Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 21 octobre 2015

vidéo: Christophe Granger, La destruction de l'université française

Présentation à la librairie l'Atelier le 4 novembre 2015

Christophe Granger
La destruction de l'université française
La Fabrique
2015
Lire un extrait

Présentation de l'éditeur
L’université française est aujourd’hui la proie d’une destruction sans précédent. Les politiques de « réforme » ont soumis l’Université – recherche, enseignement, études, diplômes – aux intérêts de l’économie de marché. Les présidents d’université sont placés sous la coupe de conseils d’administration où doivent figurer des patrons et des cadres de grandes entreprises. Les enseignements sont devenus des « offres de formation » dont la valeur tient à leur ajustement aux « besoins du marché du travail ». Quant aux activités de recherche, elles relèvent, non plus des universitaires, mais des débouchés économiques privés. Enfin, sans que les étudiants (ou leurs parents) ne le soupçonnent, près de la moitié des universitaires qui officient aujourd’hui dans les amphithéâtres et les laboratoires du pays sont des précaires.
Les luttes se sont multipliées ces dernières années contre la destruction de l’université. Elles disent le refus d’en habiter les ruines, la nécessité de reconstruire une université. Capable de faire naître une distance critique à l’endroit du monde actuel et le désir de s’organiser contre lui.
Christophe Granger est historien, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris 1/CNRS). Il a notamment publié Les Corps d’été (2009) et À quoi pensent les historiens ? (2013). 

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