Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



samedi 24 octobre 2009

Michael Christofferson, Les Intellectuels contre la gauche, L’idéologie antitotalitaire en France (1973-1981)





Michael Christofferson

Les Intellectuels contre la gauche
L’idéologie antitotalitaire en France (1973-1981)
Traduit de l’anglais par André Merlot
Préface de Philippe Olivera
AGONE


Au cours des années 1970, une vigoureuse offensive contre le « totalitarisme de gauche » ébranla la vie politique française. Dans leurs livres, leurs articles et à la télévision, les intellectuels « antitotalitaires » dénonçaient, sur un ton dramatique, une filiation entre les conceptions marxistes et révolutionnaires et le totalitarisme. Issus eux-mêmes de la gauche et ne craignant qu’une faible opposition de ce côté-là, ces intellectuels ont réussi à marginaliser la pensée marxiste et à saper la légitimité de la tradition révolutionnaire, ouvrant ainsi la voie aux solutions politiques modérées, libérales et postmodernes qui allaient dominer les décennies suivantes. Capitale de la gauche européenne après 1945, Paris devenait la « capitale de la réaction européenne ».
Cette histoire de la notion de « totalitarisme » depuis la Seconde Guerre mondiale retrace notamment les étapes de son instrumentalisation pour marginaliser le PCF et peser sur les orientations de l’Union de la gauche. Faisant un sort définitif à la légende de la « prise de conscience » qu’aurait provoquée L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne en 1974, il révèle la continuité des stratégies permettant la conversion d’intellectuels radicaux en compagnons de route d’un PS sur le chemin du pouvoir. Cet « antitotalitarisme » doit donc bien moins à la découverte d’une tradition libérale à l’anglo-saxonne qu’à la droitisation de la gauche intellectuelle et politique française.
Michael Scott Christofferson est professeur d’histoire contemporaine à la Pennsylvania State University. Après une thèse avec Robert Paxton (dont ce livre est issu), il a notamment publié France during World War II : From defeat to Liberation (2006) et plusieurs articles, dont « François Furet entre l’histoire et le journalisme, 1958–1965 » (French History, 2001 ; Revue Agone 41/42, Les intellectuels, la critique et le pouvoir)
http://atheles.org/trouver?cherche=Michael+Christofferson

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