« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Renaut. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Renaut. Afficher tous les articles

lundi 28 mars 2022

Abram de Swaan, La Société transnationale. Langues, cultures et politiques

 


 

Abram de Swaan

La Société transnationale

Langues, cultures et politiques 

Seuil

Liber

2022



Présentation de l'éditeur

Ce livre, aussi rigoureux qu’inventif, offre une perspective stimulante sur les questions de « l’internationalisation » et de « la mondialisation ». Il prend les choses à rebours : il s’intéresse aux institutions nationales mais au lieu d’adopter pour cela un point de vue lui-même national, Abram de Swaan fait apparaître que les États-nations et leurs institutions sont inextricablement imbriqués dans des structures transnationales souvent remarquablement prégnantes. Même dans des domaines considérés comme relevant par excellence des affaires intérieures, les questions de langue et du système scolaire par exemple, de Swaan révèle de manière inattendue le primat des structures transnationales. Les analyses des pratiques culturelles ou des programmes d’enseignement actuels et futurs qui se placent spontanément dans les limites des frontières nationales, oublient le caractère primordial de leur inscription dans ce qu’on peut concevoir comme une société transnationale émergente. Ce livre change ainsi radicalement la perspective dominante en sciences sociales et renouvelle la compréhension de plusieurs questions centrales notamment pour la poursuite de la construction européenne.

Abram de Swaan est professeur émérite de l’Université d’Amsterdam. Il a enseigné au Collège de France à Paris et aux universités dans plusieurs pays. Ses livres sont traduits en douze langues. En français, il a signé notamment Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main (Seuil, « Liber », 2016), et Contre les femmes. La montée d’une haine mondiale (Seuil, 2021).
Traduit du néerlandais par Bertrand Abraham et de l’anglais par Sophie Renaut.

 


vendredi 1 octobre 2021

Rick Fantasia, Gastronomie française à la sauce américaine. Enquête sur l'industrialisation de pratiques artisanales

 



Rick Fantasia

Gastronomie française à la sauce américaine

Enquête sur l'industrialisation de pratiques artisanales 

Seuil

Liber

2021



Présentation de l'éditeur

Traduit de l’anglais par Sophie Renaut.

Les Français se représentent le monde de la gastronomie partagé entre la « haute cuisine », univers où excelle leur génie, et l’alimentation de masse, dominée par des pratiques industrielles d’inspiration américaine. Rien n’est plus faux. Entre les années 1970 et les années 1990, le champ de la gastronomie opère une mutation. Les process industriels venus d’Outre-Atlantique pénètrent le monde
de la cuisine française, notamment à travers l’implantation réussie des fast-foods. Les grandes institutions et les acteurs de la gastronomie s’adaptent très vite à ces changements. Dès lors, la distinction s’efface entre, d’un côté, une cuisine fondée sur les savoir-faire singuliers et les compétences individuelles et, de l’autre, les préparations standardisées, produites à grande échelle par les technologies de l’industrie agro-alimentaire. De même que s’estompe la ligne de démarcation jusque-là infranchissable qui séparait traditionnellement les grands chefs de cuisine des grands chefs d’entreprise. L’analyse implacable de Rick Fantasia révèle ainsi comment le champ gastronomique, qui avait gagné son autonomie à la fin du XIXe siècle, a été absorbé dans la logique du champ économique. Ou comment les noms des plus grands chefs étoilés ont pu devenir des labels de gammes de la grande distribution.

Rick Fantasia est professeur de sociologie au Smith College Northampton (Massachusetts). Il a déjà publié, en français, avec Kim Voss, Des syndicats domestiqués : répression patronale et résistance syndicale aux États-Unis (Raisons d’agir, 2003).



 
 

mardi 29 juin 2010

Marshall Sahlins, La Nature humaine: une illusion occidentale


Marshall Sahlins
La Nature humaine: une illusion occidentale
Réflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Renaut
Édition originale: The western illusion of human nature, Prickly Paradigm Press, Chicago, 2008.
Éditions de l'éclat
2009




Présentation de l'éditeur
Voici venu le temps de nous apitoyer sur notre misérable sort. Depuis deux millénaires, nous avons toujours été hantés par le spectre de notre propre nature : une nature humaine si cupide et si violente qu'elle livrerait la société à l'anarchie si on ne la soumettait pas à quelque gouvernement. Cet ouvrage montre qu'il s'agit d'une conception typiquement occidentale, où l'opposition entre nature et culture est perçue comme le fondement de notre propre tradition (et de nos propres sciences sociales) et de notre différence par rapport à tous ceux qui considèrent que les bêtes sont fondamentalement humaines, et non que les hommes sont fondamentalement des bêtes. Et ces derniers ont raison, du moins au sens où l'espèce humaine modernes, l'homo sapiens, est apparue il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle humaine beaucoup plus ancienne. La paléontologie nous l'apprend : nous sommes des animaux de culture ; notre patrimoine biologique, c'est de créer des symboles. Croire que nous sommes à la merci de nos penchants animaux est une illusion qui s'enracine aussi dans la culture.

Reflecting the decline in college courses on Western Civilization, Marshall Sahlins aims to accelerate the trend by reducing "Western Civ" to about two hours. He cites Nietzsche to the effect that deep issues are like cold baths; one should get into and out of them as quickly as possible. The deep issue here is the ancient Western specter of a presocial and antisocial human nature: a supposedly innate self-interest that is represented in our native folklore as the basis or nemesis of cultural order. Yet these Western notions of nature and culture ignore the one truly universal character of human sociality: namely, symbolically constructed kinship relations. Kinsmen are members of one another: they live each other's lives and die each other's deaths. But where the existence of the other is thus incorporated in the being of the self, neither interest, nor agency or even experience is an individual fact, let alone an egoistic disposition. "Sorry, beg your pardon," Sahlins concludes, Western society has been built on a perverse and mistaken idea of human nature.

Lire l'ouvrage en ligne sur Lyber-éclat

Marshall Sahlins is the Charles F. Grey Distinguished Professor Emeritus of Anthropology at the University of Chicago. The author of numerous books, Sahlins is a fellow of the American Academy of Arts and Sciences and a member of the National Academy of Sciences.