Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 18 mai 2011

Des littératures combatives. L'internationale des nationalismes littéraires. Sous la direction de Pascale Casanova

Des littératures combatives
L'internationale des nationalismes littéraires
Sous la direction de Pascale Casanova
Collection : Cours et travaux
Éditions Raisons d'agir
2011


Présentation de l'éditeur
La question du nationalisme en littérature est souvent traitée ici comme une vieillerie que la mondialisation aurait définitivement balayée. Une chose périmée et passée de mode. Anti-littéraire. Il faut presque se disculper d’en parler comme si aborder ce sujet était s’apprêter à justifier l’injustifiable. Mais curieusement, on a beau secouer ces vieux oripeaux, on n’arrive pas à s’en débarrasser. Surtout si on prétend réfléchir sur la littérature en tant qu’elle est mondiale. La nation, et la croyance qui l’accompagne, reviennent nous hanter encore et encore. Posée par de nombreux « petits » pays qui revendiquent leur droit à l’existence, à la reconnaissance, à l’égalité littéraire sous cette inévitable forme.

Ce livre, qui ne pouvait qu’être collectif, est donc issu des réflexions d’une équipe de chercheurs internationaux (Brésil, Inde, Suisse, Autriche, Allemagne, France). Afin d’internationaliser véritablement la réflexion sur le national, et ne pas s’enfermer dans une pensée nationale du nationalisme, ce volume propose deux directions de travail : d’une part la publication d’instruments théoriques et pratiques sur le nationalisme littéraire, et notamment un inédit en français de Fredric Jameson, et une étude des positions et des propositions sur ce sujet (capitales dans le monde anglo-saxon) d’Antonio Gramsci ; et d’autre part l’analyse historiques de différents nationalismes littéraires à travers de grandes figures d’écrivains : le jeune Borges (Sergio Miceli), l’apparition du roman national au Maghreb dans la foulée des indépendances, nationales, avec Driss Chraïbi (Michael Einfalt) ; la critique de la pensée nationaliste en Allemagne et en Autriche dans l’après-coup de la première guerre mondiale chez le jeune Musil (Norbert Christian Wolf), l’évocation d’une grande figure du nationalisme culturel dans l’Etat indien du Kerala : Balakrishna Pillai (Dilip Menon), sans oublier l’analyse du travail de l’écrivain chinois Lu Xun en termes de production d’ « allégories nationales » (Jameson).

sommaire
Pascale Casanova 9
La guerre de l’ancienneté
ou il n'y a pas d'identité nationale

Fredric Jameson 33
La littérature du Tiers-monde à l’époque du capitalisme multinational

Laurent Jeanpierre 73
Bourdieu ou Gramsci ?

Michael Einfalt 97
Le nationalisme littéraire au Maghreb : un concept et ses apories

Dilip M. Menon 115
Un cosmopolitisme local

Sergio Miceli 131
Le nationalisme culturel du jeune Borges

Ursula Bähler 147
Universalisme universel ou universalisme particulariste ?

Gisèle Sapiro 173
Littérature et moralisme national en France, de la IIIe République aux procès de l’épuration

Norbert Christian Wolf 195
Contre le nationalisme littéraire
---
voir également: Actes des colloques ESSE

Aucun commentaire: