Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


samedi 31 juillet 2010

Maurice Halbwachs, LA THEORIE DE L'HOMME MOYEN


Maurice Halbwachs
LA THEORIE DE L'HOMME MOYEN
Essai sur Quetelet et la statistique morale

Préface d'Eric Brian
ScienceS en Situation
2010




Présentation de l'éditeur
« Que vaut véritablement une moyenne ? », « ce n’est pas par hasard si... », « les penchants », « les propensions »… autant d’expressions entrées dans le vocabulaire des sciences humaines et sociales depuis plus d’un siècle, et présentes aujourd’hui dans le discours quotidien. Elles ont été formées d’après Adolphe Quételet et avec le succès de la statistique morale au XIXe siècle, puis en passant par la critique sociologique dont la thèse complémentaire soutenue par Maurice Halbwachs en janvier 1913 fut le point d’orgue.

L’ouvrage demeure méconnu, même s’il a nourri la réflexion de Georges Canguilhem sur le normal et le pathologique. C’est l’œuvre de jeunesse d’un élève d’Henri Bergson, familier de l’œuvre de Leibniz et surtout passionné par l’étude des faits sociaux et économiques selon la méthode sociologique d’Emile Durkheim. L’ouvrage annonce l’œuvre publiée dans l’entre-deux-guerres, aujourd’hui reconnue comme l’une des plus importantes du XXe siècle en sociologie.

Tenace, Halbwachs analyse le corpus quetelésien et offre un magnifique document au lecteur qui pourra exercer sa réflexion critique et sa sagacité empirique. Rigoureux et intuitif, il indique, dès 1912, certains des renouvellements les plus actuels de la sociologie : les phénomènes sociaux sont complexes (Halbwachs reprend le mot de Henri Poincaré) et il faut en passer par le raisonnement probabiliste.

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