« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
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mercredi 26 septembre 2018

Communautarisme ? Sous la direction de Marwan Mohammed & Julien Talpin

 

Communautarisme ? 
Sous la direction de Marwan Mohammed & Julien Talpin
Seuil
2018


Présentation de l'éditeur
Le terme « communautarisme » renvoie à des mobilisations de groupes minoritaires, jugées illégitimes, qui réclameraient des droits spécifiques. Son usage croissant, et péjoratif, dans l’espace public est révélateur des rapports de pouvoir dans le contexte hexagonal. Mais si les accusations d’entre-soi et de revendications séparatistes font florès, les présupposés qui les soutiennent relèvent très largement du fantasme.
À partir d’enquêtes sociologiques de terrain, ce livre déconstruit ces a priori en montrant que les liens dits communautaires, l’entre-soi et l’homogamie sont des réalités largement partagées dans la société française, bien au delà des groupes minoritaires.
Non seulement les minorités ethno-raciales ne présentent pas des formes de sociabilité plus endogames que d’autres groupes, mais encore les espaces les plus homogènes socialement sont ceux des dominants, les « ghettos de riches » étant marqués par des formes d’entre-soi discrets mais efficaces. Le label « communautariste » constitue finalement avant tout un stigmate qui contraint très fortement les mobilisations des groupes minorisés via un soupçon d’illégitimité permanente qui vient nier leur citoyenneté.
La « communauté musulmane », qui n’existe ni en soi ni pour soi, en est l’exemple le plus frappant, à la fois marquée par une forte fragmentation et façonnée par les discours stigmatisants. Pourtant, il apparaît que les mobilisations collectives de la plupart des groupes accusés de communautarisme ne portent pas de demandes particularistes, mais avant tout des revendications d’égalité de droit et de traitement.

Table

Introduction. Déconstruire le communautarisme, par Marwan Mohammed, & Julien Talpin
Communautarisme : une formule diabolique, par Stéphane Dufoix
Le paradoxe français du lien communautaire, par Linda Haapajärvi
Le tigre de papier communautaire, par Patrick Simon
Entre-soi élitaire et communautarisme de classe (Paris, Delhi, São Paulo), par Bruno Cousin & Jules Naudet
Accusation de communautarisme et répression politique à l’échelle locale, par Marwan Mohammed L’égalité, au cœur des luttes contre l’islamophobie, par Houda Asal & Julien Talpin.


Cet ouvrage est dirigé par Marwan Mohammed, sociologue au CNRS (Centre Maurice Halb-wachs, ENS, EHESS, Paris), et Julien Talpin, chercheur en science politique au CNRS (CE-RAPS/université de Lille).
Ont contribué à cet ouvrage Houda Asal, Bruno Cousin, Stéphane Dufoix, Linda Haapajärvi, Marwan Mohammed, Jules Naudet, Patrick Simon et Julien Talpin.


 

lundi 1 juin 2015

vidéo: Fanny Gallot, En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société


Boîte à idées par Mathilde Goanec, Mediapart

Fanny Gallot
En découdre
Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société
La Découverte
2015

Présentation de l'éditeur
Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire « sauter l’usine », etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. À la différence des hommes, elles ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l’épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple.
Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n’ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d’être reconnues comme des salariée s à part entière, et non pas comme des subalternes devant se contenter d’un salaire d’appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d’un quasi-droit de cuissage. Elles ont donné sa dignité au travail en usine jusqu’alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont changé le fonctionnement syndical en refusant de tout déléguer aux hommes. Les syndicats ont été obligés de prendre en charge des questions comme la contraception, l’avortement ou le partage des tâches familiales.
Fanny Gallot s’est appuyée, entre autres, sur les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, comme celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l’actualité. 
Fanny Gallot est maîtresse de conférence à l'université Paris-Est-Créteil. Elle est membre du Centre de recherche en histoire européenne comparée. Sa thèse, soutenue en décembre 2012 sous la direction de Michèle Zancarini-Fournel, a obtenu le prix 2013 de l'Institut du genre du CNRS.