« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 11 septembre 2019

audio: Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République



audio: Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République
L'Invité(e) des Matins par Guillaume Erner, le 09/09/2019



Gérard Noiriel
Le venin dans la plume
Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République 
La Découverte
L'envers des faits
2019

Présentation de l'éditeur
La place qu’occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l’espace public français suscite l’inquiétude et la consternation de bon nombre de citoyens. Comment un pamphlétaire qui alimente constamment des polémiques par ses propos racistes, sexistes, homophobes, condamné à plusieurs reprises par la justice, a-t-il pu acquérir une telle audience ?
Pour comprendre ce phénomène, ce livre replace le cas Zemmour dans une perspective historique qui prend comme point de départ les années 1880, période où se mettent en place les institutions démocratiques qui nous gouvernent encore aujourd’hui. Ce faisant, il met en regard le parcours d’Éric Zemmour et celui d’Édouard Drumont, le chef de file du camp antisémite à la fin du xixe siècle. Car les deux hommes ont chacun à leur époque su exploiter un contexte favorable à leur combat idéologique. Issus des milieux populaires et avides de revanche sociale, tous deux ont acquis leur notoriété pendant des périodes de crise économique et sociale, marquées par un fort désenchantement à l’égard du système parlementaire.
Dans ce saisissant portrait croisé, Gérard Noiriel analyse les trajectoires et les écrits de ces deux polémistes, en s’intéressant aux cibles qu’ils privilégient (étrangers, femmes, intellectuels de gauche, etc.) et en insistant sur les formes différentes que ces discours ont prises au cours du temps (car la législation interdit aujourd’hui de proférer des insultes aussi violentes que celles de Drumont). L’historien met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire, et propose quelques pistes pour alimenter la réflexion de ceux qui cherchent aujourd’hui à combattre efficacement cette démagogie populiste.  
Gérard Noiriel est historien, directeur d’études à l’EHESS, et auteur de nombreux livres sur l’histoire sur l’histoire de l’immigration en France, sur le racisme, sur l’histoire de la classe ouvrière et sur les questions interdisciplinaires et épistémologiques en histoire. 

 

mercredi 26 septembre 2018

Communautarisme ? Sous la direction de Marwan Mohammed & Julien Talpin

 

Communautarisme ? 
Sous la direction de Marwan Mohammed & Julien Talpin
Seuil
2018


Présentation de l'éditeur
Le terme « communautarisme » renvoie à des mobilisations de groupes minoritaires, jugées illégitimes, qui réclameraient des droits spécifiques. Son usage croissant, et péjoratif, dans l’espace public est révélateur des rapports de pouvoir dans le contexte hexagonal. Mais si les accusations d’entre-soi et de revendications séparatistes font florès, les présupposés qui les soutiennent relèvent très largement du fantasme.
À partir d’enquêtes sociologiques de terrain, ce livre déconstruit ces a priori en montrant que les liens dits communautaires, l’entre-soi et l’homogamie sont des réalités largement partagées dans la société française, bien au delà des groupes minoritaires.
Non seulement les minorités ethno-raciales ne présentent pas des formes de sociabilité plus endogames que d’autres groupes, mais encore les espaces les plus homogènes socialement sont ceux des dominants, les « ghettos de riches » étant marqués par des formes d’entre-soi discrets mais efficaces. Le label « communautariste » constitue finalement avant tout un stigmate qui contraint très fortement les mobilisations des groupes minorisés via un soupçon d’illégitimité permanente qui vient nier leur citoyenneté.
La « communauté musulmane », qui n’existe ni en soi ni pour soi, en est l’exemple le plus frappant, à la fois marquée par une forte fragmentation et façonnée par les discours stigmatisants. Pourtant, il apparaît que les mobilisations collectives de la plupart des groupes accusés de communautarisme ne portent pas de demandes particularistes, mais avant tout des revendications d’égalité de droit et de traitement.

Table

Introduction. Déconstruire le communautarisme, par Marwan Mohammed, & Julien Talpin
Communautarisme : une formule diabolique, par Stéphane Dufoix
Le paradoxe français du lien communautaire, par Linda Haapajärvi
Le tigre de papier communautaire, par Patrick Simon
Entre-soi élitaire et communautarisme de classe (Paris, Delhi, São Paulo), par Bruno Cousin & Jules Naudet
Accusation de communautarisme et répression politique à l’échelle locale, par Marwan Mohammed L’égalité, au cœur des luttes contre l’islamophobie, par Houda Asal & Julien Talpin.


Cet ouvrage est dirigé par Marwan Mohammed, sociologue au CNRS (Centre Maurice Halb-wachs, ENS, EHESS, Paris), et Julien Talpin, chercheur en science politique au CNRS (CE-RAPS/université de Lille).
Ont contribué à cet ouvrage Houda Asal, Bruno Cousin, Stéphane Dufoix, Linda Haapajärvi, Marwan Mohammed, Jules Naudet, Patrick Simon et Julien Talpin.