Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 6 novembre 2013

Sonya Florey, L'engagement littéraire à l'ère néolibérale

Sonya Florey
L'engagement littéraire à l'ère néolibérale
Préface de Jérôme Meizoz
Septentrion
2013

Présentation de l'éditeur
Après l'ère du soupçon, voici l’ère néolibérale, qui met le monde en coupe réglée, l’organise à sa façon, manage les « ressources humaines » comme elle gère matières premières et sources d’énergie. Face à une telle coercition, que peut la littérature ?
C’était la question de Sartre dans les années cinquante, c’est à nouveau celle des écrivains contemporains. Évocations du monde du travail, romans d’usine et d’entreprise se multiplient sous la plume de François Bon, Didier Daeninckx, Thierry Beinstingel, Nicolas Bourriaud, Lydie Salvayre, Jean-Charles Massera, Michel Houellebecq…
Mais s’agit-il encore d’engagement de la littérature en ce début de XXIe siècle, alors que les idéologies sur lesquelles fonder cet engagement se sont effondrées ? Une œuvre qui parodie le discours néolibéral, qui recourt à la satire ou à l’ironie comme à autant de protestations désenchantées, qui met en scène licenciements et délocalisations sans construire de discours pour en rendre compte, peut-on la dire engagée ?
Par delà la définition sartrienne de l’engagement, cet essai convoque le discours économique et managérial, les théories postmodernes et néolibérales auxquelles s’affronte la littérature actuelle. Il interroge sa manière d’en traiter, ausculte les formes nouvelles inventées à cet effet, et montre comment, entre implication sociale, posture d’auteur et dispositifs inédits, les écrivains inventent les voies d’une nouvelle critique sociale.
Sonya Florey est docteure ès-Lettres de l'Université de Lausanne et enseigne la didactique du français à la Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud. Elle s’intéresse au dialogue entre littérature contemporaine et discours socio-économique, ainsi qu’aux représentations de l’humain dans le monde néolibéral.

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