Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mercredi 20 janvier 2016

Maurice Halbwachs, Keynes, abstraction et expérience. Sur la Théorie générale

Maurice Halbwachs
Keynes, abstraction et expérience 
Sur la Théorie générale
Edition de Gilles Montigny
Rue d'Ulm 
Figures normaliennes
2016

Présentation de l'éditeur
À la fin des années 1930, le sociologue français Maurice Halbwachs publie plusieurs textes consacrés à la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) de l’économiste britannique John Maynard Keynes, l’un des ouvrages phares du XXe siècle. Demeurés jusqu’à présent très confidentiels, ils possèdent une étonnante valeur didactique et permettent d’accéder rapidement au cœur de l’analyse keynésienne. Ils portent aussi un regard critique sur une économie politique trop souvent abstraite. Au final, c’est une remarquable leçon d’interdisciplinarité que nous délivre celui qui fut l’un des proches disciples d’Émile Durkheim et qui est surtout connu pour ses travaux sur la mémoire collective et les classes sociales.  
Désormais reconnu comme figure de premier plan de la sociologie française de la première moitié du XXe siècle, Maurice HALBWACHS (1877-1945) a laissé une œuvre d’une grande richesse, allant de l’étude de la morphologie sociale à celle de la psychologie collective et portant sur la consommation, les classes sociales, la mémoire des groupes et des sociétés, le suicide, la vie urbaine, la religion et la démographie. Elle contient aussi de nombreux écrits méthodologiques consacrés aux problèmes de quantification en sciences sociales. Inspiré par François Simiand (1873-1935), Halbwachs a en outre porté un regard critique sur l’économie politique telle qu’elle a été longtemps pratiquée – de là, entre autres, les écrits sur Keynes ici rassemblés.
Sans que ses idées fassent consensus, John MAYNARD KEYNES (1883-1946) est considéré comme l’économiste le plus important du XXe siècle. S’opposant à l’orthodoxie libérale, ses réflexions, exposées notamment dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), ont profondément influencé la pensée économique moderne. Elles ont montré les limites des raisonnements classiques et néoclassiques, proposé une nouvelle approche du problème du chômage, renouvelé la théorie monétaire, ouvert la voie à l’analyse macroéconomique. Keynes a aussi pris part à de grands débats politico-économiques, tels ceux portant sur les réparations de guerre en 1919 ou la reconstitution d’un système monétaire international en 1944.
Gilles MONTIGNY est ancien élève de l’École normale supérieure de Cachan, agrégé et docteur en sciences sociales, chercheur associé à l’École des hautes études en sciences sociales. Il s’est attaché, tant dans ses enseignements que dans ses travaux de recherche, à développer une approche réellement interdisciplinaire des objets étudiés ; cela l’a amené à confronter sciences économiques, sociologie, géographie, statistique sociale, études urbaines. Il s’intéresse particulièrement aux auteurs qui, tel Halbwachs, ont refusé des spécialisations trop étroites et insufflé un esprit d’ouverture aux sciences sociales.
 

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