« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 13 septembre 2023

Claire Vivès, Luc Sigalo Santos, Jean-Marie Pillon, Vincent Dubois, Hadrien Clouet. Chômeurs, vos papiers !

 

Claire Vivès, Luc Sigalo Santos, Jean-Marie Pillon, Vincent Dubois, Hadrien Clouet 

Chômeurs, vos papiers !

Raisons d'Agir

Raisons d'agir

2023


Présentation de l'éditeur

Plus les chômeurs et chômeuses sont nombreux·ses, plus ils et elles sont suspecté·es d’être la cause du chômage. Tel pourrait être le paradoxe des politiques de l’emploi, en France comme ailleurs. Que celles-ci prennent les traits américains du workfare ou ceux plus européens de l’activation, l’objectif est le même : pousser les chômeurs·ses à travailler et, pour cela, conditionner les allocations à un contrôle de plus en plus strict de leur recherche d’emploi. 

En replaçant les évolutions du contrôle dans l’histoire longue du chômage, ce livre montre comment son intensification dans la période récente a été pensée, mise en œuvre et justifiée au nom de la « redynamisation » des chômeurs·ses, au point d’être désormais présenté comme une nouvelle forme d’accompagnement. Cette euphémisation tranche avec la virulence des discours politiques sur le sujet, tout autant qu’elle masque les effets délétères de ce traitement coercitif. Car si le contrôle vise à adapter les comportements des chômeur·es à des exigences institutionnelles, il s’agit aussi de satisfaire celles des entreprises. Mettre la pression sur les chômeurs·ses, c’est ainsi perpétuer l’ascendant des employeur·ses dans le rapport de force qui les oppose aux salarié·es en matière de revenu et de conditions de travail. Aujourd’hui comme hier, la cause des chômeurs·ses est bien celle des travailleurs·ses. 

Claire Vivès est ingénieure de recherche au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), LISE et CEET. Elle a notamment signé «L’objectivité sous contrôle : analyse d’une évaluation randomisée de programmes d’accompagnement de demandeurs d’emploi », Revue française de sociologie, 2019, 60-1, p. 73-94. 

Luc Sigalo Santos est maître de conférences en science politique à Aix-Marseille, LEST. Il a écrit L’administration des vocations. Enquête sur le traitement public du chômage artistique en France (Dalloz, 2018). 

Jean-Marie Pillon est maître de conférences en sociologie à Paris-Dauphine, IRISSO. Il a écrit Pôle emploi : Gérer le chômage de masse (PUR, 2017). 

Vincent Dubois est professeur de sociologie et de science politique à Sciences Po Strasbourg, SAGE. Il a déjà publié deux livres chez Raisons d’agir : Contrôler les assistés : genèses et usages d’un mot d’ordre, (2021) et La culture comme vocation (2013). 

Hadrien Clouet est docteur en sociologie et député de Haute-Garonne. Il a écrit Rationner l’emploi : la promotion du temps partiel par les services publics d’emploi allemand et français, (Éditions de la MSH, 2022). 

 

 

mardi 13 avril 2021

Vincent Dubois, Contrôler les assistés. Genèses et usages d’un mot d’ordre

 


Vincent Dubois
Contrôler les assistés
Genèses et usages d’un mot d’ordre
Raisons d'Agir
Cours et Travaux
2021
 
 
Présentation de l'éditeur
Contrôler les assistés s’est imposé à partir des années 1990 en France comme un mot d’ordre politique, bureaucratique et moral. Jamais les bénéficiaires d’aides sociales, et parmi eux les plus précaires, n’avaient été aussi rigoureusement surveillés, ni leurs illégalismes ou leurs erreurs si sévèrement sanctionnés. Ce renforcement du contrôle n’est cependant pas réductible à des préoccupations financières. Ainsi, moins sévèrement réprimés, l’évasion fiscale ou les défauts de paiement des cotisations sociales par les employeurs atteignent des montants sans commune mesure avec ceux qui concernent les erreurs ou abus des bénéficiaires d’aides sociales, traqués sans relâche.
Un mécanisme implacable à plusieurs facettes sous-tend cette spirale rigoriste à l’égard des assistés : des leaders politiques qui pourfendent la fraude sociale et qui parviennent à stigmatiser leurs contradicteurs comme naïfs ou complices ; des administrations qui surenchérissent dans des technologies de contrôle toujours plus performantes ; une division du travail bureaucratique qui déréalise et déshumanise le traitement des cas ; le fonctionnement interne de commissions où la clémence est toujours plus difficile à défendre que la sévérité ; le point d’honneur professionnel du contrôleur de la caisse locale qui traque la moindre erreur au nom de l’exactitude des dossiers.
Au nom de la responsabilisation individuelle, de la lutte contre l’abus, de la maîtrise des dépenses, un service public fondamental qui vise à garantir des conditions de vie dignes à tous les citoyens contribue désormais à un gouvernement néopaternaliste des conduites qui stigmatise et précarise les plus faibles.
 
L'auteur Vincent Dubois est professeur de sciences politiques à l'Université de Strasbourg. Il est l'auteur de travaux reconnus sur les politiques publiques (en matière de culture ou de protection sociale), ainsi que d'analyses novatrices sur le champ bureaucratique et le fonctionnement de l'Etat.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 17 mai 2011

en ligne: Vincent Dubois, Action publique et processus d’institutionnalisation, HDR

Vincent Dubois

Action publique et processus d’institutionnalisation

Sociologie des politiques culturelle et linguistique et du traitement bureaucratique de la misère
mémoire pour l’habilitation à diriger les recherches en sociologie, coord. R. Lenoir, Université de Paris I, 2001, 273 p.
résumé
Ce travail vise à proposer un cadre pour une analyse sociologique de l’action publique. Il part pour cela des relations qui s’établissent entre action publique et processus d’institutionnalisation, et ce à trois niveaux. D’abord en revenant sur les processus socio-historique d’institutionnalisation de l’action publique, en s’attachant en particulier à l’émergence et la stabilisation des catégories d’intervention publique. Ensuite en considérant les formes de l’action publique comme des « formes sociales cristallisées » (Durkheim), plus largement révélatrices de l’institutionnalisation du social. Enfin en révélant les modalités d’institutionnalisation du social par l’action publique, reprenant notamment à nouveaux frais la question des modes d’exercice de la violence symbolique par les autorités publiques. Cette perspective d’ensemble trouve à s’appliquer dans deux domaines : celui de la gestion publique des formes symboliques, étudié à partir des politiques culturelles et linguistiques ; celui du traitement public de la misère, appréhendé au travers du traitement bureaucratique des fractions précarisées des classes populaires.
PDF
HDR_VD.pdf(1.2 MB)


TEL (thèses-en-ligne)
site de Vincent Dubois