Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 6 novembre 2013

Sonya Florey, L'engagement littéraire à l'ère néolibérale

Sonya Florey
L'engagement littéraire à l'ère néolibérale
Préface de Jérôme Meizoz
Septentrion
2013

Présentation de l'éditeur
Après l'ère du soupçon, voici l’ère néolibérale, qui met le monde en coupe réglée, l’organise à sa façon, manage les « ressources humaines » comme elle gère matières premières et sources d’énergie. Face à une telle coercition, que peut la littérature ?
C’était la question de Sartre dans les années cinquante, c’est à nouveau celle des écrivains contemporains. Évocations du monde du travail, romans d’usine et d’entreprise se multiplient sous la plume de François Bon, Didier Daeninckx, Thierry Beinstingel, Nicolas Bourriaud, Lydie Salvayre, Jean-Charles Massera, Michel Houellebecq…
Mais s’agit-il encore d’engagement de la littérature en ce début de XXIe siècle, alors que les idéologies sur lesquelles fonder cet engagement se sont effondrées ? Une œuvre qui parodie le discours néolibéral, qui recourt à la satire ou à l’ironie comme à autant de protestations désenchantées, qui met en scène licenciements et délocalisations sans construire de discours pour en rendre compte, peut-on la dire engagée ?
Par delà la définition sartrienne de l’engagement, cet essai convoque le discours économique et managérial, les théories postmodernes et néolibérales auxquelles s’affronte la littérature actuelle. Il interroge sa manière d’en traiter, ausculte les formes nouvelles inventées à cet effet, et montre comment, entre implication sociale, posture d’auteur et dispositifs inédits, les écrivains inventent les voies d’une nouvelle critique sociale.
Sonya Florey est docteure ès-Lettres de l'Université de Lausanne et enseigne la didactique du français à la Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud. Elle s’intéresse au dialogue entre littérature contemporaine et discours socio-économique, ainsi qu’aux représentations de l’humain dans le monde néolibéral.

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