« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 9 avril 2026

Sylvain Bordiec, La solitude des vivants. Les illusions du « lien social »

 

 

 

Sylvain Bordiec

La solitude des vivants

Les illusions du « lien social »

Raisons d'Agir

Raisons d'agir 

2026

 

Présentation de l'éditeur

Le 23 mai 2025, en réponse aux « épidémies de solitude » diagnostiquées par des scientifiques dans le monde entier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) adopte une résolution établissant que « les liens sociaux sont des piliers de la santé publique ». Cette décision s’inscrit dans l’invention de la solitude comme problème public, destiné à élaborer des politiques pour ces femmes et ces hommes comptant moins que les autres dans la société et connaissant diverses formes « d’insignifiance sociale ». Pendant 5 ans, le sociologue Sylvain Bordiec a enquêté à la fois sur les institutions impliquées dans les mesures de lutte officielle contre la solitude (administrations, entreprises, fondations, associations de solidarité, etc.) et sur les personnes (presque) « sans personne » qui sont la cible de ces politiques.

Il montre que ces luttes, hautement légitimes parce qu’en apparence apolitiques, sont en réalité fondées sur des inégalités de classe, et en particulier sur l’opposition commune entre solitude épanouissante, privilège des dominants et solitude aliénante, lot des dominés. Elles consistent alors moins à réduire les « coupures sociales » qu’à les rendre supportables. En établissant que ce combat est impulsé par les pouvoirs politiques et économiques mais surtout accompli par des bénévoles et les « sans personne » elles-mêmes, La solitude des vivants dévoile ce que ces luttes sont réellement : les laboratoires d’un traitement gratuit des questions sociales et sanitaires fondé sur des attentes de bonne volonté individuelle. Forces de survie des pauvres, des malades et des vieux, elles sont aussi des forces de perpétuation des inégalités. 

Sylvain Bordiec est sociologue à l’Université de Bordeaux 

vendredi 6 janvier 2023

Les structures sociales de l’action publique. Analyser les politiques publiques   avec la sociologie des champs (Sous la direction de Vincent Dubois)

 

 

Les structures sociales de l’action publique

Analyser les politiques publiques   avec la sociologie des champs

Sous la direction de Vincent Dubois

du Croquant

Action Publique

2023


Présentation de l'éditeur

Comprendre une politique publique, son orientation, son style, ses instruments, implique de reconstituer la structure des relations sociales qui sont à son principe. Parmi les différents outils mobilisables pour réaliser un tel programme, la sociologie des champs de Pierre Bourdieu apparaît particulièrement féconde. Ce livre illustre la portée d’une telle analyse, rarement mobilisée en matière d’action publique, en la mettant en œuvre sur des objets très différents (politiques économiques, usages politiques de l’histoire, salubrité alimentaire, gestion de l’eau, politiques de l’Union européenne, etc.). Il rassemble des contributions de chercheurs du monde entier (Australie, Brésil, Canada, États-Unis, France, Suisse) travaillant sur ces pays et d’autres encore (Argentine, Pérou, Pologne). Sur cette base, cette réflexion collective propose une autre manière de voir et d’analyser les politiques qui affectent la vie des populations et régulent les sociétés contemporaines.

 

Sommaire

Table des matières

Introduction
Vincent Dubois

A. les politiques sectorielles comme champs

1. Construire le champ du pouvoir scolaire :
socio-histoire et analyse structurale de deux moments critiques
Pierre Clément

2. L’espace de la politique économique au Brésil :
analyse des correspondances multiples et analyse de réseaux
Elisa Klüger

3. Le champ des politiques hydriques dans l’Ouest étasunien :
éléments d’interprétation des instruments d’ action
Joan Cortinas, Brian O’Neill & Franck Poupeau

4. La politique de sécurité comme produit du rapport de forces au sein du champ. Le cas de la Suisse au milieu des années 2010
Stephan Davidshofer, Amal Tawfik, Jonas Hagmann

5. De la théorie de l’État à la sociologie des champs de l’ action
publique en Amérique latine : la production des politiques
économiques au Pérou
Arthur Morenas

B. le champ bureaucratique et la production de l’ action
publique

6. Champ bureaucratique et sociologie de l’ action publique. De la structure de l’ administration à la production de l’ action publique
Victor Demenge et Melaine Robert

7. Le rôle de l’ autonomisation du champ bureaucratique dans le développement de l’ action publique : le cas de la politique canadienne de salubrité alimentaire entre 1874 et 1969
Caroline Dufour

8. L’ action publique comme produit de la structure professionnelle du champ bureaucratique
Victor Demenge

C. expertise et think tanks : des champs interstitiels

9. Des savoirs à la croisée des champs. Réflexions à partir du cas de l’expertise sur la radicalisation en France
Lili Soussoko

10. Sur la force des champs faibles : réflexion sur les think tanks et les champs interstitiels de l’ action publique
Thomas Medvetz

D. l’ action publique et les relations entre champs

11. L’emprise du champ journalistique sur l’ action publique nationale. Ou comment expliquer sociologiquement une décision gouvernementale « médiatique »
Jérémie Nollet

12. Les relations entre champ scientifique et champ bureaucratique en contextes « autoritaires » et « démocratiques » : la politique de l’histoire en Pologne

Valentin Behr

13. Les relations entre champs bureaucratique et entrepreneurial. Éclairages sur la contribution de l’ action publique à la délimitation des activités économiques légitimes

Antoine Roger

E. décision, mise en œuvre, circulation internationale : des processus revisités à la lumière de la sociologie des champs

14. La décision saisie par la sociologie des champs. L’exemple des grands travaux culturels présidentiels
Thomas Hélie

15. Analyser la mise en œuvre de l’ action publique européenne avec la sociologie des champs. Quelques remarques sur la politique de cohésion de l’Union Européenne
Vincent Lebrou

16. La circulation internationale et les champs de l’ action publique dans les pays périphériques : le cas latino-américain
Paul Hathazy

vi. les configurations internationales et leurs effets sur l’ action publique

17. Ce que le champ de l’Eurocratie nous dit des politiques européennes
Didier Georgakakis

18. Ce que le champ international fait aux politiques étrangères
Florent Pouponneau

conclusion
Vincent Dubois

index

auteurs 

 

 

 

 


p

jeudi 14 novembre 2019

Julie Gervais, L'impératif managérial. Désirs privés et devoirs publics d'un grand corps d'État


Julie Gervais
L'impératif managérial
Désirs privés et devoirs publics d'un grand corps d'État
Septentrion
Espaces politiques
2019


Présentation de l'éditeur
Régulièrement voués aux gémonies, associés à une caste, aux privilèges et à la technocratie, les grands corps d'État demeurent largement méconnus. Pour comprendre ce qu’ils sont précisément et les mécanismes qu’ils mettent en œuvre pour étendre et maintenir leur pouvoir, il était utile de partir à la rencontre des hauts fonctionnaires qui les incarnent. Ce livre saisit sur le vif le plus ancien d’entre eux, le corps des Ponts et Chaussées, au tournant du XXIe siècle. Il l’analyse aux prises avec un impératif managérial à l’œuvre dans les aspirations individuelles de ses membres, leurs carrières, les mutations de « leurs » grandes Écoles, l’évolution du contenu de leurs enseignements et les réformes administratives qu’ils mènent. Objet d’appropriations différenciées au sein du corps, l’impératif managérial tiraille ses membres entre leurs devoirs publics (être des managers de l’action publique au service de l’État) et leurs désirs privés (leur attirance pour le monde des affaires, la prééminence du secteur privé dans les orientations de leurs composantes). Loin de révéler un ensemble totalement harmonieux et concordant, cette enquête souligne la multiplicité des dynamiques qui travaillent un grand corps, tantôt le renforçant tantôt l’affaiblissant, au gré des évolutions plus macrosociales qui affectent les faiseurs de corps. S’attarder sur ces logiques c’est restituer les conditions sociales de la managérialisation de l’action publique et ce qu’elles nous disent des transformations du rapport à l’État. Ce livre offre ainsi des clés de lecture indispensables pour comprendre les agencements par lesquels les grands corps d’État ont construit leur pouvoir à la charnière des secteurs public et privé.
Julie Gervais est maîtresse de conférences en science politique à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse au CESSP (UMR 8209). Elle étudie les élites privées et publiques et leur participation à l'action publique, ainsi que la mobilisation des citoyen.ne.s par les multinationales.
 
 



 

lundi 21 mai 2018

Dominique Lorrain, L’urbanisme 1.0. Enquête sur une commune du Grand Paris

Dominique Lorrain
L’urbanisme 1.0
Enquête sur une commune du Grand Paris
Raisons d'agir
Raisons d'agir
2018


Présentation de l'éditeur
Avec le Grand Paris, la construction est repartie de plus belle : logements, équipements, infrastructures. Ce livre propose une lecture des transformations d’une commune de l’Est parisien à partir d’une « économie politique du détail ». Grâce à une étude minutieuse combinant plusieurs points de vue, il sort des grandes fresques pour expliquer comment la ville change par une suite d’opérations qui, répétées, modifient une rue, un quartier et la recomposent. Il donne à voir comment l’histoire s’écrit et quels en sont les impacts pour les habitants.
Quels sont les effets d’une densification qui réduit les espaces verts et ne prend pas en compte la voirie, le stationnement et les équipements? Ce livre riche en informations éclaire aussi plusieurs questions générales. Il interroge le pilotage de la politique du logement dans le Grand Paris. Il questionne le rôle des élus 35 ans après la décentralisation. En étudiant plusieurs opérations, il éclaire les notions d’asymétrie entre promoteurs et habitants, de « capture » des élus, il dévoile des niveaux de profits et de rente. Il démontre par des petites histoires significatives qu’il ne peut y avoir de changement sans vision et sans les « bonnes institutions ». Il aide finalement à mesurer l’ampleur du chemin à parcourir pour concevoir des « villes durables ».

jeudi 2 octobre 2014

Rénovations urbaines en Europe, Sous la direction de Agnès Deboulet et Christine Lelévrier

Rénovations urbaines en Europe
Sous la direction de
Agnès Deboulet et Christine Lelévrier 
P.U.Rennes
2014

Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage analyse les discours, les pratiques et les effets des politiques de « démolition-reconstruction » de logements dans des quartiers populaires centraux. Il interroge le sens de ces rénovations, en particulier pour les habitants concernés, selon cinq axes principaux : le renouvellement de l’action publique, les voies contestées de la concertation, la mixité sociale, le relogement et ses trajectoires et enfin l’évaluation.


Agnès Deboulet, sociologue, est professeur à l’université Paris 8 et chercheuse au centre de recherche sur l’Habitat – UMR LAVUE. Ses travaux portent sur les dimensions urbaines de l’internationalisation et la relation entre restructuration et rénovation urbaine, participation et citoyenneté.
Christine Lelévrier, sociologue, est professeur à l’institut d’urbanisme de Paris à l’université Paris-Est-Créteil et chercheuse au laboratoire Lab’Urba. Ses travaux portent sur la ségrégation, les mobilités résidentielles et les politiques de mixité sociale et de restructuration urbaine en Europe.

mardi 11 mars 2014

Vanessa Pinto, À l'école du salariat. Les étudiants et leurs "petits boulots"

Vanessa Pinto
À l'école du salariat
Les étudiants et leurs "petits boulots"
Le lien social
PUF
2014

Présentation de l'éditeur
« Expérience professionnelle » dotée d’une véritable valeur formatrice, initiation aux « réalités du monde du travail », moyen privilégié d’accéder à « l’autonomie » : en cohérence avec l’objectif de « professionnalisation » de l’enseignement supérieur, les discours sur les vertus de l’emploi étudiant se multiplient depuis quelques années, même si perdurent par ailleurs les discours dénonçant la précarité étudiante.
Cet ouvrage propose une analyse empirique des activités rémunérées des étudiants, en particulier de leurs « petits boulots ». Il mobilise les méthodes ethnographiques, statistiques et historiques et repose sur plusieurs enquêtes menées dans la restauration rapide, les centres d’appels et l’animation socioculturelle. Sont explorées non seulement la place des étudiants au sein du marché du travail, mais aussi la place de ces activités dans leur parcours. Offrant un éclairage inédit sur les inégalités au sein de la jeunesse étudiante, notamment dans le rapport au temps et à l’avenir, cette approche est aussi une façon de mieux comprendre les transformations du salariat et des modalités d’accès à l’emploi.
Vanessa Pinto est docteure en sociologie de l’EHESS, maître de conférences à l’université de Reims Champagne-Ardenne et chercheuse au Centre d’études et de recherches sur les emplois et les professionnalisations (URCA) et au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESS-Paris 1). Sa thèse a reçu le 1er Prix de l’Observatoire national de la vie étudiante.

lundi 14 octobre 2013

Corine Eyraud, Le capitalisme au cœur de l’État. Comptabilité privée et action publique

Corine Eyraud
Le capitalisme au cœur de l’État
Comptabilité privée et action publique
éditions du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1990, de plus en plus d’États connaissent une transformation majeure de leur système de comptabilité : ils passent d’une comptabilité publique spécifique destinée à contrôler la régularité de l’emploi des fonds publics à une compta­bilité privée d’entreprise, permettant d’évaluer un patrimoine et de calculer un résultat. C’est le cas de la France depuis le 1er janvier 2006. Cet ouvrage analyse le nouveau dispositif comptable de l’État français et le contexte dans lequel ce dispositif se déploie, en partie via le Nouveau management public. Mais quelles sont les conséquences de l’intégration de la rationalité économique au sein de l’État ? Que penser, par exemple, des choix de ne pas valoriser l’éducation, la recherche, la santé comme des investissements mais de les considérer comme des charges ?
En s’appuyant sur le cas de l’enseignement supérieur et de la recherche, Corine Eyraud montre à quel point ces transformations se posent en termes de perte de spécificités du secteur public. Et, même si la France – contrairement à la Grande-Bretagne par exemple – ne connaît pas encore une remise en cause profonde de son secteur public, l’esprit d’un « capitalisme néolibéral » pénètre ce secteur, et des pratiques de prédation sont déjà en place au service d’intérêts privés.
Dans une analyse claire et rigoureuse, l’auteur montre que nous faisons face à une nouvelle configuration acteurs privés-publics. Elle souligne la nécessité de penser ensemble les transformations de l’État et celles du capitalisme pour mieux en appréhender les enjeux, et appelle à l’émancipation de l’État.
Corine Eyraud est sociologue à l’université d’Aix-­Marseille, chercheur au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST). Ses travaux croisent les champs de la sociologie économique, de la socio­logie de la quantification, de la sociologie de l’État et de l’enseignement supérieur.

mardi 17 mai 2011

en ligne: Vincent Dubois, Action publique et processus d’institutionnalisation, HDR

Vincent Dubois

Action publique et processus d’institutionnalisation

Sociologie des politiques culturelle et linguistique et du traitement bureaucratique de la misère
mémoire pour l’habilitation à diriger les recherches en sociologie, coord. R. Lenoir, Université de Paris I, 2001, 273 p.
résumé
Ce travail vise à proposer un cadre pour une analyse sociologique de l’action publique. Il part pour cela des relations qui s’établissent entre action publique et processus d’institutionnalisation, et ce à trois niveaux. D’abord en revenant sur les processus socio-historique d’institutionnalisation de l’action publique, en s’attachant en particulier à l’émergence et la stabilisation des catégories d’intervention publique. Ensuite en considérant les formes de l’action publique comme des « formes sociales cristallisées » (Durkheim), plus largement révélatrices de l’institutionnalisation du social. Enfin en révélant les modalités d’institutionnalisation du social par l’action publique, reprenant notamment à nouveaux frais la question des modes d’exercice de la violence symbolique par les autorités publiques. Cette perspective d’ensemble trouve à s’appliquer dans deux domaines : celui de la gestion publique des formes symboliques, étudié à partir des politiques culturelles et linguistiques ; celui du traitement public de la misère, appréhendé au travers du traitement bureaucratique des fractions précarisées des classes populaires.
PDF
HDR_VD.pdf(1.2 MB)


TEL (thèses-en-ligne)
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