Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 12 juin 2013

Champ libre aux sciences sociales, Manifeste. La connaissance libère + Grande soirée le 22 juin 2013 : les sciences sociales en “révoltes !”

Champ libre aux sciences sociales
Manifeste
La connaissance libère
éditions du Croquant/ En coédition avec La Dispute
2013

Présentation de l'éditeur
Les sciences sociales nous sont aujourd’hui plus que jamais nécessaires. Pour comprendre et faire face aux crises économiques, sociales et politiques ; contre l’esprit du temps fait de résignation et de soumission ; ce sont elles qui produisent les diagnostics les plus réalistes, les critiques les plus affûtées, les armes les plus efficaces. C’est pour cela que les idéologues dominants, décideurs et experts partisans du statut quo et de la politique du pire, veulent les faire taire. Les sciences sociales doivent contre-attaquer et s’organiser pour se rendre accessibles et utiles à tous. Il y a urgence à ce que les sciences sociales se manifestent.
Les sciences sociales que nous voulons défendre et promouvoir, dans le prolongement de Marx, Durkheim, Weber, Bourdieu, et bien d’autres, pourfendent les hypocrisies, les mensonges et les violences de sociétés profondément inégalitaires et injustes. Elles sont un formidable moyen pour nous connaître nous-mêmes, nous réapproprier nos expériences, nos histoires et nos luttes, décider et agir ensemble en connaissance de cause, et efficacement. Elles ont fait de leurs laboratoires des salles d’armes, de leurs concepts et de leurs enquêtes des instruments de vérités. Mais aujourd’hui plus que jamais, les sciences sociales doivent s’organiser pour continuer à produire ces outils critiques et les mettre à disposition de tous. Et il y a urgence. Urgence de s’opposer aux arguments d’autorité et au fatalisme. Urgence de résister aux tentatives de mise sous tutelle politique et académique. Urgence de lutter pour l’autonomie des sciences sociales critiques, et de coopérer à sa diffusion auprès de tous.
Champ libre aux sciences sociales (http://www.champlibre.org/ https://www.facebook.com/ChamplibreSciencessociales) est une association Loi 1901 ouverte à tous qui se propose de mettre en réseau, de faire entendre et de mettre à disposition de tous, les travaux des sciences sociales. Elle cherche à constituer des zones libres et des solidarités dans la recherche, l’édition et l’éducation populaire. Elle organise des événements et des coopérations pour que les résultats des sciences sociales soient discutés par le plus grand nombre, et deviennent des armes pour l’émancipation populaire.


Sommaire
Introduction
Les sciences sociales arment la critique
Rien n’est dans la nature des choses : débusquer et critiquer les dominations
Genre et domination masculine
Les « jeunes » des classes populaires : vous avez dit « sauvageons » ?
Comprendre le jeu des mille familles
Déplacer le regard, bouger le curseur
Contre le rapt politique de la question de l’immigration
Tous politiquement égaux ?
Sciences sociales versus néolibéralisme
Les raisons de la colère
Haro sur la recherche et l’enseignement en sciences sociales !
Mise en faillite des universités et stérilisation des sciences sociales
Deux instruments de mise au pas : le financement par projet et l’évaluation permanente
L’insupportable dimension critique des sciences sociales
Censures et déformations
La « révolution conservatrice » dans l’édition
Contraintes et double jeu des médias
Contre-attaque
« Je » n’est pas neutre
Les preuves du terrain
Notre critique scientifique est politique
Un « Nous » de combat

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