Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 23 juin 2015

à paraître: La dérégulation académique. La construction étatisée des marchés universitaires dans le monde, Christophe Charle et Charles Soulié (dir.)

La dérégulation académique 
La construction étatisée des marchés universitaires dans le monde 
Christophe Charle et Charles Soulié (dir.)
ARESER
Syllepse
septembre 2015

Présentation de l'éditeur
L’asphyxie budgétaire des universités pour cause de réduction des déficits publics et de constitution de « pôles d’excellence » dans le débat public en France.
Marchandisation, recul de l’autonomie académique, mise en concurrence, explosion de la précarité... la plupart des systèmes d’enseignement supérieur nationaux semblent pris dans une dynamique tendant à faire du savoir une marchandise, de la recherche une force productive, des étudiants des clients et de l’Université une entreprise.
Les auteurs ont sollicité des universitaires des quatre continents afin qu’ils portent un diagnostic sur les évolutions récentes de l’enseignement supérieur dans leurs pays . 
Comme tout voyage, ce détour par l’étranger offre au lecteur le moyen de se décentrer par rapport à un univers national qu’il croit bien connaître. 
Le modèle universitaire néolibéral est souvent présenté comme une panacée censée résoudre les problèmes structuraux des vieilles universités européennes engoncées dans une logique de service public égalitaire jugée désuète par les modernisateurs. 
Le destin des universités du monde, même si celles-ci jouissent d’une certaine autonomie relative, est donc inséparable de celui des sociétés dans leur ensemble. On peut aussi dire qu’avec sa massification, l’enseignement supérieur offre une bonne image de la structure, et donc des inégalités et des hiérarchies sociales propres à chaque pays. 
C’est pourquoi, expliquent les auteurs, le salut des universités, et notamment de leur potentiel émancipateur et critique – qui passe notamment par le fait que chacun a le droit d’accéder librement au savoir et que la recherche ne soit pas asservie aux impératifs de la production marchande – dépend de la capacité du mouvement social et politique à se réapproprier un destin collectif confisqué par l’oligarchie financière et des experts autoproclamés 
Christophe Charle est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié Homo Historicus : Réflexions sur l’histoire, les historiens et les sciences sociales, Armand Colin, 2013. 
Charle Soulié est maître de conférences à Paris 8. Il est l’auteur de Un mythe à détruire ? Origines et destin du Centre universitaire expérimental de Vincennes, Presses Universitaires de Vincennes, 2012.

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