politiques d’ailleurs
Le Mouvement vert en République islamique d’Iran
Fariba Adelkhah

Culture
Venise, Biennale 2009
Éveline Pinto
(La version originale et complète de cet article est disponible sur ce blog Eveline Pinto, Venise, été 2009. En revenant de la Biennale)

Ruban comme le fil du récit, blanc comme un trou de mémoire, « Le ruban blanc »
Renée Falson