« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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samedi 13 mai 2017

en ligne: Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014, Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014
Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu
La Découverte

en ligne sur Cairn.info :

Sommaire 

Page 5 à 8
Stéphanie Laguérodie
Éditorial. Défétichiser la finance
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Dossier : Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Page 9 à 22
Bernard Convert, Hélène Ducourant, Fabien Eloire
Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu
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Page 23 à 48
François-Xavier Dudouet, Éric Grémont, Hervé Joly, Antoine Vion
Retour sur le champ du pouvoir économique en France
L'espace social des dirigeants du CAC 40
 
Page 49 à 65
Boris Deschanel
Champ et habitus économiques dans le Dauphiné préindustriel au xviiie siècle
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Page 67 à 84
Christophe Pébarthe 
Oikonomia, entre champ économique, champ politique et champ philosophique en Grèce ancienne
Méditations bourdieusiennes sur l'Économique de Xénophon
 
Page 85 à 106
Manuel Schotté
La structuration du football professionnel européen
Les fondements sociaux de la prévalence de la « spécificité sportive »

Note et synthèse de recherche

Page 107 à 127
Marie-France Garcia-Parpet
Marché, rationalité et faits sociaux totaux : Pierre Bourdieu et l'économie
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Entretiens autour de la sociologie économique de Pierre Bourdieu

Entretiens réalisés par  Hélène Ducourant et Fabien Eloire
 
Page 171 à 179
Entretien avec Frédéric Lebaron
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Page 181 à 190
Entretien avec Marie-France Garcia-Parpet, autour de la sociologie économique, avec Pierre Bourdieu
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Page 191 à 201

Entretien avec Monique de Saint-Martin
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Retrouvez l'autre partie de ce numéro: Hors-dossier, Débats et controverses, Notes critiques, Comptes rendus d'ouvrages, sur Cairn.info 


samedi 31 mai 2014

Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014 Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Revue Française de Socio-Économie, 13, 2014
Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu
La Découverte

Présentation de l'éditeur
Comme La Revue Française de Socio-Économie, Pierre Bourdieu plaidait pour une science économique qui fût une science sociale à part entière. C'est pourquoi nous lui consacrons ce dossier. S'il admettait que l'économie mainstream reposait sur un processus d'abstraction qui avait sa raison d'être, il constatait aussi qu'elle était allée beaucoup trop loin dans ce processus, jusqu'à tourner en pure virtuosité. Comme toujours, c'est en pratique qu'il a tenté de montrer ce que l'économie néoclassique laissait de côté quand elle faisait tourner ses modèles. Il a consacré l'une de ses dernières recherches à la « décision » économique la plus difficile qu'un ménage ait à prendre, l'achat d'un logement. Il en a tiré, dans Les Structures sociales de l'économie, les principes d'une sociologie économique concurrente de l'économie.
Les articles qui composent ce dossier analysent de nouveaux terrains en utilisant ces principes, ou bien ils revisitent, trente ans après, les mêmes terrains que Pierre Bourdieu et son équipe, ou bien encore ils effectuent une relecture de son oeuvre en montrant comment les questions économiques la traversent depuis l'origine et lui donnent forme. En fin de dossier, ces contributions sont complétées par trois entretiens accordés par Marie-France Garcia-Parpet, Frédéric Lebaron et Monique de Saint-Martin, trois sociologues qui ont travaillé avec ou vu travailler Pierre Bourdieu sur des objets économiques à différents moments de son cheminement. 
Éditorial. Défétichiser la finance, par Stéphanie Laguérodie
Dossier : Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu

Introduction au dossier Faire de la sociologie économique avec Pierre Bourdieu, par Bernard Convert, Hélène Ducourant, Fabien Éloire
Retour sur le champ du pouvoir économique en France. L'espace social des dirigeants du CAC, par François-Xavier Dudouet, Éric Grémont, Hervé Joly, Antoine Vion
Champ et habitus économiques dans le Dauphiné préindustriel au XVIIIe siècle, par Boris Deschanel
Oikonomia, entre champ économique, champ politique et champ philosophique en Grèce ancienne, par Christophe Pébarthe
La structuration du football professionnel européen, par Manuel Schotté
Note et synthèse de recherche
Marché, rationalité et faits sociaux totaux : Pierre Bourdieu et l'économie, par Marie-France Garcia-Parpet
Hors-dossier
Le RSA, innovation ou réforme technocratique ?, par Bernard Gomel et Dominique Méda
Du chômage dans le rugby ?, par Sébastien Fleuriel et Joris Vincent
Entretiens autour de la sociologie économique de Pierre Bourdieu
Entretien avec Frédéric Lebaron
Entretien avec Marie-France Garcia-Parpet
Entretien avec Monique de Saint Martin
Débats et controverses
Économie et (autres) sciences sociales : disciplines et indisciplines, par Florence Jany-Catrice et Richard Sobel
L'économie peut-elle (re)devenir une science sociale ? À propos des relations entre économie et histoire, par Robert Boyer
Comment l'économie politique peut s'inspirer de la sociologie et renouer ainsi avec des traditions délaissées mais fécondes, par Agnès Labrousse
Quelles relations entre l'économie et la sociologie ? Le point de vue d'un transfuge ou d'un marrane, par François Vatin
Socio-économie et démocratie. L'apport de l'interdisciplinarité, par Jean-Louis Laville
Économie des conventions et sociologie, par Christian Bessy
Itinéraire d'une recherche d'un économiste avec des sociologues sur un nouvel objet : les logiciels libres, par François Horn
Adaptation aux changements globaux. Quel apport de la transdisciplinarité ?, par Charlotte Da Cunha et Jean-Paul Vanderlinden
Notes critiques
À propos de Thomas PIKETTY, Quelle intelligence du capital pour demain ? Une lecture du Capital au XXIe siècle, par Gaël Giraud
Éléments de réponse à Gaël Giraud, par Thomas Piketty
À propos de Une autre histoire des « Trente Glorieuses », de Céline Pessis, Sezin Topçu et Christophe Bonneuil, par Samuel Pinaud
Comptes rendus d'ouvrages
Sur l'État. Cours au Collège de France 1989-1992, de Pierre Bourdieu, par Fabien Éloire
La mise au travail des clients, de Guillaume Tiffon, par Sylvie Monchatre
À quoi sert la Banque centrale européenne ?
, d'Edwin Le Héron, par Jordan Melmiès
Ouvriers malgré tout : enquête sur les ateliers de maintenance des trains de la Régie autonome des transports parisiens
, de Martin Thibault, par Igor Martinache
Comptes rendus de thèses soutenues.


mercredi 17 octobre 2012

Séminaire: "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" (CERAPS, CURAPP-ESS, CLERSE), 2012-2013

Séminaire inter-laboratoires interdisciplinaire sur "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" entre le CERAPS (UMR 8026, Lille), le CURAPP-ESS (UMR 7319, Amiens) et le CLERSE (UMR 8019, Lille).
L’objet de ce cycle de séminaires est de réunir des économistes, historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues en vue de « penser l’État à partir de Bourdieu ». Il s’agit de créer un lieu de réflexion et un terrain d’échanges interdisciplinaires pour y croiser les regards et les approches de diverses sciences sociales sur la question étatique :
Qu’est-ce que l’État ? Qu’est-ce que penser l’État ? Qu’est-ce que la « pensée d’État », quelle est son autorité et comment se déploie-t-elle ? Dès lors, comment, d’un point de vue épistémologique, appréhender l’État au moyen d’un discours à prétention scientifique alors même que l’État est souvent l’initiateur des savoirs qui le concernent ? Comment mobiliser l’ensemble (ou du moins une vaste partie) des disciplines des sciences sociales pour pouvoir mieux penser l’État de manière objective, c’est-à-dire nécessairement distanciée ou réflexive, puisque non empreinte des catégories de la pensée d’État qui s’imposent quasi spontanément à ceux qui vivent et pensent en son sein ?
Une double actualité éditoriale et politique compose en effet un contexte stimulant pour revisiter ce questionnement. La récente publication des cours Sur l’État de Pierre Bourdieu au Collège de France (1989-1992)[1], d’une part, et la crise globale qui éprouve le pouvoir souverain, d’autre part, offrent à la fois des outils conceptuels et des cas d’étude empiriques pour interroger cet objet de recherche (scientifique) et de lutte (sociale) qu’est l’État.
Destiné à l’ensemble des (enseignants-)chercheurs amenés à croiser cette figure incontournable qu’est l’État dans leur champ d’étude, ce séminaire intéressera également les doctorants et étudiants de deuxième cycle, ainsi qu’un public plus large concerné par les transformations de l’institution étatique, qu’il s’agisse d’élus locaux, de responsables associatifs, d’agents administratifs, ou de citoyens soucieux de comprendre les conditions d’exercice des pouvoirs publics. C’est pourquoi le programme des séances sera largement diffusé par voie d’affichage et par courrier électronique, et leur lieu de tenue alternera entre la MESHS, le CERAPS à Lille, le CLERSÉ à Villeneuve d’Ascq, et le Curapp-ESS à Amiens.
L’organisation des séances visera à animer une réflexion collective autour d’intervenants issus des différents laboratoires régionaux, mais ouverte à un plus large public qui pourra contribuer à la discussion. L’enjeu est ainsi de manifester la pertinence des travaux en sciences de l’homme et de la société pour penser les États contemporains.
Une attention toute particulière sera accordée aux apports des travaux de Pierre Bourdieu pour penser l’État. C’est notamment à partir de ses cours au Collège de France que notre réflexion collective se structurera. Non pas qu’ils constituent forcément un point de ralliement, mais ils offrent un carrefour où peuvent se rencontrer et dialoguer les différentes disciplines mobilisées dans notre cycle (science politique, sociologie, philosophie, économie, droit, etc.). Les thèmes que nous avons choisis pour les huit séances prévues se veulent ainsi le reflet de ce dialogue possible.
L’État sera, en effet, abordé sous de multiples facettes. Nous nous intéresserons en premier lieu aux multiples théories de l’État afin d’avancer sur ce qui pourrait en être une définition. Nous aborderons ensuite les questions liées à sa genèse historique et sociale, en suivant le fil de son institutionnalisation. Il sera aussi question du pouvoir de l’État, notamment de son pouvoir symbolique et de sa capacité à produire des normes, du droit, et des croyances. Nous nous pencherons sur les agents de l’État, ceux que Bourdieu a appelé ailleurs « la noblesse d’État »[2], et à leurs stratégies de reproduction dans l’espace bureaucratique. Nous terminerons par une réflexion sur l’État en ce qu’il peut être considéré comme un champ, c’est-à-dire non pas comme un bloc monolithique mais comme un espace d’oppositions, de confrontations, de luttes à la fois politiques et symboliques entre des agents et groupes sociaux dotés de propriétés sociales et de dispositions différentes, placés en concurrence pour le pouvoir de et sur l’État.
Ce programme de recherche nous semble requérir, de par son objet même, de rassembler les différentes disciplines parties prenantes du projet de ce séminaire. En effet, d’une part, la science politique se retrouve dans toutes les interrogations qui concernent l’exercice du pouvoir étatique. D’autre part, la sociologie est directement concernée par toutes les questions qui abordent notamment les représentations et les actions des agents d’État. L’Etat est justement un lieu essentiel de production de catégories de pensée et d’action (que l’on pense par exemple aux « Professions et catégories socio-professionnelles » – PCS, entrées dans le langage commun mais qui constituent d’abord une nomenclature administrative des activités productives à des fins statistiques). De même, l’économie, pour peu qu’elle attache de l’importance non pas seulement aux marchés mais aussi aux institutions qui les façonnent, trouve dans les questionnements sur l’État le moyen d’enrichir sa vision du pouvoir, des normes et des croyances dans l’économie et des réponses à la performativité de ses discours. C’est également en termes de normes – mais sans doute aussi de croyances – qu’une réflexion sur l’État intéresse évidemment le droit. Bien que ce processus de régulation sociale puise très largement sa normativité à la source étatique, il fait notamment face aujourd’hui à un désengagement de l’État, lequel se voit débordé dans son rôle d’édiction de normes à la fois par des formes de droit spontané, infra-étatique, et par les processus liés à l’internationalisation, la porosité accrue des ordres juridiques et la montée en puissance de la jurisprudence d’organes supra-étatiques. Enfin, la philosophie, outre qu’elle est souvent à l’origine des réflexions sur ce qu’est l’État et sa légitimité, trouve dans la confrontation avec les sciences sociales, qui disposent de savoirs positifs, la possibilité d’acquérir une plus grande réflexivité encore sur ses objets et ses approches. Confrontée à l’appropriation par l’État et ses mandants de la « pensée d’État », elle doit toujours se situer dans une distance – dans une position nécessairement critique – pour appréhender l’État sans être contaminée par ce qu’il pense de lui-même (à travers toutes les instances administratives chargées de le définir, de le maintenir et de le construire en le pensant). En ce sens, on s’interrogera aussi sur la possibilité pour la philosophie de penser l’État sans reprendre à son compte, de manière a-critique, les catégories de la pensée d’État et, à travers un examen réaliste de ses conditions de possibilité, de penser le pouvoir de l’État (son origine et sa provenance) et, à partir de là, la possibilité et les conditions de sa légitimité.
Ce séminaire vise donc à renouveler la pensée sur l’État, en s’appuyant sur les travaux les plus récents de P. Bourdieu, de manière à mobiliser l’ensemble des disciplines susceptibles, si cela s’avère légitime, de construire un savoir sur l’État qui ne soit plus une pensée d’État. Ce faisant, il réunira trois des laboratoires des régions Nord-Pas de Calais et Picardie parmi les plus reconnus sur ces questions, en essayant de cumuler les apports de l’interdisciplinarité qui fait déjà la marque de chacun (droit, science politique et sociologie pour le CERAPS ; économie et sociologie pour le CLERSÉ ; droit, science politique, sociologie et philosophie pour le CURAPP-ESS). Ce cycle de séminaires permettra donc d’amorcer un travail interdisciplinaire et inter-laboratoires qui pourra déboucher sur l’élaboration de projets de recherche communs. Les communications et discussions seront également valorisées sous la forme de publications dans des revues (la Revue française de socio-économie a déjà manifesté son intérêt) et de working papers. Elles pourront également donner lieu à des articles de vulgarisation. Enfin, sur un plan pédagogique, ce séminaire de recherche pourra être articulé avec des enseignements en master (par exemple, les étudiants du cours « Socio-histoire de l’État » en M1 Science politique-Action publique à l’université Lille 2, seront invités à participer aux séances et à en proposer une restitution) ; les doctorants des différents laboratoires seront étroitement associés à l’organisation de ce séminaire de recherche. De manière plus informelle, nous souhaitons que ce cycle contribue à tisser des liens plus étroits entre les disciplines et les équipes de nos laboratoires respectifs afin de repérer des complémentarités et des collaborations possibles.

[1]            Pierre Bourdieu, Sur l’État. Cours au Collège de France 1989-1992, Paris, Raisons d’agir/Seuil, 2012.
[2]            Pierre Bourdieu, La Noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989.

(source: CURAPP)
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