Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 18 juillet 2014

David Gouard, La banlieue rouge. Ceux qui restent et ce qui change

David Gouard
La banlieue rouge
Ceux qui restent et ce qui change
Préface de Bernard Pudal
Le bord de l'eau
2014

Présentation de l'éditeur
Territoire originel de conquête de ce qui allait progressivement former la « banlieue rouge », Ivry-sur-Seine a longtemps été considérée comme l’archétype du bastion ouvriero-communiste. Les cités Maurice Thorez et Youri Gagarine s’affirmaient alors comme les meilleures vitrines de cette suprématie politique. La désindustrialisation des années 1960 et 1970 a fait entrer ce territoire dans une nouvelle ère, rendant de plus en plus incertaine l’affiliation sociopolitique favorable aux représentants communistes à mesure que se renouvellent les différentes générations d’électeurs.
De nos jours, si le fait communiste s’est largement émoussé dans un quartier populaire comme le quartier Youri Gagarine il est en revanche parvenu à trouver un second souffle dans le quartier du centre-ville dont participe la cité Maurice Thorez, là où les familles les plus proches du pouvoir politique local aident au maintien d’une certaine autorité communiste. En même temps qu’elle s’est rétrécie l’assise électorale du PCF s’est donc déplacée tant spatialement que sociologiquement.
Cette enquête propose un renouvellement des monographies classiques sur le communisme municipal. En mobilisant des matériaux quantitatifs relatifs aux différents scrutins et plusieurs histoires de vie significatives des différents âges de la « banlieue rouge », ce récit s’attache à retracer avec finesse les trajectoires sociodémographiques contrastées de ces deux anciens quartiers ouvriers.
L'auteur donne à voir les logiques contemporaines d’éclatement de la légitimité communiste au travers desquelles les appartenances familiales peuvent aussi bien prendre la voie de la continuité que celle de la contestation.
David Gouard est docteur en science politique à l'Institut des Sciences Sociales du Politiques à Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Son étude a reçu le Prix de thèse de l’Université Montpellier 1 en 2012 et le second Prix de thèse du Conseil Général du Val-de-Marne en 2013.

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