« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Caveng. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Caveng. Afficher tous les articles

jeudi 25 juillet 2019

en ligne: Bourdieu et le travail, Maxime Quijoux (dir.)


Bourdieu et le travail
Maxime Quijoux (dir.)
P.U.Rennes
Le Sens social 
2015

en ligne sur OpenEdition Book, 2019




 
Maxime Quijoux
Préambule

Première partie. Bourdieu et le travail, une introduction

Maxime Quijoux
Introduction
Maxime Quijoux
Conclusions



jeudi 10 janvier 2019

Rémy Caveng et Claude Thiaudière, Les économies de la question sociale. Quantifier la pauvreté et les inégalités

Rémy Caveng et Claude Thiaudière
Les économies de la question sociale
Quantifier la pauvreté et les inégalités
du Croquant
Dynamiques socio-economiques
2019

Présentation de l'éditeur
Issu pour une large part d’une recherche collective portant sur la construction et les usages des indicateurs sociaux, ce livre se fixe un triple objectif.
Il entend d’abord rendre compte des logiques contemporaines de production des chiffres donnant à voir une certaine représentation de la question sociale. Il explore ensuite les dimensions que ces chiffres occultent. Enfin, il se veut force de proposition pour rendre ces dimensions visibles et que les plus démunis, matériellement et symboliquement, puissent avoir voix au chapitre de la quantification. Il interroge ainsi les conditions de l’émergence d’une critique de l’ordre des choses.
À l’arrière-plan des débats portant sur la « bonne » ou la « juste » mesure de la pauvreté, des inégalités sociales, des problèmes publics et des publics « à problème » se pose la question fondamentale de la définition de ces notions. Celle-ci est inséparable des luttes qui opposent différents groupes sociaux pour imposer  leur point de vue comme vision partagée et largement admise. Les chiffres qui circulent autour de la question sociale traduisent ainsi des rapports de force entre groupes professionnels, responsables politiques, militants associatifs, groupes de pression, etc. Paradoxe apparent, les populations concernées se retrouvent souvent exclues des opérations menant à leur représentation parce que ne possédant pas les ressources nécessaires pour faire valoir ce qui leur pose problème et ce qui importe pour elles. Dépossédées du diagnostic, elles le sont tout autant de la définition du traitement de leurs « maux ».
Rémy Caveng est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS (Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique), à la SFR Condorcet et chercheur associé au Cessp-CSE (université Panthéon-Sorbonne).
Claude Thiaudière est sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, chercheur au Curapp-ESS.




mardi 16 octobre 2018

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°224, Septembre 2018, Champs intellectuels transnationaux




Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°224, Septembre 2018,  
Champs intellectuels transnationaux
Seuil


Résumé
Les modes d’existence des espaces intellectuels semblent être particulièrement affectés par les processus de « globalisation », qu’il s’agisse du marché éditorial international, de la circulation des idées entre les pays ou de l’impact croissant des études de décolonisation dans les pays des « Suds » comme du Nord. La sociologie des intellectuels s’est emparé de ces nouveaux enjeux et elle a, depuis une vingtaine d’années, cherché à articuler les analyses des espaces nationaux avec ces nouvelles configurations transnationales. Elle montre que non seulement le national a été en grande partie créé dans les échanges supranationaux, mais encore que ces derniers, inscrits dans l’histoire des impérialismes, des cosmopolitismes élitaires ou des migrations populaires, se sont accélérés avec la « mondialisation ». Loin d’aplanir les inégalités politiques économiques et symboliques entre les régions voire les pays, elle reste fondée sur l’existence de centres et de périphéries. Par ailleurs, tandis que certains travaux ont estimé que la mondialisation conduisait à l’affaiblissement des déterminations nationales, d’autres ont montré que l’accroissement des flux culturels transnationaux n’est en rien corrélé à une disparition de contrôle étatique ou d’identification nationale. Néanmoins, les États-nations se sont eux-mêmes constitués de façon concurrente aux empires et à des organisations transnationales comme l’Église catholique. Tandis que leur création s’est accompagnée de la mise en place d’instances internationales (SDN puis ONU), avec leurs dérivés intellectuels (Institut de coopération internationale de la Société des nations, UNESCO), ou supranationales (comme l’Union européenne), des espaces transnationaux avec des centres plus ou moins forts ou concurrents n’ont cessé de fonctionner ou de se former, posant la question des limites géographiques des champs. Ces espaces transnationaux sont composés d’agents (individus et institutions) qui concourent pour l’accumulation de capital symbolique par-delà les frontières politiques de leurs pays, tout en restant soumis aux inégalités multiformes entre les pays. Ils constituent ainsi des « espaces d’ubiquité », coprésence synchronique d’acteurs en concurrence par-delà les frontières politiques. 
Le présent numéro se concentre sur les champs intellectuels transnationaux. Il se focalise sur les mécanismes par lesquels ces champs sont amenés à transcender le cadre de l’État-nation – instances de diffusion (édition, revues), organisations transnationales (religieuses, politiques ou autres) –, ainsi qu’aux conditions qui les favorisent (colonialisme, impérialisme, occupations, migrations, etc.). Les articles se placent à divers niveaux de l’analyse. Certains étudient les réceptions transnationales de l’oeuvre d’intellectuels « globalisés » (N. Klein, P. Sloterdijk), leur multi-positionnement, et leurs ressources nationales et transnationales dans différentes localisations. L’analyse de collectifs d’intellectuels permet de dessiner les contours géographiques d’espace transnationaux, avec par exemple les nouveaux penseurs de l’islam. Tandis que la plupart des auteurs mettent en avant la centralité des États-Unis dans la formation de ces espaces transnationaux, un certain nombre d’articles pose en particulier la question de l’héritage colonial et de la dissymétrie des rapports géographiques Nord-Sud. De manière peut-être plus forte encore qu’au niveau national, les échanges intellectuels, non seulement pour les militants, mais encore pour les penseurs, les écrivains, les universitaires ou les théologiens, sont toujours aussi politiques quand on se situe au niveau transnational.

Sommaire
4 Qu’est-ce qu’un champ intellectuel transnational ?
Gisèle Sapiro, Tristan Leperlier et Mohamed Amine Brahimi

12 Un champ littéraire transnational
Le cas des écrivains algériens
Tristan Leperlier

34 Les intellectuels néo-confucéens et le débat
sur les droits humains, années 1990
Trois études de cas sur les formes de l’autonomie intellectuelle
en situation transnationale
Thomas Brisson

46 Théories sans frontières ?
Les théories littéraires en France et la construction d’un espace
transnational, années 1960-années 1970
Lucile Dumont

64 Les experts au concile Vatican II, 1962-1965
Note de recherche sur les conditions de possibilité
d’un champ transnational
François Weiser

76 HORS THÈME Des morales de classe ?
Dispositions éthiques et positions sociales dans la France contemporaine
Rémy Caveng, Fanny Darbus, François Denord,
Delphine Serre et Sylvain Thine

102 Résumés





jeudi 19 mars 2015

Bourdieu et le travail, Sous la direction de Maxime Quijoux


Bourdieu et le travail
Sous la direction de Maxime Quijoux
P.U.Rennes
2015

Présentation de l'éditeur
P LUS de dix ans après sa disparition, Pierre Bourdieu demeure toujours l’auteur des sciences sociales le plus cité au monde. Si ses concepts, sujets de débats permanents, expliquent probablement ce succès, son aptitude à explorer l’ensemble des domaines du social y a aussi grandement contribué : la socialisation, l’école, les classes sociales, le célibat, la culture, l’art, l’État, la politique, etc., peu d’objets semblent en effet s’être soustraits à l’examen du sociologue, et sur lesquels, en retour, il n’a pas été discuté. Il en existe pourtant un et non des moindres : le travail. Après des travaux liminaires sur la question dans le contexte de la guerre d’Algérie, Bourdieu paraît en effet définitivement s’en désintéresser. Cette désaffection correspond alors à une indifférence équivalente des sociologues du travail à l’égard de son oeuvre. Durant quarante ans, Bourdieu et « le travail » donnent l’impression de s’ignorer superbement.
À l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, c’est cette double défection – le travail dans la sociologie de Bourdieu, et Bourdieu dans la sociologie du travail – que nous avons voulue questionner : le travail est-il vraiment absent dans l’oeuvre de Pierre Bourdieu ? Comment l’aborde-t-il, en particulier après son époque algérienne ? Enfin, dans quelle mesure ses concepts peuvent-ils contribuer à l’analyse du travail, d’hier et d’aujourd’hui ?
Réunissant plus d’une vingtaine de contributions, entre exégèses, analyses historiques et enquêtes de terrain, ce livre souhaite montrer l’apport mutuel du sociologue et de l’objet « travail ». Une réconciliation scientifique en somme.
Avec le concours du conseil régional d’Île-de-France et son programme DIM-GESTES.
Préambule
Maxime Quijoux est chargé de recherche en sociologie au CNRS, membre du laboratoire PRINTEMPS à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Spécialiste du travail et des mobilisations, il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (éditions de l’IHEAL, 2011) et a récemment dirigé un double dossier sur « les conflits du travail dans le monde » paru dans la revue Critique internationale (nos 64 et 65, 2014, Presses de Sciencespo).

vendredi 3 mai 2013

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »

Sociétés contemporaines n° 89, 2013/1, Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise »


Présentation de l'éditeur
Le « nouvel esprit du capitalisme » charrie maints discours sur ce que doit être l'entreprise : consciente de sa responsabilité sociale en matière d’environnement, de parité femmes-hommes et de diversité, respectueuse de la qualité de ses produits, attentive aux consommateurs, ouverte aux enjeux européens, etc. Ces discours, qui circulent dans le monde économique comme dans l’espace public, ne sont pas qu’un « air du temps » ou un Zeitgeist. Une série de dispositifs et d’institutions sociales assurent leur diffusion et divers acteurs sociaux en tirent ressources économiques et profits.
Ce dossier s’intéresse aux biens symboliques que l’entreprise fabrique « sur » et « pour » elle-même. Il montre comment certains des topiques de ces « écritures institutionnelles » s’enracinent dans des univers professionnels concrets (consulting, lobbying, management, etc.), dans des pratiques (édition de livres, organisation de colloques, médiation entre concurrents économiques, promotion auprès de l’État de nouveaux dispositifs administratifs, etc.) et s’incarnent chez des acteurs sociaux désireux de se parfaire via des modèles d’accomplissement professionnels. En d’autres termes, il se donne pour objet l’ensemble des acteurs et des procédés qui participent à la rénovation des « façades institutionnelles » des firmes et à l’actualisation des formes de légitimation de leur utilité sociale et de leur organisation interne, contribuant ainsi à l’émergence d’une « nouvelle entreprise ».

Page 5 à 16
Introduction
Isabel Boni-Le Goff et Sylvain Laurens   Les entrepreneurs de la « nouvelle entreprise » : Acteurs, pratiques et dispositifs d'une écriture institutionnelle 

Page 17 à 46
Sylvain Laurens   Make it E.U. friendly Les entrepreneurs du « patronat européen » face aux logiques de la concurrence économique

Page 47 à 71
Isabelle Bruno   Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des « gourous » aux « missionnaires » de la qualité

Page 73 à 99
Sylvain Thine et al.   Entreprendre et dominer Le cas des consultants

Page 101 à 130
Soline Blanchard et al.   Une cause de riches ? L'accès des femmes au pouvoir économique

Page 131 à 154
Sarah Abdelnour   L'entrepreneuriat au service des politiques sociales : La fabrication du consensus politique sur le dispositif de l'auto-entrepreneur

jeudi 28 février 2013

Critique des sondages (actes du colloque), Sous la direction de Alain Garrigou

Critique des sondages (actes du colloque)

Sous la direction de Alain Garrigou 

2013

Avec :
Howard S. Becker
Patrick Champagne
Jeremy Mercier
Nicolas Kaciaf
Nicolas Hubé
Patrick Lehingue
Daniel Gaxie
Rémy Caveng

Ce livre reprend les communications du colloque « Critique des sondages » du 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Celui-ci a été organisé par Le Monde Diplomatique et l’Observatoire des sondages. Il a reçu l’aide des Amis du Monde diplomatique, de Virginie D’Eau et de Richard Brousse.
- Pour télécharger l’intégralité de l’ouvrage - 10€ - cliquer
- Vous pouvez également télécharger une partie seulement de l’ouvrage - 2€ l’article - en cliquant sur les liens hypertextes placés sous chaque extrait.
NB : Une fois votre paiement effectué faire un clic droit sur le lien retour à l’Observatoire pour télécharger le document choisi (format PDF).

- Introduction – A quoi sert la critique ? (Alain Garrigou) - page 5 à 11. (article intégral en accès libre)

- Chapitre 1 – Les sciences sociales et la critique des sondages aux États-Unis (Howard S. Becker) - page 13 à 22.
Extrait  :....Une première attaque en règle, mordante et profonde des études et enquête d’opinion aux Etats-Unis est venue de l’un des grands critiques de la sociologie : Herbert Blumer. En décembre 1947, American Sociological Association tint son congrès annuel dans la ville de New York. Blumber y donna une communication intitulée : « Public Opinion and Public Opinion Polling ». Imaginons la scène. Blumer, une grande et imposante silhouette, ancien joueur professionnel de football américain, ancien étudiant brillant de Robert E. Park et George Herbert Mead, souvent considéré comme l’un des fondateurs de l’école de sociologie de Chicago, et s’exprimant dans un style oratoire impressionnant. Il était alors, et a été pendant de nombreuses années professeur de sociologie à l’Université de Chicago....(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 2 – « Faire l’Opinion » 20 ans après (Patrick Champagne) - page 23 à 29.
Extrait : ...Mais cette méfiance affichée à l’égard des sondeurs – « leurs enquêtes sont biaisées », « ils polluent le débat démocratique », « ils manipulent les électeurs », etc. – masquait des usages alors plus cachés des sondages qui commençaient à se diffuser dans les états-majors de nombre de partis, les sondeurs devenant progressivement des conseillers discrets des responsables politiques, contribuant, sondages à l’appui, à élaborer ou à faire infléchir des programmes électoraux et à introduire la logique du marketing commercial dans l’élaboration des campagnes électorales.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 3 – Sondages à l’italienne (Jérémy Mercier) - page 30 à 35.
Extrait : ...L’Italie n’est pas la « mère patrie » des sondages mais elle peut, tout comme la France, être particulièrement considérée, en miroir inversé, comme une forme de République des sondages ou une République « sondomane ». Le rythme effréné avec lequel les entreprises de sondages transalpines produisent leurs chiffres entraîne une redéfinition de la vie publique et une modification des règles du jeu démocratique.(...) En Italie, il faut croire que les manipulations sont plus grossières encore, mais plus divertissantes aussi, surtout quand Silvio Berlusconi lui-même intervient par surprise lors d’émissions de télévision auxquelles il n’a pas été convié pour « corriger » les errances dans les sondages ou opinions le concernant. (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 4 – Les usages gouvernementaux des sondages d’opinion (Nicolas Kaciaf) - page 36 - 46.
Extrait  : ...L’accès aux ressources sondagières constitue un véritable enjeu de pouvoir au sein des instances gouvernementales. Mais, contrairement aux apparences, cet enjeu ne tient ni à l’avantage stratégique, ni aux opportunités d’action qu’offrirait la détention des données d’enquête dans la compétition politique. Malgré les coûts engagés, les études demeurent souvent superficielles, ambigües et, surtout, réduites à quelques informations synthétiques et peu significatives. L’équivocité des résultats confèrent aux sondages des vertus « magiques ». Comme n’importe quel secret, les données sondagières érigent leurs possesseurs en initiés. Elles ne sont jugées importantes et elles n’octroient de l’importance à ceux qui y accèdent qu’en raison des efforts accomplis pour en conserver l’exclusivité...(Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 5 – Quand « les sondages » nous parlent…La médiatisation d’un instrument du jeu politique (Nicolas Hubé) - page 47 à 56.
Extrait  : ...Cet article repose, d’une part, sur une analyse de quatre quotidiens nationaux (Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Parisien) et du journal de 19h sur France Inter au second semestre 2010 ; d’autre part, il repose sur une analyse du Monde du 1er juillet 2011 au 30 octobre 2011.(...) Il existe bien une tendance générale à un recours massif « aux sondages » dans les pages politiques. Plus d’un sondage tous les deux jours est ainsi évoqué, en 2010, sur France Inter (104), à L’Humanité (102 pour 186 éditions), à Libération (68) ; un tous les trois jours au Figaro (40) et au Parisien (55). Au Monde au second semestre 2011, si l’on fait abstraction des 24 sondages ne traitant pas de politique nationale, on dénombre plus de trois sondages traités tous les quatre jours (82 pour 105 éditions)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 6 – Sur un battement d’ailes de papillon. Modes de conception et de circulation de deux enquêtes hors contexte (Patrick Lehingue) - page 57 à 70.
Extrait  : ...De manière purement métaphorique, le battement d’aile d’un papillon au Brésil désignera ici le petit coup de force symbolique réalisé dans le micro univers des entreprises de sondages par les responsables d’une P.M.E. émergente, Harris Interactive, au printemps 2011. Comme on s’en souvient peut être, l’initiative - techniquement audacieuse mais médiatiquement très payante - fut prise de réaliser et surtout de faire publier coup sur coup dans le Parisien Aujourd’hui (éditions des dimanche 6 et mardi 8 mars 2011) deux sondages préélectoraux plaçant, pour la première fois dans l’histoire française des sondages, la candidate du FN, Marine Le Pen, en première position des intentions de vote, ce quelque soit la configuration – alors très ouverte - des candidatures socialistes : Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, pour le premier sondage (sur-titré en une du Parisien, « Marine Le Pen, en tête »), D. Strauss Kahn et F. Hollande, pour la seconde enquête (toujours en première page du Parisien, « Sarkozy, Strauss Kahn, Hollande, tous battus »)..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 7 – Renforcements circulaires et routines méthodologiques. Les présupposés d’interprétations et les résultats des enquêtes d’opinion (Daniel Gaxie) - page 71 à 83.
Extrait : ...Nous avons mené pendant plusieurs années une enquête par entretiens approfondis, avec des questions ouvertes, auprès de citoyens de divers milieux sociaux en Allemagne, France, Italie et Pologne afin de connaître leurs opinions et attitudes à l’égard de l’intégration européenne. En France, nous avons également mené des analyses de conversations (focus groups) auprès de personnes appartenant à des milieux diversifiés. Les opinions et attitudes des citoyens sur les questions européennes sont également l’objet d’enquêtes d’opinion standard à partir de questions fermées administrées à des échantillons des populations des États membres de l’Union Européenne. Certaines de ces enquêtes, les Eurobaromètres, sont conduites deux fois par an depuis 1973. Elles sont commandées, contrôlées et publiées par la Commission Européenne. (...) Il suffit en effet de faire et de laisser parler, avec leurs propres mots, des citoyens de diverses catégories pour apercevoir l’abîme qui sépare, pour la plupart d’entre eux, le rapport réel à la construction européenne de l’image enchantée qu’en donnent les enquêtes d’opinion standard.... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 8 - Peut-on croire à la qualité des enquêtes par téléphone ? (Rémy Caveng) - page 84 à 90.
Extrait  : ....L’organisation du travail dans les centres d’appel, que d’aucuns désignent comme des « usines modernes » où s’élabore une sorte de taylorisation du travail relationnel et une rationalisation de l’activité langagière, ainsi que la course à la productivité ne créent pas les conditions d’un recueil d’information de qualité. Outre un environnement extrêmement bruyant qui ne favorise guère la concentration, les enquêteurs sont soumis à des exigences élevées en termes de cadence. S’ils veulent se maintenir dans le secteur et vivre de cette activité, le respect de ces dernières est impératif tant il conditionne leurs chances de se voir confier de nouvelles missions lorsqu’ils sont employés sous le statut de vacataire (cas le plus courant) ou d’obtenir des heures complémentaires lorsqu’ils sont employés en CDI à temps partiel (très rare). Et ce, qu’ils soient payés à l’heure ou au questionnaire, ce dernier mode de rémunération impliquant en lui-même une course individuelle à la productivité puisqu’aucune rémunération n’est garantie..... (Télécharger l’article - 2 €)

- Chapitre 9 - Une hostilité ordinaire aux sondages (Alain Garrigou) - page 91 à 99.
Premières lignes : On pourrait croire que, à part quelques sociologues jaloux, les sondages entraînent une adhésion générale : celle des producteurs qui croient à ce qu’ils font, des commentateurs qui citent des chiffres comme des données évidentes et significatives et celle du public dont les médias se prévalent pour justifier leur publication. Comment le public serait-il donc hostile alors que, depuis les origines, les sondeurs soutiennent que les sondages sont démocratiques et ne se privent pas toujours de juger que leurs critiques sont antidémocrates ? Or, insondable paradoxe, il semble bien que les sondages ne soient pas populaires ou encore que les citoyens leurs soient assez largement hostiles, au moins sceptiques..... (Télécharger l’article - 2 €)

(Source: Observatoire des sondages)

jeudi 3 janvier 2013

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales N° 178, Juin 2009, Interrogatoire

en ligne:  Actes de la recherche en sciences sociales N° 178, Juin 2009, Interrogatoire

SOMMAIRE

Page 4 à 11
Laurence Proteau   Interrogatoire. Forme élémentaire de classification
Page 12 à 27
Laurence Proteau   L'économie de la preuve en pratique Les catégories de l'entendement policier
Page 28 à 49
Vincent Dubois   Le paradoxe du contrôleur Incertitude et contrainte institutionnelle dans le contrôle des assistés sociaux
Page 50 à 61
Hélène Michel et Laurent Willemez   Le monde du travail comme jugement et représentation Les conseillers prud'hommes en audience
Page 62 à 79
Bertrand Geay et al.   La remise en ordre symbolique de l'institution Les conseils de discipline dans l'enseignement secondaire
Page 80 à 87
Romuald Bodin   Les signes de l'élection Repérer et vérifier la conformation des dispositions professionnelles des élèves éducateurs spécialisés
Page 88 à 97
Rémy Caveng   Inversement des positions et ré-enchantement de l'interaction La relation d'enquête dans les sondages et les études de marchés
Page 100 à 113
Bertrand Réau   Les modalités de l'embauche dans une multinationale des loisirs
[ Résumé ][ Version HTML ][ Version PDF ]

mercredi 17 octobre 2012

Séminaire: "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" (CERAPS, CURAPP-ESS, CLERSE), 2012-2013

Séminaire inter-laboratoires interdisciplinaire sur "Penser l’État avec Pierre Bourdieu" entre le CERAPS (UMR 8026, Lille), le CURAPP-ESS (UMR 7319, Amiens) et le CLERSE (UMR 8019, Lille).
L’objet de ce cycle de séminaires est de réunir des économistes, historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues en vue de « penser l’État à partir de Bourdieu ». Il s’agit de créer un lieu de réflexion et un terrain d’échanges interdisciplinaires pour y croiser les regards et les approches de diverses sciences sociales sur la question étatique :
Qu’est-ce que l’État ? Qu’est-ce que penser l’État ? Qu’est-ce que la « pensée d’État », quelle est son autorité et comment se déploie-t-elle ? Dès lors, comment, d’un point de vue épistémologique, appréhender l’État au moyen d’un discours à prétention scientifique alors même que l’État est souvent l’initiateur des savoirs qui le concernent ? Comment mobiliser l’ensemble (ou du moins une vaste partie) des disciplines des sciences sociales pour pouvoir mieux penser l’État de manière objective, c’est-à-dire nécessairement distanciée ou réflexive, puisque non empreinte des catégories de la pensée d’État qui s’imposent quasi spontanément à ceux qui vivent et pensent en son sein ?
Une double actualité éditoriale et politique compose en effet un contexte stimulant pour revisiter ce questionnement. La récente publication des cours Sur l’État de Pierre Bourdieu au Collège de France (1989-1992)[1], d’une part, et la crise globale qui éprouve le pouvoir souverain, d’autre part, offrent à la fois des outils conceptuels et des cas d’étude empiriques pour interroger cet objet de recherche (scientifique) et de lutte (sociale) qu’est l’État.
Destiné à l’ensemble des (enseignants-)chercheurs amenés à croiser cette figure incontournable qu’est l’État dans leur champ d’étude, ce séminaire intéressera également les doctorants et étudiants de deuxième cycle, ainsi qu’un public plus large concerné par les transformations de l’institution étatique, qu’il s’agisse d’élus locaux, de responsables associatifs, d’agents administratifs, ou de citoyens soucieux de comprendre les conditions d’exercice des pouvoirs publics. C’est pourquoi le programme des séances sera largement diffusé par voie d’affichage et par courrier électronique, et leur lieu de tenue alternera entre la MESHS, le CERAPS à Lille, le CLERSÉ à Villeneuve d’Ascq, et le Curapp-ESS à Amiens.
L’organisation des séances visera à animer une réflexion collective autour d’intervenants issus des différents laboratoires régionaux, mais ouverte à un plus large public qui pourra contribuer à la discussion. L’enjeu est ainsi de manifester la pertinence des travaux en sciences de l’homme et de la société pour penser les États contemporains.
Une attention toute particulière sera accordée aux apports des travaux de Pierre Bourdieu pour penser l’État. C’est notamment à partir de ses cours au Collège de France que notre réflexion collective se structurera. Non pas qu’ils constituent forcément un point de ralliement, mais ils offrent un carrefour où peuvent se rencontrer et dialoguer les différentes disciplines mobilisées dans notre cycle (science politique, sociologie, philosophie, économie, droit, etc.). Les thèmes que nous avons choisis pour les huit séances prévues se veulent ainsi le reflet de ce dialogue possible.
L’État sera, en effet, abordé sous de multiples facettes. Nous nous intéresserons en premier lieu aux multiples théories de l’État afin d’avancer sur ce qui pourrait en être une définition. Nous aborderons ensuite les questions liées à sa genèse historique et sociale, en suivant le fil de son institutionnalisation. Il sera aussi question du pouvoir de l’État, notamment de son pouvoir symbolique et de sa capacité à produire des normes, du droit, et des croyances. Nous nous pencherons sur les agents de l’État, ceux que Bourdieu a appelé ailleurs « la noblesse d’État »[2], et à leurs stratégies de reproduction dans l’espace bureaucratique. Nous terminerons par une réflexion sur l’État en ce qu’il peut être considéré comme un champ, c’est-à-dire non pas comme un bloc monolithique mais comme un espace d’oppositions, de confrontations, de luttes à la fois politiques et symboliques entre des agents et groupes sociaux dotés de propriétés sociales et de dispositions différentes, placés en concurrence pour le pouvoir de et sur l’État.
Ce programme de recherche nous semble requérir, de par son objet même, de rassembler les différentes disciplines parties prenantes du projet de ce séminaire. En effet, d’une part, la science politique se retrouve dans toutes les interrogations qui concernent l’exercice du pouvoir étatique. D’autre part, la sociologie est directement concernée par toutes les questions qui abordent notamment les représentations et les actions des agents d’État. L’Etat est justement un lieu essentiel de production de catégories de pensée et d’action (que l’on pense par exemple aux « Professions et catégories socio-professionnelles » – PCS, entrées dans le langage commun mais qui constituent d’abord une nomenclature administrative des activités productives à des fins statistiques). De même, l’économie, pour peu qu’elle attache de l’importance non pas seulement aux marchés mais aussi aux institutions qui les façonnent, trouve dans les questionnements sur l’État le moyen d’enrichir sa vision du pouvoir, des normes et des croyances dans l’économie et des réponses à la performativité de ses discours. C’est également en termes de normes – mais sans doute aussi de croyances – qu’une réflexion sur l’État intéresse évidemment le droit. Bien que ce processus de régulation sociale puise très largement sa normativité à la source étatique, il fait notamment face aujourd’hui à un désengagement de l’État, lequel se voit débordé dans son rôle d’édiction de normes à la fois par des formes de droit spontané, infra-étatique, et par les processus liés à l’internationalisation, la porosité accrue des ordres juridiques et la montée en puissance de la jurisprudence d’organes supra-étatiques. Enfin, la philosophie, outre qu’elle est souvent à l’origine des réflexions sur ce qu’est l’État et sa légitimité, trouve dans la confrontation avec les sciences sociales, qui disposent de savoirs positifs, la possibilité d’acquérir une plus grande réflexivité encore sur ses objets et ses approches. Confrontée à l’appropriation par l’État et ses mandants de la « pensée d’État », elle doit toujours se situer dans une distance – dans une position nécessairement critique – pour appréhender l’État sans être contaminée par ce qu’il pense de lui-même (à travers toutes les instances administratives chargées de le définir, de le maintenir et de le construire en le pensant). En ce sens, on s’interrogera aussi sur la possibilité pour la philosophie de penser l’État sans reprendre à son compte, de manière a-critique, les catégories de la pensée d’État et, à travers un examen réaliste de ses conditions de possibilité, de penser le pouvoir de l’État (son origine et sa provenance) et, à partir de là, la possibilité et les conditions de sa légitimité.
Ce séminaire vise donc à renouveler la pensée sur l’État, en s’appuyant sur les travaux les plus récents de P. Bourdieu, de manière à mobiliser l’ensemble des disciplines susceptibles, si cela s’avère légitime, de construire un savoir sur l’État qui ne soit plus une pensée d’État. Ce faisant, il réunira trois des laboratoires des régions Nord-Pas de Calais et Picardie parmi les plus reconnus sur ces questions, en essayant de cumuler les apports de l’interdisciplinarité qui fait déjà la marque de chacun (droit, science politique et sociologie pour le CERAPS ; économie et sociologie pour le CLERSÉ ; droit, science politique, sociologie et philosophie pour le CURAPP-ESS). Ce cycle de séminaires permettra donc d’amorcer un travail interdisciplinaire et inter-laboratoires qui pourra déboucher sur l’élaboration de projets de recherche communs. Les communications et discussions seront également valorisées sous la forme de publications dans des revues (la Revue française de socio-économie a déjà manifesté son intérêt) et de working papers. Elles pourront également donner lieu à des articles de vulgarisation. Enfin, sur un plan pédagogique, ce séminaire de recherche pourra être articulé avec des enseignements en master (par exemple, les étudiants du cours « Socio-histoire de l’État » en M1 Science politique-Action publique à l’université Lille 2, seront invités à participer aux séances et à en proposer une restitution) ; les doctorants des différents laboratoires seront étroitement associés à l’organisation de ce séminaire de recherche. De manière plus informelle, nous souhaitons que ce cycle contribue à tisser des liens plus étroits entre les disciplines et les équipes de nos laboratoires respectifs afin de repérer des complémentarités et des collaborations possibles.

[1]            Pierre Bourdieu, Sur l’État. Cours au Collège de France 1989-1992, Paris, Raisons d’agir/Seuil, 2012.
[2]            Pierre Bourdieu, La Noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989.

(source: CURAPP)
-----------

mercredi 8 février 2012

2012 : les sociologues s’invitent dans le débat



2012 : les sociologues s’invitent dans le débat
Textes rassemblés par Louis Pinto
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
L’expérience de la collection savoir/agir révèle la richesse et l’originalité des analyses proposées par des intellectuels critiques. Or ceux-ci, plus familiers avec la description et l’explication du réel qu’avec l’élaboration de programmes, ne sont pas à l’aise dans une conjoncture électorale. Mais, précisément pour cette raison, ils ne sont pas nécessairement mal placés pour faire ce qu’eux seuls sont en mesure de faire. À savoir d’une part, étblir un diagnostic synthétique de l’état des choses dans un domaine de leur compétence ; d’autre part, énumérer un certain nombre de points qui leur semblent décisifs pour ce que pourrait être une politique de gauche.
L’exercice de militantisme intellectuel proposé ici a quelque chose de paradoxal. Alors que la gauche de gauche se voit d’ordinaire associée à des idées dites maximalistes, il s’agit de favoriser, sur des points précis, la formulation de principes d’action en deçà desquels une gauche digne de ce nom ne pourrait que se déjuger : non pas placer la barre très haut, la placer plutôt au minimum, un minimum qui pourrait aussi être l’essentiel, bref ce qui ne saurait être escamoté.
L’urgence semble aujourd’hui de montrer qu’autre chose est possible, réalisable, en refusant à la fois la capitulation social-démocrate devant la loi d’airain du capitalisme financier et le délire incantatoire du discours « anticapitaliste ». Le « réalisme utopique » dont parlait Bourdieu ne se distingue ni par les fausses précisions du discours d’expert ni par des proclamations grandioses mais vagues : il consiste à chercher les points précis où peut se faire un basculement des rapports de force en faveur de la justice sociale, de la démocratie et de la maîtrise collective du futur. Être « radical » consiste à être simplement conséquent : c’est, après avoir pris connaissance des questions posées, chercher des réponses qui pourraient être à la hauteur de ces questions. En matière d’environnement ou de marché financier, la réalité se charge de montrer que des idées autrefois considérées comme radicales, et donc exclues de l’horizon du pensable, ne sont pas aussi extravagantes qu’on avait bien voulu le dire.
Table des matières
Aller à l’essentiel
Louis Pinto
Sortir du capitalisme financier, étape nécessaire, mais non suffisante d’une alternative globale
Frédéric Lebaron
La crise est là
Le capitalisme financier reste dominant
Ordre et désordre néolibéraux
Quelles réponses ?
Réduire fortement et structurellement les inégalités de revenus et de patrimoines
Anéantir la spéculation financière
Faire du système bancaire un instrument au service d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux
Développer des mécanismes de solidarités
Remobiliser électoralement les milieux populaires
Céline Braconnier
Reconstruire l’électorat populaire
Ce qui peut faire voter malgré le désenchantement
Une démocratie sociale apportant plus de pouvoir aux salariés
Sophie Béroud et Karel Yon
Un remède à la crise ?
Des syndicats plus « légitimes » pour négocier dans l’entreprise
Démocratie sociale ou fétichisme de la négociation ?
Vers de véritables points d’appui pour conférer du pouvoir aux salariés
Pour une réappropriation collective de la démocratie locale
Michel Koebel
Comment contrecarrer ces tendances ?
La désocialisation de la santé
Frédéric Pierru
Le dilemme électoral du candidat Sarkozy
La privatisation progressive du financement des soins courants
La révolution conservatrice de la médecine libérale
Les cliniques au secours de la Sécu…
Une santé de moins en moins publique
Le remède : reconstruire les quatre services publics constitutifs du système de santé égalitaire et solidaire
« Délinquance zéro »
Gérard Mauger
« Angélisme » – « Réalisme » ?
Sociogenèse des pratiques délinquantes ordinaires
Le répertoire des « politiques de sécurité »
Pour une « politique de gauche » face à la délinquance
Une autre justice
Laurent Willemez
La justice : fonction symbolique, fonction répressive
L’offensive contre le pouvoir judiciaire et les magistrats
L’affaiblissement de la fonction judiciaire par la RGPP
Une « autre justice » ?
Remettre les droits des étrangers au centre des politiques d’immigration
Emmanuel Blanchard et Alexis Spire
Défendre le droit à quitter son pays
Pour une régulation démocratique des mouvements migratoires
Construire une politique de l’hospitalité
Développer la sécurité et la stabilité juridique des règles d’entrée et de séjour
Un chômage contre les chômeurs ?
Emmanuel Pierru
Le poids du stigmate
La peau de chagrin des droits des chômeurs
Une assurance chômage qui assure de moins en moins
La paupérisation des chômeurs
Accompagnement ou contrôle renforcé des chômeurs ? La création de Pôle Emploi
Les laissés pour compte de la formation professionnelle continue
En guise de conclusion : réconcilier les chômeurs avec les syndicats et la gauche ?
L’école pour tous, enfin !
Bertrand Geay
Le bilan contrasté de « l’école unique »
L’incohérence du curriculum
La dialectique des ségrégations et de la concurrence
Une entreprise de déprofessionnalisation
Cinq propositions
Université : contre la bureaucratie de marché
Bertrand Geay, Samuel Bouron et Pierre Clément
Le marché à marche forcée
L’anomie bureaucratique
Quelques mesures d’urgence pour en sortir
Une recherche résolument publique et vraiment autonome
Louis Pinto
Gouvernance des personnels
Gouvernance de l’évaluation
Gouvernance de la recherche
Propositions
Transformer les médias
Henri Maler
Éléments de diagnostic
Quelques cibles
Constituer et constitutionnaliser un Conseil national des médias
Contrecarrer la concentration et la financiarisation des médias
Constituer un service public de l’information et de la culture
Garantir les droits des journalistes, des créateurs et des usagers
Affranchir les sondages politiques de l’emprise du marché
Rémy Caveng
Les sondages : un marché ; les sondeurs : des marchands
Une économie de la précarité
Que faire des sondages politiques ?

jeudi 3 novembre 2011

Colloque: Critique des sondages, 5 novembre 2011

Critique des sondages (Colloque)

(Samedi 5 novembre 2011, de 9 heures à 17 heures. Lieu : Assemblée nationale, 126 rue de l’Université, Paris 7e / Inscription Obligatoire - Nombre de places limitées. Contacter l’Observatoire des sondages, merci d’indiquer sujet « Colloque AN ».)

Colloque Le Monde Diplomatique – Observatoire des sondages

Il existe un courant critique des sondages qui, depuis longtemps, avec Herbert Blumer en 1948 (« Public opinion and public opinion polling »), Pierre Bourdieu en 1972 (« L’opinion publique n’existe pas »), apporte une contribution substantielle à la compréhension de sondages au-delà des clichés intéressés sur leur caractère naturellement démocratique et scientifique. Au moment où le rôle des sondages avec leur prolifération, leur place croissante dans la politique et leur dégradation qualitative les met sur la sellette, il est important de faire un bilan de cette critique. L’actualité politique aussi y contribue alors qu’une campagne électorale présidentielle a commencé et qu’une proposition de loi parlementaire est discutée.
Or, la critique scientifique monte à l’égard d’une économie des sondages de moins en moins liée à la science et à la démocratie. On saurait d’autant moins négliger cette critique qu’elle perdure, s’approfondit et s’assure de la pérennité par la relève générationnelle. Pourtant, ses penseurs sont généralement contraints de « débattre » avec des sondeurs pour paraître dans les médias, leur servir de caution et être choisis. Demande-t-on à des spécialistes des classes moyennes de n’apparaître qu’en compagnie de petits commerçants et autres membres des classes moyennes ? Il est temps que les débats scientifiques reprennent leur autonomie tout en ayant accès aux lieux de débats publics sans conditions préalables.
Dans ces circonstances, l’organisation d’une journée de colloque autour de spécialistes de l’opinion, des sondages et des médias peut être un moment important de réflexion. Le colloque se déroulera le 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, une manière de marquer l’utilité de la critique. Organisée dans les grandes villes universitaires de France à l’initiative des Amis du Monde Diplomatique, une série de conférences-débat suivra le colloque.



Programme provisoire


9 heures - Ouverture
- Serge HALIMI, directeur du Monde Diplomatique



Première partie : Histoire de la critique


- Howard S. BECKER (Etats-Unis) : La première critique des sondages : 1948, Herbert Blumer et l’école de Chicago
- Bernard LACROIX (Institut Universitaire de France) : « L’opinion publique n’existe pas », 40 ans plus tard
- Patrick CHAMPAGNE (CNRS) : Faire l’opinion, 20 ans après



Deuxième partie : Transformations des usages


- Nicolas KACIAF (Université Versailles-Saint-Quentin) : Les usages gouvernementaux des sondages d’opinion
- Nicolas HUBE (Université Paris-Sorbonne) : Les sondages dans les médias : des enjeux au service du jeu politique
- Jérémy MERCIER (Le Monde Diplomatique) : Sondages à l’italienne
- Hichem GUERFALI (3C Etudes) : Sondages et élections en Tunisie nouvelle : pourquoi l’interdiction ?

14 heures - Reprise


Troisième partie : méthodologies

- Patrick LEHINGUE (Université de Picardie) : Le battement des ailes de papillon : fabrique des sondages préélectoraux et effets politiques
- Daniel GAXIE (Université Paris-Sorbonne) : Ce que les méthodes font aux opinions : entretiens ou sondages, questions ouvertes ou fermées
- Rémy CAVENG (Université de Picardie) : Peut-on croire à la qualité des enquêtes par téléphone ?



Quatrième partie : Perceptions des sondages

- Richard BROUSSE (Observatoire des sondages) : Les apports de la veille à la compréhension des sondages
- Eric DARRAS (IEP Toulouse) : Retour à l’envoyeur. Les sondages vus d’en bas
- Alain GARRIGOU (Université Paris-Ouest) : A quoi sert la critique ?

17 heures - Clôture