« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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dimanche 11 février 2024

Irénée Régnauld, Arnaud Saint-Martin, Une histoire de la conquête spatiale. Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space

 

Irénée Régnauld

Arnaud Saint-Martin 

Une histoire de la conquête spatiale 

Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space

La Fabrique

2024



Présentation de l'éditeur

Apollo, Ariane, Artemis… les programmes spatiaux se présentent à nous comme les épisodes d’une glorieuse épopée. Les motifs ont varié, flattant l’élan pionnier, la science, la quête de ressources nouvelles et plus récemment d’une hypothétique « planète B », mais le script est resté le même : en se projetant dans l’espace, l’humanité accomplit sa destinée.

Les archives de la conquête spatiale contredisent pourtant cette fable. Loin du rêve humaniste, ses objectifs sont avant tout militaires, dès les premières expérimentations des ingénieurs nazis bientôt reconvertis dans l’aérospatiale aux États-Unis pour mener de front la course à la Lune, aux satellites et aux missiles. Dans le sillage des space enthusiasts au sein des gouvernements et des armées, une puissante industrie s’est développée, surfant sur le marché des télécommunications et de la surveillance, spéculant sur les projets d’expansion cosmique les plus farfelus. Cet « astrocapitalisme » se caractérise aujourd’hui par une fuite en avant destructrice : tandis que les puissances spatiales et les milliardaires du New Space visent la Lune et Mars, débris et pollutions s’accumulent au sol et dans le ciel.

Si l’enchantement perdure, c’est qu’une vaste conquête des esprits est à l’œuvre, dont on verra que l’héroïsation des astronautes – hier intrépides aventuriers, aujourd’hui scientifiques éclairés – n’est qu’une dimension parmi les plus durables. Il existe pourtant d’autres usages de l’espace, ni guerriers ni marchands, plus contemplatifs et plus soutenables, qui offrent une voie alternative vers les étoiles.

Irénée Régnauld est consultant, essayiste et chercheur associé à l’université de technologie de Compiègne. Il a publié récemment, avec Yaël Benayoun, Technologies partout, démocratie nulle part. Plaidoyer pour que les choix technologiques deviennent l’affaire de tous (2020). Il a co-fondé l’association Le Mouton Numérique.
Arnaud Saint-Martin est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Ses publications portent sur l’histoire des sciences et techniques et l’étude des transformations de l’astronautique, de la Guerre froide à l’avènement du « New Space ». Il a publié récemment Science (2020). Il codirige la revue Zilsel – Science, Technique, Société.




mardi 7 mars 2017

écouter: Maurizio Ferraris, Mobilisation totale


écouter: Maurizio Ferraris, Mobilisation totale
L'invité du 12h30, 07.11.2016
Maurizio Ferraris
Mobilisation totale
PUF
2016
Présentation de l'éditeur
Pour la première fois dans l’histoire du monde, grâce au téléphone mobile, nous avons l’absolu dans notre poche. Mais avoir le monde en main signifie aussi, automatiquement, être aux mains du monde.
Toutes les cinq secondes en moyenne, votre portable se manifeste à vous. Cet ouvrage se penche sur ce phénomène de société et montre comment cette sollicitation permanente se transforme en dispositif de mobilisation.
Qui dit mobilisation dit militarisation. Ainsi le mobile nous transforme en militaires, abolissant la distinction entre public et privé, entre jour et nuit, entre travail et repos, en nous mobilisant en permanence : nous voilà sommés d’être sans cesse responsables, de ne rien oublier ni pardonner. Le portable aurait-il contribué à l'émergence d’un nouvel état de guerre ? 
Traduit de l’italien par Michel Orcel
Philosophe, professeur à Turin, Maurizio Ferraris a été directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. Il est notamment l’auteur du Manifeste du nouveau réalisme (Hermann, 2014) et de Goodbye, Kant ! (éditions de l’Éclat, 2009).