« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 24 septembre 2015

écouter: Fabien Truong, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue


écouter: Fabien Truong, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue
Permis de penser par Laure Adler, 05.09.2015

Fabien Truong
Jeunesses françaises 
Bac + 5 made in banlieue 
La Découverte
L'envers des faits
2015 

Présentation de l'éditeur
Ancien prof de lycée dans le « 9-3 » devenu sociologue, Fabien Truong a pendant dix ans – des émeutes de 2005 aux attentats de janvier 2015 – suivi et accompagné une vingtaine d’anciens élèves, du bac jusqu’à la fin de leurs études. Tour à tour prof, enquêteur, témoin, conseiller et confident, il dresse ici le portrait tout en finesse d’une certaine jeunesse française, celle des banlieues populaires issues de l’immigration.
Loin des clichés médiatiques, du fatalisme politique ambiant et des prophéties catastrophistes de la « désintégration sociale », ce livre observe la dilution quotidienne de cette jeunesse dans la société française. De la fac aux grandes écoles, en passant par les cycles plus courts, ces jeunes incarnent la face cachée d’une passion nationale : sortir de sa condition par l’école. Confrontés au stigmate des origines, à l’impératif de rentabilité assigné aux études longues et à la précarité massive, ils mènent un combat ordinaire pour gagner l’estime de soi et apprendre à naviguer entre les multiples frontières du monde social.
En offrant une véritable plongée dans l’intimité de ces jeunes étudiants en quête d’échappée, ce livre peut se lire aussi comme un récit initiatique, déroulant dans le temps long leurs rêves d’ascension sociale, leurs questionnements identitaires, les peines et les joies de l’apprentissage intellectuel, leur rapport à la religion ou leurs histoires d’amour. Car, dans ces territoires de la République, rien n’est jamais gagné ni perdu d’avance. 
Fabien Truong est professeur agrégé au département de sociologie de l’université Paris-8. Il est l’auteur de Des capuches et des hommes. Trajectoires de « jeunes de banlieue »(Buchet-Chastel, 2013), lauréat du prix de l’Écrit social 2014.

vendredi 18 juillet 2014

David Gouard, La banlieue rouge. Ceux qui restent et ce qui change

David Gouard
La banlieue rouge
Ceux qui restent et ce qui change
Préface de Bernard Pudal
Le bord de l'eau
2014

Présentation de l'éditeur
Territoire originel de conquête de ce qui allait progressivement former la « banlieue rouge », Ivry-sur-Seine a longtemps été considérée comme l’archétype du bastion ouvriero-communiste. Les cités Maurice Thorez et Youri Gagarine s’affirmaient alors comme les meilleures vitrines de cette suprématie politique. La désindustrialisation des années 1960 et 1970 a fait entrer ce territoire dans une nouvelle ère, rendant de plus en plus incertaine l’affiliation sociopolitique favorable aux représentants communistes à mesure que se renouvellent les différentes générations d’électeurs.
De nos jours, si le fait communiste s’est largement émoussé dans un quartier populaire comme le quartier Youri Gagarine il est en revanche parvenu à trouver un second souffle dans le quartier du centre-ville dont participe la cité Maurice Thorez, là où les familles les plus proches du pouvoir politique local aident au maintien d’une certaine autorité communiste. En même temps qu’elle s’est rétrécie l’assise électorale du PCF s’est donc déplacée tant spatialement que sociologiquement.
Cette enquête propose un renouvellement des monographies classiques sur le communisme municipal. En mobilisant des matériaux quantitatifs relatifs aux différents scrutins et plusieurs histoires de vie significatives des différents âges de la « banlieue rouge », ce récit s’attache à retracer avec finesse les trajectoires sociodémographiques contrastées de ces deux anciens quartiers ouvriers.
L'auteur donne à voir les logiques contemporaines d’éclatement de la légitimité communiste au travers desquelles les appartenances familiales peuvent aussi bien prendre la voie de la continuité que celle de la contestation.
David Gouard est docteur en science politique à l'Institut des Sciences Sociales du Politiques à Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Son étude a reçu le Prix de thèse de l’Université Montpellier 1 en 2012 et le second Prix de thèse du Conseil Général du Val-de-Marne en 2013.

dimanche 20 octobre 2013

en poche: Julie Sedel, Les médias et la banlieue (Nouvelle édition augmentée)

Julie Sedel
Les médias et la banlieue
Nouvelle édition augmentée
Préface de Gérard Mauger
Postface de Patrick Champagne
Le Bord de l'eau/Ina
2013

Présentation de l'éditeur
Quel rôle les journalistes jouent-ils dans la mise sur agenda des problèmes publics ? A travers l'exemple du " problème des banlieues ", ce livre se propose d'y répondre. Après avoir présenté, sur la base de recherches dans les archives audiovisuelles et écrites, l'évolution des visions journalistiques et politiques des grands ensembles d'habitat social de la périphérie des villes, des années 1960 à 2000, l'ouvrage laisse place à l'enquête sociologique.
Menée dans deux grands ensembles de banlieue parisienne et dans les rédactions, auprès des journalistes préposés aux sujets " banlieues ", elle montre que la construction de ces espaces urbains et de leurs habitants comme " problème social " tient tout à la fois aux caractéristiques de ces univers, aux logiques de fonctionnement journalistique, ainsi qu'à la façon dont les acteurs engagés autour du " problème " (ministères, responsables politiques, élus locaux, travailleurs sociaux, habitants...) tentent de peser sur l'événement.
Depuis les années 1980, les quartiers HLM comme le champ journalistique ont connu des transformations majeures : dégradation des conditions de vie, affirmation des logiques de défense du territoire et de l'honneur ; montée des logiques commerciales, promotion d'un journalisme " professionnel " sur un journalisme plus engagé et/ou spécialisé. Parallèlement, la multiplication de reportages jugés stigmatisant, a conduit des mairies, des associations à mettre en place des " spécialistes de la dramatisation " chargés de produire une certaine représentation, publique, de ces quartiers.
Pointant les limites (et les impensés) de ces luttes symboliques, le livre souligne la difficulté pour les groupes dominés d'infléchir le cours des représentations.  
Julie Sedel est maîtresse de conférences à l'Université de Strasbourg, en sociologie et en science politique. Ce livre est issu de sa thèse de sociologie soutenue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris). Elle a travaillé sur les transformations du journalisme, à partir d'une ethnographie dans un grand quotidien national, sur la féminisation du métier, sur la participation des citoyens " ordinaires " à la production de l'information au prisme d'un blog dédié " à la banlieue ".