Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


jeudi 14 avril 2011

P.É.C.R.E.S., Recherche précarisée, recherche atomisée. Production et transmission des savoirs à l’heure de la précarisation

P.É.C.R.E.S.
Recherche précarisée, recherche atomisée
Production et transmission des savoirs à l’heure de la précarisation
Raisons d'agir
2011


Présentation de l'éditeur
La précarisation de l’enseignement supérieur et de la recherche publics est une réalité peu connue, et pour partie rendue invisible, dans un univers que l’on imaginerait comme protégé : elle affecte pourtant de plus en plus le travail et les travailleur·e·s de ce secteur dans leur ensemble. Fondé sur une enquête conduite en 2009 ainsi que sur des travaux et rapports variés, cet ouvrage livre un diagnostic lucide sur les mécanismes de cette précarisation, qui apparaît comme un élément d’une déstructuration plus globale, organisée et méthodique : mise en concurrence généralisée, et particulièrement forte au moment de l’entrée dans la carrière, au nom de l’efficacité ; remise en cause des statuts et des règles définissant les conditions de formation et construction d’une relation de travail durable au nom de la flexibilité ; pilotage de la recherche par projets et financements sur contrats courts, au nom de nécessité de répondre à la demande sociale du moment.

À travers du cas exemplaire du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce livre dévoile donc les effets d’une politique qui consiste à constituer la précarité en norme de fonctionnement choisie : la dégradation des conditions de travail poussée jusqu’aux limites de l’exploitation illégales, la destruction des collectifs et des conditions de la collaboration entre individus ou entre entités institutionnelles de recherche, l’abandon des projets et des investissements de long terme. Tout cela au bénéfice, finalement, des structures privées…

Loin de s’en tenir à un simple diagnostic, ce livre propose un certain nombre de directions pour mener une autre politique. Il s’adresse ainsi aussi bien à tous ceux qui sont liés à l’enseignement supérieur et à la recherche, aux personnels, mais aussi aux postulants, et plus largement à tous les étudiants, à leurs parents, à tous ceux qui sont concernés par l’enseignement, l’innovation et le développement du savoir.


Collectif P.É.C.R.E.S. (Pour l'Étude des Conditions de travail dans la Recherche et l'Enseignement Supérieur)

sommaire


Introduction

17 Précarité d’hier, précarisation d’aujourd’hui Années 2000 : l’explosion de la précarité, 20. – Un retour aux années 1950 ?, 26. – La précarisation, une politique contre les services publics, 32. – La précarisation, une poli tique contre la science, 39.

49 De l’« excellence » à l’intermittence Des emplois discontinus, 52. – La précarité comme horizon ?, 57. – De l’emploi précaire au revenu précaire, 61. – Précaires parmi les précaires, 68. – La « ligne de CV » pour toute rémunération, 71. – Précarité des protections, 72.

79 De l’intermittence à la dépendance Le cercle vicieux de l’invisibilité, 82. – Du personnel de seconde catégorie, 87. – Un boulevard pour les abus de pouvoir, 90. – La solidarité dans l’impuissance, 96.

101 De la dépendance à l’impossible excellence Des économies de bouts de chandelles, 103. – Un gâchis de compétences, 107. – Le temps de la contractualisation contre le temps de la recherche, 114. – La programmation contre les découvertes, 117. – Les risques d’une baisse générale de niveau, 122. – Le renoncement à la démocratisation scolaire, 125.

135 Conclusion 141 Annexes 147 Glossaire 149 Notes et références citées

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