"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

mardi 30 janvier 2018

vidéo: Gisèle Sapiro présente Los intelectuales: profesionalización, politización, internacionalización



Gisèle Sapiro
Los intelectuales: 
profesionalización, politización, internacionalización
Traducción: Alejandro Dujovne
Eduvim
Entreculturas
2017


Présentation de l'éditeur
Si el programa de investigación sociológico trazado por Pierre Bourdieu renovó los modos de pensar los intelectuales, la circulación de las ideas y, de modo más general, las relaciones entre política y cultura, la obra de Gisèle Sapiro lleva ese programa a una escala transnacional y lo expande hacia nuevos temas. Los trabajos de investigación reunidos en este libro presentan un desarrollo histórico de la categoría y el papel de los intelectuales a escala global y europea, a partir del proceso de profesionalización y las consiguientes tensiones entre mercado, Estado y política.
Efecto de sus investigaciones y de su reconocimiento dentro y fuera del mundo académico, la presencia de Gisèle Sapiro es cada vez más requerida en la discusión pública y en el diseño y evaluación de políticas culturales. Sin embargo, su obra permanecía hasta ahora escasamente traducida al español. Este libro constituye por tanto un aporte de primera línea a la circulación y el conocimiento de su producción intelectual en el ámbito de habla hispana.
Gisèle Sapiro es directora de investigaciones del Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) y directora de estudios en la École des Hautes Études en Sciences Sociales. Su destacada carrera fue reconocida con la Medalla de Bronce del CNRS (2000), el ingreso a la Academia Europae (desde 2015) y la condecoración con la Legión de Honor del gobierno francés en 2016. Entre muchos cargos de gestión, se destaca la función como directora del Centre Européen de Sociologie et de Sciences Politiques (CESSP – 2010 – 2013).


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