Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 5 octobre 2010

Revue de synthèse: Yves Gingras, Naming without necessity: On the genealogy and uses of the label “historical epistemology”


Naming without necessity: On the genealogy and uses of the label “historical epistemology”
Yves GINGRAS
(Note de recherche du CIRST)





Abstract
The recent discussions on the label “historical epistemology” provide us with an interesting example of branding of concepts, ideas and methods. Given this recent interest in the meaning of the expression “historical epistemology”, a detailed analysis of its genealogy and context of emergence may provide some conceptual clarification in a discussion that is often confused and curiously silent on the long tradition of sociology of knowledge. This essay also sheds light on the difficulty with the international and interdisciplinary circulation of ideas.

Les discussions récentes entourant l’expression « historical epistemology » offrent l’occasion d’analyser le phénomène de « branding », de labellisation des idées, des concepts et des méthodes. Un retour sur la généalogie de l’expression et le contexte de son émergence est utile afin de contribuer à la clarification d’un débat souvent confus et qui maintient un silence surprenant sur la longue tradition de la sociologie de la connaissance. Une telle analyse met aussi en évidence les difficultés actuelles de la circulation internationale des idées.

Die neueren Diskussionen um den Ausdruck „historische Epistemologie“ geben Anlass, das Phänomen des „branding“, der markenähnlichen Kennzeichnung von Ideen, Begriffen und Methoden zu untersuchen. Ein Rekurs auf die Genealogie des Ausdruckes und den Kontext seines Auftauchens leistet hilfreiche Beiträge zur Klärung einer häufig verworrenen Debatte, die in Bezug auf die lange Tradition der Wissenssoziologie erstaunlich schweigsam bleibt. Eine solche Untersuchung macht überdies die aktuellen Schwierigkeiten des internationalen Austausches von Ideen augenfällig.
Keywords historical epistemology - Bachelard - sociology of knowledge

Mots-Clés épistémologie historique - Bachelard - sociologie de la connaissance

Stichwörter Historische Epistemologie - Bachelard - Wissenssoziologie

Yves Gingras, né en 1954, est professeur d’histoire à l’université du Québec à Montréal (UQAM) et titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences. Ses travaux portent sur la transformation du champ scientifique, la formation des disciplines et l’évaluation bibliométrique de la recherche. Il a notamment publié Propos sur les sciences (Paris, Raison d’agir, 2010).

Article publié in Revue de synthèse (n°3, automne 2010) Travail et savoirs techniques dans la Chine prémoderne

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