« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 20 octobre 2022

Les mondes ouvriers : figures de (dé)mobilisations. Pascal Depoorter, Nathalie Frigul, Thomas Venet, Sébastien Vignon (dir.)

 

 

Les mondes ouvriers : 

figures de (dé)mobilisations

Pascal Depoorter

Nathalie Frigul

Thomas Venet

Sébastien Vignon 

(dir.)

Septentrion

Paradoxa

2022



Présentation de l'éditeur

De la fragilisation de la classe ouvrière et de l'affaiblissement des organisations syndicales et politiques qui entendaient parler en son nom, n'en conclut-on pas trop rapidement à la « fin des ouvriers » ? Les conflits sociaux qui surgissent dans les médias à l’aube des années 2000 braquent les projecteurs sur un monde que l’on disait disparu. Quels acteurs se mobilisent ? Quelles alliances sont opérées ? Quels sont leurs modes d’action ? Quelles ressources sont nécessaires ?

Reposant sur des enquêtes réalisées au plus près des réalités vécues des mondes ouvriers et celles et ceux qui en sont issus (agents de la RATP, pompiers), cet ouvrage appréhende des figures de (dé)mobilisations – individuelles et collectives – et restitue des phénomènes visibles et invisibles d’engagement autant dans le rapport au politique que dans d’autres univers sociaux.

 

Sommaire

Préface — L'histoire ouvrière du second Vingtième siècle : trois temps et quelques mouvements ?
Nicolas Hatzfeld

Introduction
Pascal Depoorter, Nathalie Frigul, Thomas Venet et Sébastien Vignon

Première partie — Mobilisations et fermetures

Des actions collectives atypiques. Quand l’activité productive devient la cause à défendre
Matéo Sorin

Crise, mobilisations salariales et judiciarisation des conflits de travail
Pascal Depoorter et Nathalie Frigul

Les verriers de Givors entre l’emploi et la santé : de l’intérêt d’étudier les contradictions de la condition ouvrière
Pascal Marichalar

Les sentinelles : mobilisations sociales et scientifiques pour la santé des travailleurs exposés à la radioactivité
Annie Thébaud-Mony

La documentation des expositions cancérogènes dans les métiers portuaires : histoire d’une mobilisation ouvrière et scientifique
Christophe Coutanceau

Deuxième partie — Transformations économiques et styles de vie

Le refus du travail comme seul accès à l’identité sociale : ouvrier et… ou ouvrier mais
Martin Thibault

Désindustrialisation, employabilité et passage à l’âge adulte de la jeunesse rurale Picarde
Thomas Venet

Rapports à la contrainte budgétaire et rapports au politique. Ce que l’ethnographie économique peut apporter à la sociologie politique
Ana Perrin-Heredia

Troisième partie — Recompositions politiques et engagements

Comment la politique vient aux pompiers ou pourquoi il ne faut pas être (trop) légitimiste en sociologie politique ?
Romain Pudal

Les recompositions du militantisme ouvrier à distance du PCF : réflexions sur la constitution d’un capital culturel à base militante
Julian Mischi

Agir sur la scène intercommunale. La marginalisation politique des maires des catégories populaires dans les mondes ruraux
Sébastien Vignon

Postface — (dé)mobilisations ouvrières
Gérard Mauger

 

 
 
 
 


jeudi 2 mai 2019

Penser les frontières sociales. Enquêtes sur la culture, l'engagement et la politique, Lilian Mathieu & Violaine Roussel (dir.)

Penser les frontières sociales
Enquêtes sur la culture, l'engagement et la politique
Lilian Mathieu & Violaine Roussel (dir.)
PUL
Actions collectives
2019

Présentation de l'éditeur
Si elle a longtemps été l’apanage des géographes et des historiens, la notion de frontière cristallise depuis plusieurs années un intérêt croissant au sein des sciences sociales, au point d’avoir désormais conquis le statut de concept sociologique.
Qu’est-ce qui se joue à la frontière entre espaces sociaux, mondes professionnels et jeux institutionnels ? Comment les spécialistes d’un espace d’activité traversent-ils les frontières sociales pour intervenir dans un autre espace, à quelles conditions, à quel prix, avec quels bénéfices ? Comment s’articulent la matérialité des lignes de démarcation et leur réalité symbolique dans les perceptions et les représentations des intéressés ?
Sur la base d’enquêtes empiriques menées sur une diversité de terrains, ce livre s’empare de la question classique des divisions des sociétés différenciées pour l’éclairer sous un jour nouveau. Les rapports entre logiques professionnelles, tout particulièrement au sein des mondes de l’art et de la culture, et les formes d’engagement civique ou politique sont au cœur de cette exploration.
Lilian Mathieu est sociologue, directeur de recherche au CNRS (Centre Max-Weber, ENS de Lyon). Spécialiste de la politique contestataire, il a notamment publié La Démocratie protestataire (Presses de Sciences Po, 2011) et L’Espace des mouvements sociaux (Le Croquant, 2012). Il a également coordonné l’ouvrage du Collectif de la Grande Côte : Lyon en luttes dans les années 68 (Presses universitaires de Lyon, 2018).
Violaine Roussel est professeure de sociologie à l’Université Paris 8-Saint-Denis, membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA, UMR 7217) et professeure associée à l’Université de Californie du Sud. Elle est l’auteure de diverses publications, dont Art versus War : les artistes américains contre la guerre en Irak (Presses de Sciences Po, 2011), How to Do Politics with Art (codirigé avec Anurima Banerji, Routledge, 2016) et Representing Talent: Hollywood Agents and the Making of Movies (University of Chicago Press, 2017).



jeudi 7 mars 2019

vidéo: Sylvain Laurens présente son livre Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)



Copyright : © EHESS / 2018 Canal U



Sylvain Laurens
Militer pour la science
Les mouvements rationalistes en France
(1930-2005)
Ehess
En temps & lieux
2019 

Présentation de l'éditeur
Certains savants voient la science comme une histoire qui s'arrête aux portes des laboratoires. D'autres passent journées et soirées à promouvoir auprès des citoyens l'« esprit scientifique », considérant que la science n'est pas seulement une profession mais le pilier d'un espace public reposant sur la vérité. Cet ouvrage propose une socio-histoire des organisations rationalistes françaises depuis les années 1930. Il analyse l'engagement en politique de savants ou de citoyens ordinaires au nom de la raison. À partir d'archives de l'Union rationaliste, de l'Association française pour l'Information scientifique et de l'analyse de la production des Cercles Zététiques, cet ouvrage entend rendre compte des conditions de possibilité d'un engagement public au nom de la science. Même si les organisations rationalistes décrites dans cet ouvrage semblent rarement dépasser le millier d'adhérents, elles constituent un objet sociologique qui permet de poser des questions inversement plus larges que celles que leur taille ou leur relative confidentialité pourraient laisser supposer. Elles donnent à voir sous quelles conditions et par quels processus la « vérité » ou la « défense de la science » peuvent être durablement érigées en argument politique et mobilisées dans l'espace public par les amateurs de science ou par les savants eux-mêmes. 
Sylvain Laurens est maître de conférences à l’EHESS et chercheur au laboratoire CESSP. Ses recherches actuelles se situent au croisement d’une sociologie des élites et de la sociologie des groupes d’intérêts. Il a notamment publié Une politisation feutrée. Hauts fonctionnaires et immigration en France (Belin, 2009) et Les courtiers du capitalisme. Bureaucrates et milieux d’affaires à Bruxelles (Agone, 2015).




jeudi 4 octobre 2018

Tristan Leperlier, Algérie, les écrivains de la décennie noire


Tristan Leperlier
Algérie, 
les écrivains de la décennie noire
CNRS
Culture & Société
2018


Présentation de l'éditeur
Il y a trente ans, en octobre 1988, le monde arabe connaissait son premier « Printemps » en Algérie, suivi d’une guerre civile d’une rare violence qui saigna le pays, par l’assassinat ou par l’exil, d’une grande partie de son intelligentsia. L’une des premières victimes, le poète et journaliste de langue française Tahar Djaout tomba, en 1993, sous les balles de djihadistes islamistes.
Entre études littéraires et sociologie des intellectuels, ce livre montre les conséquences de cette crise politique sur les écrivains algériens. Cette guerre civile a-t-elle été une guerre des langues, opposant anti-islamistes francophones soutenus par la France, et pro-islamistes arabophones, choc de civilisations qu’un certain discours de l’époque s’est plu à diffuser ? Il est vrai que l’ancienne puissance coloniale est redevenue à l’occasion de cette « décennie noire » un espace central pour l’exil, le débat politique, et la reconnaissance littéraire des Algériens. C’est plus largement la place de ces écrivains dans les sociétés algérienne et française qui est interrogée.
Exceptionnelle par l’ampleur et la diversité de ses sources, cette étude s’adresse aux lecteurs curieux de découvrir une littérature à la fois si proche et lointaine (de langue française ou arabe : Rachid Boudjedra, Mohammed Dib, Assia Djebar, Tahar Ouettar…) ; et qu’intéressent les enjeux particulièrement actuels de l’engagement politique en période de censure religieuse, de migrations intellectuelles, et d’identités postcoloniales à l’heure de la mondialisation.

Normalien et docteur en sociologie et littérature, Tristan Leperlier est chercheur associé au Centre européen de sociologie et de science politique (EHESS-CNRS) et au laboratoire Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris III-CNRS).

mardi 18 septembre 2018

audio: Gisèle Sapiro, Les Ecrivains et la politique en France. De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie




audio: Gisèle Sapiro, Les Ecrivains et la politique en France. De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie

Écrivains et politique : du prophétisme à l'expertise
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 22/09/2018

Entre œuvre et histoire, les lieux d'écrivains (2/4)Entre littérature et politique, les écrivains d’extrême-droite, des années 1930 à l’épuration
avec Anne Simonin
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin,  le 18/09/2018

Écrivains et politique, un compagnonnage ambigu
Politique ! par Hervé Gardette, le   08/09/2018
Gisèle Sapiro
Les Ecrivains et la politique en France  
De l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie 
Seuil
2018 
Présentation de l'éditeur
De l’affaire Deyfus à la fin des années 1960, on ne compte plus les écrivains qui ont incarné en France la figure de l’« intellectuel », celui qui s’engage dans la cité en mobilisant son pouvoir symbolique.
On pense tout de suite à Zola. Mais aussi à Aragon, à Malraux, à Sartre, à Simone de Beauvoir, et à tant d’autres. Autrement dit, d’abord aux écrivains de gauche ou, à tout le moins, réputés « progressistes ». Cependant, si Malraux fut le premier ministre de la Culture français, et si le modèle sartrien de l’engagement a connu une diffusion mondiale, il ne faudrait pas oublier pour autant ceux qui, au nom de leur engagement à droite, se sont illustrés dans les années sombres de notre histoire : Maurras, Brasillach, Rebatet, Drieu la Rochelle, Céline. Le regain d’intérêt pour leurs écrits les plus virulents dans un contexte de montée de l’extrême droite et de la xénophobie nous invite au contraire à un retour sur l’histoire de leurs engagements.
De fait, toutes les représentations étudiées dans ce livre demeurent profondément ancrées dans notre culture politique et ont même connu un regain d’actualité depuis les années 1990, qu’il s’agisse des catégories de droite et de gauche (malgré les tentatives de nier leur validité), du débat Orient/Occident (le « choc des civilisations »), ou encore des affrontements politiques autour de l’« identité nationale ». Elles constituent le vivier auquel puisent les intellectuels, les prophètes et les idéologues d’aujourd’hui, comme en témoigne l’épilogue de ce livre.
D’où la nécessité d’en revisiter l’histoire et d’en comprendre les ressorts culturels et professionnels, comme nous le propose cet essai documenté et profondément neuf, qui interroge aussi les formes de l’engagement.
Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS. Auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999), de La Responsabilité de l’écrivain (Seuil, 2011) et de La Sociologie de la littérature (La Découverte, 2014), elle a dirigé Translatio. Le marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation (2008), L’Espace intellectuel en Europe (2009) et Profession ? Écrivain (2017).

lundi 9 juillet 2018

audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise




audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise
Paroles d'histoire par André Loez, 20.06.2018


Ingrid Hayes
Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980
Les voix de la crise
Presses de Sciences Po
Académique 
2018

Présentation de l'éditeur
Le 17 mars 1979, Radio Lorraine cœur d'acier, « radio de lutte » de la CGT, émet pour la première fois, au vu et au su de tous mais en totale illégalité, depuis l’ancien hôtel de ville de Longwy, à l’aide d’une antenne fixée sur le toit de l’église. Au plus fort des mobilisations contre le démantèlement de la sidérurgie, s’y retrouvent syndicalistes, ouvriers, femmes de sidérurgistes, commerçants, immigrés, enseignants, journalistes et artistes venus de Paris. Jusqu’à ce que la CGT mette un terme brutal à l’aventure, quinze mois plus tard.
En s’ouvrant à la société locale, à ses valeurs, ses doutes, ses tensions et ses contradictions, la radio déborde largement du cadre de références cégétistes que le syndicat souhaite diffuser. Elle saisit sur le vif l’ordinaire des rapports sociaux et des modes de domination, qu’ils soient culturels, de genre ou de nationalité.
Témoignage rarissime d’une parole chichement consignée par l’histoire, ce livre singulier puise au fonds volumineux, et inexploité à ce jour, des émissions de « LCA ». Il fait revivre un temps fort de ce territoire ouvrier, un temps où se jouent des formes d'émancipation individuelle et collective, alors que brûlent les derniers feux des années 68.

Ingrid Hayes est maîtresse de conférences en histoire à l'Université de paris Nanterre.


mardi 30 janvier 2018

vidéo: Gisèle Sapiro présente Los intelectuales: profesionalización, politización, internacionalización



Gisèle Sapiro
Los intelectuales: 
profesionalización, politización, internacionalización
Traducción: Alejandro Dujovne
Eduvim
Entreculturas
2017


Présentation de l'éditeur
Si el programa de investigación sociológico trazado por Pierre Bourdieu renovó los modos de pensar los intelectuales, la circulación de las ideas y, de modo más general, las relaciones entre política y cultura, la obra de Gisèle Sapiro lleva ese programa a una escala transnacional y lo expande hacia nuevos temas. Los trabajos de investigación reunidos en este libro presentan un desarrollo histórico de la categoría y el papel de los intelectuales a escala global y europea, a partir del proceso de profesionalización y las consiguientes tensiones entre mercado, Estado y política.
Efecto de sus investigaciones y de su reconocimiento dentro y fuera del mundo académico, la presencia de Gisèle Sapiro es cada vez más requerida en la discusión pública y en el diseño y evaluación de políticas culturales. Sin embargo, su obra permanecía hasta ahora escasamente traducida al español. Este libro constituye por tanto un aporte de primera línea a la circulación y el conocimiento de su producción intelectual en el ámbito de habla hispana.
Gisèle Sapiro es directora de investigaciones del Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) y directora de estudios en la École des Hautes Études en Sciences Sociales. Su destacada carrera fue reconocida con la Medalla de Bronce del CNRS (2000), el ingreso a la Academia Europae (desde 2015) y la condecoración con la Legión de Honor del gobierno francés en 2016. Entre muchos cargos de gestión, se destaca la función como directora del Centre Européen de Sociologie et de Sciences Politiques (CESSP – 2010 – 2013).


dimanche 28 janvier 2018

audio: Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires


audio: Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 27.01.2018

Boris Gobille
Le Mai 68 des écrivains 
Crise politique et avant-gardes litteraires
CNRS
Culture & Société
2018

Présentation de l'éditeur
Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d’ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu’« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d’avant-garde, de rester à l’écart de ce grand ébranlement de l’ordre symbolique…
C’est à ces avant-gardes littéraires qu’est consacrée l’étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »… Autant d’enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l’engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d’autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s’emparer de 68 et 68 s’emparer des écrivains.

Spécialiste de Mai 68, des crises politiques et de l’engagement des intellectuels, Boris Gobille est maître de conférences de science politique à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au laboratoire Triangle.

vendredi 12 janvier 2018

Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires

Boris Gobille
Le Mai 68 des écrivains 
Crise politique et avant-gardes litteraires
CNRS
Culture & Société
2018

Présentation de l'éditeur
Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d’ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu’« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d’avant-garde, de rester à l’écart de ce grand ébranlement de l’ordre symbolique…
C’est à ces avant-gardes littéraires qu’est consacrée l’étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »… Autant d’enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l’engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d’autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s’emparer de 68 et 68 s’emparer des écrivains.

Spécialiste de Mai 68, des crises politiques et de l’engagement des intellectuels, Boris Gobille est maître de conférences de science politique à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au laboratoire Triangle.

mercredi 7 juin 2017

L'islam et la cité. Engagements musulmans dans les quartiers populaires, Julien Talpin, Julien O'Miel, Frank Frégosi (dir.)

L'islam et la cité
Engagements musulmans dans les quartiers populaires
Julien Talpin, Julien O'Miel, Frank Frégosi (dir.)
P.U.du Septentrion
Espaces politiques
2017

Présentation de l'éditeur
L'islam constitue aujourd’hui un objet conflictuel dans le champ politique français. Il serait vecteur de repli sur soi ou l’objet d’instrumentalisations politiques. Pourtant, à distance des discours globalisants présents dans l’espace public et médiatique, ce livre entend démontrer que cette religion peut constituer une ressource dans la mobilisation d’acteurs que tout prédisposait à l’apathie, dans un contexte où la laïcité contraint les formes d’engagement s’appuyant sur l’expérience religieuse. Il vise tout particulièrement à défaire les analyses qui feraient agir la « communauté musulmane » comme un seul et même groupe social homogène. En suivant les acteurs au plus près dans différents quartiers populaires, ce livre restitue les contraintes très fortes qui pèsent sur l’action collective des groupes minoritaires. À rebours d’une lecture qui n’y verrait que des revendications « communautaristes », cet ouvrage démontre que les engagements inspirés de l’islam recherchent avant toute chose l’égalité.


jeudi 23 mars 2017

écouter: Les artistes sont-ils des intellectuels? Rencontre avec Laurent Jeanpierre et Christophe Charle

écouter: Les artistes sont-ils des intellectuels?

Rencontre avec Laurent Jeanpierre et Christophe Charle

animé par Géraldine Mosna-Savoye (productrice déléguée des Chemins de la philosophie sur France Culture)
La Marche des idées 

Odéon 6e , 02 Mars 2017


 
 

mardi 3 janvier 2017

Savoir/Agir, 38, Des alternatives à géométrie variable

Savoir/Agir, 38, décembre 2016, Des alternatives à géométrie variable
éditions du Croquant 

Présentation de l'éditeur
dossier coordonné par Jean-Baptiste Comby
Dans la lignée de nombreuses productions culturelles, le récent succès du film Demain a été perçu comme un indice fort de l’attrait grandissant pour des manières d’être, de faire et de s’organiser empruntant des chemins de traverses et dérogeant aux attendus de l’ordre établi. Cette adhésion croissante à « l’alternative » comme catégorie d’action militante résulte de logiques matérielles et symboliques que les sciences sociales mettent peu à peu au jour. En proposant un aperçu de ces recherches aux confins de la sociologie de l’engagement politique, du travail ou des modes de vie, ce dossier aide à saisir les ressorts collectifs et subjectifs de ces mobilisations qui revendiquent en expérimentant. Deux articles adoptent une approche relationnelle pour observer comment se structure un espace social des alternatives d’une part, et un sous-champ des médias alternatifs d’autre part. A sa façon, chacun de ces espaces révèle des recompositions à l’œuvre au sein des fractions culturelles et économiques de la petite bourgeoisie. Deux autres textes resserrent la focale sur l’agriculture biologique. Le premier montre que les mobiles de l’entrée en agriculture non conventionnelle ne sont pas toujours politiques et tiennent à la position sociale occupée avant la réorientation. C’est encore à partir du poids des socialisations que le second texte rend cette-fois compte des coûts différenciés du maintien dans les alternatives agricoles. Pour mettre politiquement en perspective ces quatre articles, deux autres rendent compte d’engagements plus radicaux. Un texte revient ainsi sur le rapport de l’avant-garde situationniste avec les classes populaires. Il souligne son ambivalence et les difficultés des projets de transformation sociale à penser stratégiquement « le peuple ». Or les collectifs révolutionnaires contemporains se donnent souvent comme objectif de développer des leviers de politisation efficaces au sein des classes populaires. Un sixième article s’appuie ainsi sur l’ethnographie d’un lieu d’aide aux démunis animé par des militants dits « autonomes », pour montrer comment en favorisant la mise en suspens du sens pratique, ils peuvent oeuvrer à la politisation des participants aux ateliers. Enfin, un entretien réalisé avec le collectif Mauvaise Troupe sur la zad de Notre-Dame-des-Landes ouvre des pistes fécondes pour comprendre à quelles conditions les « alternatives » peuvent être porteuses de transformation sociale. En effet, au terme de ces sept contributions illustrant la géométrie sociopolitique variable des mouvements « alternatifs », il apparaît que leur articulation avec des projets politiques radicaux, bien qu’elle soit probablement la condition de leur extension, n’aille pas toujours de soi, n’en déplaise à leurs détracteurs comme à leurs promoteurs.

lundi 26 septembre 2016

Aux frontières du football et du politique. Supportérismes et engagement militant dans l'espace public, Thomas Busset and William Gasparini (éds)

Aux frontières du football et du politique
Supportérismes et engagement militant dans l'espace public
Thomas Busset and William Gasparini (éds)
Peter Lang
Savoirs sportifs 
2016

Présentation de l'éditeur
Fruit d’un colloque international qui s’est tenu en septembre 2015 à l’Université de Neuchâtel, cet ouvrage analyse le supportérisme comme pratique militante. Les contributions portent notamment sur le Brésil, l’Egypte, la France, la Russie, la Turquie et l’Ukraine. Mais au-delà de l’aire géographique ou culturelle, il s’agit de comprendre les ressorts de l’extension du supportérisme dans l’espace public et les liens que les supporters entretiennent avec d’autres formes de mobilisations ou d’actions collectives. L’interrogation dépasse le cadre restreint du stade en cherchant à comprendre comment des individus et des groupes qui consacrent une part importante de leur temps au soutien d’une équipe de football en viennent à défendre des causes politiques. Cet ouvrage constitue ainsi une nouvelle étape dans la construction d’une sociologie des pratiques européennes et transnationales du supportérisme.

mardi 7 juin 2016

vidéo: L'esprit d'insoumission : hier, aujourd'hui. Autour de Dionys Mascolo (avec Gisèle Sapiro, Leyla Dakhli, Dominique Cardon et Edgar Morin)

La figure de Dionys Mascolo 
et les nouvelles formes de la contestation
avec Gisèle Sapiro, Leyla Dakhli, Dominique Cardon et Edgar Morin
animé par Jean-Pierre Saez, 02.05.2016

L'esprit d'insoumission : hier, aujourd'hui

Autour de Dionys Mascolo

Rencontre organisée par la Bpi et l'Observatoire des politiques culturelles dans le cadre du festival Hors-Pistes: l'art de la révolte

samedi 4 avril 2015

vidéo: La responsabilité de l’écrivain aujourd’hui. Rencontre avec Erri de Luca, autour de son livre ​La Parole contraire, animée par Gisèle Sapiro


La responsabilité de l’écrivain aujourd’hui.  
Rencontre avec Erri de Luca, autour de son livre ​La Parole contraire (Gallimard, 2014), animée par Gisèle Sapiro (directrice d’études à l’EHESS)
EHESS, 12 janvier 2015

Les rendez-vous littéraires de l’EHESS –  Écrire le monde, réfléchir l’écriture
en partenariat avec le Labex TEPSIS et la Maison de la Poésie.
Cette rencontre a été organisée avec le concours des Éditions Gallimard et parrainée par La Nouvelle Quinzaine littéraire et la librairie Tschann.
 © Direction de l'image et de l'audiovisuel de l'EHESS / 2015, Canal-U

mercredi 11 février 2015

Pré-programme du Festival Raisons d’agir 2015 : « Jeunesses. ‘No Future ?’» (Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015)

Festival Raisons d’agir 2015 : Jeunesses. ‘No Future ?
Espace Mendès-France, Poitiers
Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015

Pré-programme
Etre jeune aujourd’hui… Quoi de commun entre l’apprenti/e, déjà au travail, et l’étudiant/e des grandes écoles, promis/e au meilleur avenir ? Quelles rencontres imaginer entre les « galériens » des « quartiers » qui résistent comme ils le peuvent à la relégation et celles et ceux qui inventent de nouvelles manières de vivre dans le bout de campagne où ils ont trouvé refuge ? Quelle unité possible entre les convertis aux nouveaux fantasmes de la radicalité religieuse et celles et ceux qui s’efforcent de gagner pas à pas leur propre émancipation, sociale, sexuelle ou politique ?
Il y a pourtant quelques questions qui se posent à tous ceux qui, comme on dit, entrent aujourd’hui dans la vie. Ce que leur promettent les générations en place, c’est toujours plus d’attente, toujours plus de menaces, toujours plus de risques. Ce que leur ont déjà offert les institutions qui ont accompagné leur enfance et leur adolescence, ce sont des diplômes au rendement incertain, un monde économique livré au consumérisme, une politique habitée par la désespérance.
Et puis il y a le regard des presque déjà vieux, souvent condescendant ou un peu nostalgique, forcément nostalgique. De leur temps, on ne se complaisait pas « chez papa et maman » jusqu’à pas d’âge, on savait s’engager pour la vie ou on savait se révolter – selon, bien-sûr, la lucarne d’où les observent les presque déjà vieux. Conflit de génération ? Même pas. Mais distances, ruptures, malentendus.
Il y a pourtant beaucoup à apprendre des façons dont chacun fait ou a fait sa jeunesse. On gagne à comparer les expériences, à transmettre ce qui peut l’être, à réinventer ce qui doit l’être. Sous réserve que chacun prenne la parole et fasse le récit de sa propre existence et de ce qui compte pour lui. A la condition, aussi, que l’on soit attentif à tout le nuancier des mondes d’avant et à ce qui se vit aujourd’hui, dans les nouvelles façons de vivre le travail, les études, la famille, le sens de la justice, l’espoir de la transformation sociale.
La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes, la sensibilité des artistes.

Avec :
  • Marsu (ex-manager des ‘Bérurier noir’)
  • Des jeunes engagés dans la musique, l’éducation populaire, les ZAD ou le militantisme politique.
  • Rémi Douat, producteur délégué de l’émission «Les Pieds sur Terre» sur France Culture.
  • Des projections de films : «Pascaline et Klara», «On n’est pas des marques de vélo».
  • Les chercheurs Romuald Bodin, Aurélien Casta, Henri Eckert, Sophie Orange, Julie Pagis, Camille Peugny, Nicolas Rénahy,…
  • Une expo sur les fanzines.
  • Une promenade sociologique.
  • Des travaux d’enquête réalisés par des étudiants.
  • Et une soirée-concert !
Programme en cours de finalisation.


(source: Festival Raisons d'agir)

mercredi 6 novembre 2013

Sonya Florey, L'engagement littéraire à l'ère néolibérale

Sonya Florey
L'engagement littéraire à l'ère néolibérale
Préface de Jérôme Meizoz
Septentrion
2013

Présentation de l'éditeur
Après l'ère du soupçon, voici l’ère néolibérale, qui met le monde en coupe réglée, l’organise à sa façon, manage les « ressources humaines » comme elle gère matières premières et sources d’énergie. Face à une telle coercition, que peut la littérature ?
C’était la question de Sartre dans les années cinquante, c’est à nouveau celle des écrivains contemporains. Évocations du monde du travail, romans d’usine et d’entreprise se multiplient sous la plume de François Bon, Didier Daeninckx, Thierry Beinstingel, Nicolas Bourriaud, Lydie Salvayre, Jean-Charles Massera, Michel Houellebecq…
Mais s’agit-il encore d’engagement de la littérature en ce début de XXIe siècle, alors que les idéologies sur lesquelles fonder cet engagement se sont effondrées ? Une œuvre qui parodie le discours néolibéral, qui recourt à la satire ou à l’ironie comme à autant de protestations désenchantées, qui met en scène licenciements et délocalisations sans construire de discours pour en rendre compte, peut-on la dire engagée ?
Par delà la définition sartrienne de l’engagement, cet essai convoque le discours économique et managérial, les théories postmodernes et néolibérales auxquelles s’affronte la littérature actuelle. Il interroge sa manière d’en traiter, ausculte les formes nouvelles inventées à cet effet, et montre comment, entre implication sociale, posture d’auteur et dispositifs inédits, les écrivains inventent les voies d’une nouvelle critique sociale.
Sonya Florey est docteure ès-Lettres de l'Université de Lausanne et enseigne la didactique du français à la Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud. Elle s’intéresse au dialogue entre littérature contemporaine et discours socio-économique, ainsi qu’aux représentations de l’humain dans le monde néolibéral.