Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 29 juin 2010

Marshall Sahlins, La Nature humaine: une illusion occidentale


Marshall Sahlins
La Nature humaine: une illusion occidentale
Réflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Renaut
Édition originale: The western illusion of human nature, Prickly Paradigm Press, Chicago, 2008.
Éditions de l'éclat
2009




Présentation de l'éditeur
Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature : une nature humaine si cupide et si violente qu'elle livrerait la société à l'anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu'il s'agit d'une conception typiquement occidentale, où l'opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes. Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l'espèce humaine modernes, l'homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l'apprend : nous sommes des animaux de culture ; notre patrimoine biologique, c'est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s'enracine aussi dans la culture.

Reflecting the decline in college courses on Western Civilization, Marshall Sahlins aims to accelerate the trend by reducing "Western Civ" to about two hours. He cites Nietzsche to the effect that deep issues are like cold baths; one should get into and out of them as quickly as possible. The deep issue here is the ancient Western specter of a presocial and antisocial human nature: a supposedly innate self-interest that is represented in our native folklore as the basis or nemesis of cultural order. Yet these Western notions of nature and culture ignore the one truly universal character of human sociality: namely, symbolically constructed kinship relations. Kinsmen are members of one another: they live each other's lives and die each other's deaths. But where the existence of the other is thus incorporated in the being of the self, neither interest, nor agency or even experience is an individual fact, let alone an egoistic disposition. "Sorry, beg your pardon," Sahlins concludes, Western society has been built on a perverse and mistaken idea of human nature.

Lire l'ouvrage en ligne sur Lyber-éclat

Marshall Sahlins is the Charles F. Grey Distinguished Professor Emeritus of Anthropology at the University of Chicago. The author of numerous books, Sahlins is a fellow of the American Academy of Arts and Sciences and a member of the National Academy of Sciences.

Aucun commentaire: