"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

mardi 15 janvier 2019

Nicolas Duvoux et Cédric Lomba, Où va la France populaire  ?



Nicolas Duvoux et Cédric Lomba
Où va la France populaire  ? 
Puf
2019

Présentation de l'éditeur
Qui sont les " classes populaires " ? C'est à cette question que répondent les auteurs de " La vie des idées " à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui se rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté.
Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe. 

Sommaire
- L’exigence ouvrière d’égalité, par Florence Weber
- Rénovation urbaine et fragmentation des classes populaires, par Pierre Gibert
- Au hasard de la logistique. Quand les mobilités ouvrières passent par l’entrepôt, par Carlotta Benvegnù & David Gaborieau
- De si petites différences. Conduites économiques et segmentation sociale, par Ana Perrin-Heredia
- Face à la télévision, un miroir des inégalités, par Olivier Masclet.


Nicolas Duvoux est sociologue, professeur des universités à l'université Paris 8, chercheur au CRESPPA-LabTop. Il est rédacteur en chef de laviedesidées.fr et codirecteur de la collection du même nom. Cédric Lomba est sociologue, directeur de recherches au CNRS, chercheur au CRESPPA-CSU, spécialiste des classes populaires et du travail. Ses dernières recherches portent sur les transformations des mondes ouvriers.


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