« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 4 juin 2024

Revue Savoir/Agir n° 64. L’envers du décor olympique

 


Revue Savoir/Agir n° 64. L’envers du décor olympique

du Croquant

2024

 

Présentation de l'éditeur

Les Jeux olympiques et paralympiques font l’objet d’une contestation de plus en plus affirmée et organisée. Ils constituent un méga-événement sportif planétaire dont la visibilité médiatique attire encore métropoles et pays correspondants (mais pour combien de temps ?), malgré les dépenses somptuaires qu’ils occasionnent, et les dépassements budgétaires parfois énormes qu’ils provoquent. Ils constituent ainsi des enjeux financiers mais surtout symboliques dans lesquels la place des citoyens reste minime, loin des discours qui leur promettent une participation active et des retombées mirobolantes. À l’occasion de l’accueil des Jeux à Paris en 2024, ce dossier explore les enjeux en termes financiers, politiques, médiatiques et d’aménagement de cet événement et compte lever les voiles qui le rendent opaque vers l’intérieur et brillant vers l’extérieur.

mercredi 17 octobre 2012

Séminaire: "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" (CERAPS, CURAPP-ESS, CLERSE), 2012-2013

Séminaire inter-laboratoires interdisciplinaire sur "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" entre le CERAPS (UMR 8026, Lille), le CURAPP-ESS (UMR 7319, Amiens) et le CLERSE (UMR 8019, Lille).
L’objet de ce cycle de séminaires est de réunir des économistes, historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues en vue de « penser l’État à partir de Bourdieu ». Il s’agit de créer un lieu de réflexion et un terrain d’échanges interdisciplinaires pour y croiser les regards et les approches de diverses sciences sociales sur la question étatique :
Qu’est-ce que l’État ? Qu’est-ce que penser l’État ? Qu’est-ce que la « pensée d’État », quelle est son autorité et comment se déploie-t-elle ? Dès lors, comment, d’un point de vue épistémologique, appréhender l’État au moyen d’un discours à prétention scientifique alors même que l’État est souvent l’initiateur des savoirs qui le concernent ? Comment mobiliser l’ensemble (ou du moins une vaste partie) des disciplines des sciences sociales pour pouvoir mieux penser l’État de manière objective, c’est-à-dire nécessairement distanciée ou réflexive, puisque non empreinte des catégories de la pensée d’État qui s’imposent quasi spontanément à ceux qui vivent et pensent en son sein ?
Une double actualité éditoriale et politique compose en effet un contexte stimulant pour revisiter ce questionnement. La récente publication des cours Sur l’État de Pierre Bourdieu au Collège de France (1989-1992)[1], d’une part, et la crise globale qui éprouve le pouvoir souverain, d’autre part, offrent à la fois des outils conceptuels et des cas d’étude empiriques pour interroger cet objet de recherche (scientifique) et de lutte (sociale) qu’est l’État.
Destiné à l’ensemble des (enseignants-)chercheurs amenés à croiser cette figure incontournable qu’est l’État dans leur champ d’étude, ce séminaire intéressera également les doctorants et étudiants de deuxième cycle, ainsi qu’un public plus large concerné par les transformations de l’institution étatique, qu’il s’agisse d’élus locaux, de responsables associatifs, d’agents administratifs, ou de citoyens soucieux de comprendre les conditions d’exercice des pouvoirs publics. C’est pourquoi le programme des séances sera largement diffusé par voie d’affichage et par courrier électronique, et leur lieu de tenue alternera entre la MESHS, le CERAPS à Lille, le CLERSÉ à Villeneuve d’Ascq, et le Curapp-ESS à Amiens.
L’organisation des séances visera à animer une réflexion collective autour d’intervenants issus des différents laboratoires régionaux, mais ouverte à un plus large public qui pourra contribuer à la discussion. L’enjeu est ainsi de manifester la pertinence des travaux en sciences de l’homme et de la société pour penser les États contemporains.
Une attention toute particulière sera accordée aux apports des travaux de Pierre Bourdieu pour penser l’État. C’est notamment à partir de ses cours au Collège de France que notre réflexion collective se structurera. Non pas qu’ils constituent forcément un point de ralliement, mais ils offrent un carrefour où peuvent se rencontrer et dialoguer les différentes disciplines mobilisées dans notre cycle (science politique, sociologie, philosophie, économie, droit, etc.). Les thèmes que nous avons choisis pour les huit séances prévues se veulent ainsi le reflet de ce dialogue possible.
L’État sera, en effet, abordé sous de multiples facettes. Nous nous intéresserons en premier lieu aux multiples théories de l’État afin d’avancer sur ce qui pourrait en être une définition. Nous aborderons ensuite les questions liées à sa genèse historique et sociale, en suivant le fil de son institutionnalisation. Il sera aussi question du pouvoir de l’État, notamment de son pouvoir symbolique et de sa capacité à produire des normes, du droit, et des croyances. Nous nous pencherons sur les agents de l’État, ceux que Bourdieu a appelé ailleurs « la noblesse d’État »[2], et à leurs stratégies de reproduction dans l’espace bureaucratique. Nous terminerons par une réflexion sur l’État en ce qu’il peut être considéré comme un champ, c’est-à-dire non pas comme un bloc monolithique mais comme un espace d’oppositions, de confrontations, de luttes à la fois politiques et symboliques entre des agents et groupes sociaux dotés de propriétés sociales et de dispositions différentes, placés en concurrence pour le pouvoir de et sur l’État.
Ce programme de recherche nous semble requérir, de par son objet même, de rassembler les différentes disciplines parties prenantes du projet de ce séminaire. En effet, d’une part, la science politique se retrouve dans toutes les interrogations qui concernent l’exercice du pouvoir étatique. D’autre part, la sociologie est directement concernée par toutes les questions qui abordent notamment les représentations et les actions des agents d’État. L’Etat est justement un lieu essentiel de production de catégories de pensée et d’action (que l’on pense par exemple aux « Professions et catégories socio-professionnelles » – PCS, entrées dans le langage commun mais qui constituent d’abord une nomenclature administrative des activités productives à des fins statistiques). De même, l’économie, pour peu qu’elle attache de l’importance non pas seulement aux marchés mais aussi aux institutions qui les façonnent, trouve dans les questionnements sur l’État le moyen d’enrichir sa vision du pouvoir, des normes et des croyances dans l’économie et des réponses à la performativité de ses discours. C’est également en termes de normes – mais sans doute aussi de croyances – qu’une réflexion sur l’État intéresse évidemment le droit. Bien que ce processus de régulation sociale puise très largement sa normativité à la source étatique, il fait notamment face aujourd’hui à un désengagement de l’État, lequel se voit débordé dans son rôle d’édiction de normes à la fois par des formes de droit spontané, infra-étatique, et par les processus liés à l’internationalisation, la porosité accrue des ordres juridiques et la montée en puissance de la jurisprudence d’organes supra-étatiques. Enfin, la philosophie, outre qu’elle est souvent à l’origine des réflexions sur ce qu’est l’État et sa légitimité, trouve dans la confrontation avec les sciences sociales, qui disposent de savoirs positifs, la possibilité d’acquérir une plus grande réflexivité encore sur ses objets et ses approches. Confrontée à l’appropriation par l’État et ses mandants de la « pensée d’État », elle doit toujours se situer dans une distance – dans une position nécessairement critique – pour appréhender l’État sans être contaminée par ce qu’il pense de lui-même (à travers toutes les instances administratives chargées de le définir, de le maintenir et de le construire en le pensant). En ce sens, on s’interrogera aussi sur la possibilité pour la philosophie de penser l’État sans reprendre à son compte, de manière a-critique, les catégories de la pensée d’État et, à travers un examen réaliste de ses conditions de possibilité, de penser le pouvoir de l’État (son origine et sa provenance) et, à partir de là, la possibilité et les conditions de sa légitimité.
Ce séminaire vise donc à renouveler la pensée sur l’État, en s’appuyant sur les travaux les plus récents de P. Bourdieu, de manière à mobiliser l’ensemble des disciplines susceptibles, si cela s’avère légitime, de construire un savoir sur l’État qui ne soit plus une pensée d’État. Ce faisant, il réunira trois des laboratoires des régions Nord-Pas de Calais et Picardie parmi les plus reconnus sur ces questions, en essayant de cumuler les apports de l’interdisciplinarité qui fait déjà la marque de chacun (droit, science politique et sociologie pour le CERAPS ; économie et sociologie pour le CLERSÉ ; droit, science politique, sociologie et philosophie pour le CURAPP-ESS). Ce cycle de séminaires permettra donc d’amorcer un travail interdisciplinaire et inter-laboratoires qui pourra déboucher sur l’élaboration de projets de recherche communs. Les communications et discussions seront également valorisées sous la forme de publications dans des revues (la Revue française de socio-économie a déjà manifesté son intérêt) et de working papers. Elles pourront également donner lieu à des articles de vulgarisation. Enfin, sur un plan pédagogique, ce séminaire de recherche pourra être articulé avec des enseignements en master (par exemple, les étudiants du cours « Socio-histoire de l’État » en M1 Science politique-Action publique à l’université Lille 2, seront invités à participer aux séances et à en proposer une restitution) ; les doctorants des différents laboratoires seront étroitement associés à l’organisation de ce séminaire de recherche. De manière plus informelle, nous souhaitons que ce cycle contribue à tisser des liens plus étroits entre les disciplines et les équipes de nos laboratoires respectifs afin de repérer des complémentarités et des collaborations possibles.

[1]            Pierre Bourdieu, Sur l’État. Cours au Collège de France 1989-1992, Paris, Raisons d’agir/Seuil, 2012.
[2]            Pierre Bourdieu, La Noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989.

(source: CURAPP)
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lundi 9 janvier 2012

en ligne: Savoir/Agir n° 15, mars 2011, La double réalité du monde sportif

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Savoir/Agir n° 15, mars 2011

Il est toujours disponible en librairie et peut être commandé par message électronique à revue@savoir-agir.org

Éditorial, par Frédéric Lebaron
Dossier
Présentation, par William Gasparini et Michel Koebel
L’État et le sport en France. De l’intervention autoritaire à la démission, par Gildas Loirand
Quand les « valeurs du sport » fragilisent les sportifs. L’exemple d’une course sur route ordinaire, par Manuel Schotté
Le football en dit moins sur la société qu’il n’en dit sur… lui-même !, par Hassen Slimani
Les jeux olympiques : des athlètes précaires au service de dirigeants vertueux, par Sébastien Fleuriel
Le sport, enjeu identitaire dans l’espace politique local, par Michel Koebel
Un sport européen ? Genèse et enjeux d’une catégorie européenne, par William Gasparini
L’évolution de la recherche sur le sport en France, avec Jacques Defrance
Grand entretien, avec Frédéric Lebaron
Paroles
« Je vivais comme un rat », par Xavier Schmitt
La rhétorique réactionnaire
Populisme (2), par Gérard Mauger
Chronique de la gauche de la gauche
Vers de nouvelles articulations entre lutte sociale et lutte politique, par Louis Weber
Actualité
Négociation Unedic et mouvement des chômeurs, par Évelyne Perrin
Idées
Pourquoi les dominés acceptent-ils leur sort ?, par Louis Pinto
Europe
Reprendre le contrôle de la Politique agricole commune, par Sylvie Constantinou.
Politiques d’ailleurs
De la marginalité au consensus : La construction et l’institutionnalisation de l’antisyndicalisme thatchérien, par Gilles Christoph et Marc Lenormand
Culture
Deux figures de l’ascension sociale, par Gérard Mauger

mardi 1 mars 2011

Revue Savoir/agir n°15, La double réalité du monde sportif

Revue Savoir/agir n°15
La double réalité du monde sportif
Éditions du Croquant
2011



Présentation de l'éditeur
Le dossier, coordonné par William Gasparini et Michel Koebel, a pour thème : La double réalité du monde sportif. Il rassemble des contributions « critiques » sur le sport et interroge les vertus/valeurs qu’on lui prête. Les auteurs (Gildas Loirand, Manuel Schotté, Hassen Slimani, Sébastien Fleuriel, Michel Koebel, William Gasparini, Jacques Defrance) invitent à saisir la face cachée du monde sportif : sa hiérarchie interne, la précarité des sportifs, les rapports de subordination et de domination à l’œuvre dans le travail de production de la performance (sous couvert d’un humanisme sportif), les effets pervers de la professionnalisation de certains sports comme le football, les profits symboliques que les instances de pouvoir local peuvent tirer de la mise en scène du sport et des sportifs, ou encore les étapes qui ont fait du sport une catégorie européenne.

Dans le grand entretien, Frédéric Lebaron analyse les divers aspects de la crise de la croyance économique. Louis Pinto inaugure une nouvelle rubrique, Idées, avec un texte sur le thème : Pourquoi les dominés acceptent-ils leur sort ?

Les rubriques habituelles : Paroles, Rhétorique réactionnaire, Chronique de la gauche de gauche, Actualité, Europe, Politiques d’ailleurs, Culture complètent ce numéro de 136 pages.

Il est disponible en librairie (prix public :15 €) et peut être commandé franco de port par message électronique à revue@savoir-agir.org

Voici le sommaire complet du numéro :

Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier

Présentation, par William Gasparini et Michel Koebel
L’État et le sport en France. De l’intervention autoritaire à la démission, par Gildas Loirand
Quand les « valeurs du sport » fragilisent les sportifs. L’exemple d’une course sur route ordinaire, par Manuel Schotté
Le football en dit moins sur la société qu’il n’en dit sur… lui-même !, par Hassen Slimani
Les jeux olympiques : des athlètes précaires au service de dirigeants vertueux, par Sébastien Fleuriel
Le sport, enjeu identitaire dans l’espace politique local, par Michel Koebel
Un sport européen ? Genèse et enjeux d’une catégorie européenne, par William Gasparini
L'évolution de la recherche sur le sport en France, avec Jacques Defrance

Grand entretien, avec Frédéric Lebaron

Paroles
« Je vivais comme un rat », par Xavier Schmitt

La rhétorique réactionnaire
Populisme (2), par Gérard Mauger

Chronique de la gauche de la gauche
Vers de nouvelles articulations entre lutte sociale et lutte politique, par Louis Weber

Actualité
Négociation Unedic et mouvement des chômeurs, par Évelyne Perrin

Idées
Pourquoi les dominés acceptent-ils leur sort ?, par Louis Pinto

Europe
Reprendre le contrôle de la Politique agricole commune, par Sylvie Constantinou.

Politiques d’ailleurs
De la marginalité au consensus : La construction et l’institutionnalisation de l’antisyndicalisme thatchérien, par Gilles Christoph et Marc Lenormand

Culture
Deux figures de l’ascension sociale, par Gérard Mauger

vendredi 16 avril 2010

Jean-Michel Faure - Sébastien Fleuriel, Excellences sportives


Jean-Michel Faure - Sébastien Fleuriel
Excellences sportives Économie d’un capital spécifique
Éditions du Croquant
2010









Présentation de l'éditeur
Qu’est-ce qui fait l’excellence sportive ? Que faut-il pour réaliser des performances dans des disciplines aussi diverses que l’athlétisme, le cyclisme, l’équitation, le football, la gymnastique, le rugby et la voile. Les enquêtes rassemblées dans ce livre mettent en évidence un « droit d’entrée » propre à chacune d’elles et étudient les modalités d’acquisition du « capital spécifique » requis, les formes d’incor­poration des compétences et des habiletés corporelles et sociales qui le définissent.
Elles analysent, par ailleurs, la dynamique des luttes incessantes dans l’espace des sports qui ont pour objet la définition du « capital sportif », tantôt amateur, tantôt professionnel, selon l’état de développement de chaque discipline.
Elles étudient enfin les possibilités et les modalités de conversion ou de reconversion du capital sportif à l’issue d’une carrière, mettant en évidence sa faible convertibilité. Il apparaît ainsi que, si les champions sont célébrés pour leurs exploits, les titres et les records accumulés contribuent surtout au prestige des institutions sportives.
Jean-Michel Faure est sociologue, professeur émérite à l’université de Nantes, membre du CENS et chercheur ­associé au Centre de sociologie européenne. Il a été directeur adjoint du Réseau national de recherches sur le sport du CNRS (1992–2004). Il a écrit, avec Charles Suaud, Le football professionnel à la française, Presses universitaires de France, 1999.
Sébastien Fleuriel est sociologue, professeur à l’université de Lille 1 et membre du Clersé (UMR CNRS 8019). Il a écrit, avec Manuel Schotté, Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs, Éditions du Croquant, 2008.
Auteurs :
Claude Boli, Vérène Chevalier, Jean-Michel Faure, Sébastien Fleuriel, Nicolas Lefèvre, Fanny Le Mancq, Bruno Papin, Marc Pelletier, Manuel Schotté, Joris Vincent.

écouter: Sébastien Fleuriel et Manuel Schotté, Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs

écouter: Sébastien Fleuriel et Manuel Schotté, Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs
Les oreilles loin du front, 25 juin 2008