Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 7 janvier 2010

Céline Bessière, De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac. Raisons d'Agir









Céline Bessière
De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac
Collection Cours & Travaux
éditions Raisons d'Agir
janvier 2010


Présentation de l'éditeur

Impossible aujourd’hui de soutenir la thèse de la disparition des entreprises familiales dans le capitalisme contemporain : implantées sur tous les continents, les entreprises familiales représentent plus des trois quarts des entreprises enregistrées dans le monde et contribuent aux deux tiers de la production totale chaque année. Dans le secteur agricole en France, elles sont massivement prédominantes. C’est alors tout à la fois un métier, un statut de chef d’entreprise indépendante, un patrimoine, un lieu de travail et de résidence qui sont transmis de génération en génération.

L’école républicaine promeut le mérite individuel. La société salariale fait du travail un accomplissement personnel. Et, désormais, la famille serait davantage centrée sur les relations affectives plutôt que sur la transmission de patrimoines. Dans ces conditions, comment comprendre que des jeunes gens reprennent une entreprise familiale? Est-ce une charge ou une chance? À contre-courant des analyses qui n’en finissent pas d'annoncer la fin des paysans, ce livre propose une enquête de terrain sur les transformations des entreprises viticoles de la région de Cognac, au début des années 2000.


Céline Bessière, enseignante-chercheuse à l’Université Paris-Dauphine, a enquêté pendant huit années auprès de jeunes viticulteurs et viticultrices, mais aussi de leurs parents, leurs grands-parents, leurs compagnes (ou compagnons), leurs frères et sœurs. En poussant la porte des exploitations, on mesure l’imbrication des rapports économiques et familiaux ainsi que les tensions entre les aspirations personnelles des individus, leurs appuis et leurs devoirs familiaux. Contribution à une sociologie économique de la famille et de la reproduction sociale, ce livre montre comment, dans les exploitations de Cognac et bien au-delà, se fabriquent des entrepreneurs qui sont aussi des héritiers.

http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/index.html

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