Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 22 juillet 2016

David Pontille, Signer ensemble. Contribution et évaluation en sciences

David Pontille
Signer ensemble
Contribution et évaluation en sciences 
Economica 
Etudes sociologiques 
2016

Présentation de l'éditeur
L'activité scientifique est traversée d'une tension fondamentale entre les formes organisationnelles du travail collaboratif et les politiques d'évaluation qui consacrent des génies individuels. Cette tension relance régulièrement les débats autour de la signature des articles scientifiques et alimente, depuis les années 1950, la production d'outils nouveaux destinés à recomposer les modes d'attribution des productions scientifiques, dès lors que leurs acteurs sont multiples et leur hiérarchisation âprement discutée.
En se centrant sur les sciences de la vie, la recherche médicale et la physique des particules, David Pontille analyse les transformations concomitantes des modes de contribution scientifique et des formes, matérielles et institutionnalisées, de la signature des articles. Examinant l'expression de l'autorité scientifique, les principes de distribution de l'action et de la décision dans les organisations du travail, il montre combien ces déplacements modifient simultanément les ressorts d'élaboration des subjectivités à l'œuvre en science.
Cet ouvrage engage une vaste réflexion susceptible de soutenir une autre politique d'évaluation du travail scientifique dans l'ensemble des domaines de la recherche.
David Pontille est sociologue, directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de Sociologie de l'Innovation (i3 – Mines ParisTech). Il a notamment publié La signature scientifique : une sociologie pragmatique de l'attribution (CNRS Editions, 2004), avec Béatrice Fraenkel, Damien Collard et Gaëlle Deharo, Le travail des huissiers : transformations d'un métier de l'écrit (Octares, 2010), et avec Jérôme Denis, Petite sociologie de la signalétique : les coulisses des panneaux du métro (Presses des Mines, 2010). Il est cofondateur d'un blog scientifique collectif sur les pratiques d'écriture (www.scriptopolis.fr/).




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