Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 8 novembre 2011

écouter: Géraud Lafarge et Dominique Marchetti, Les portes fermées du journalisme. L’espace social des étudiants des formations « reconnues »


écouter: Géraud Lafarge et Dominique Marchetti, Les portes fermées du journalisme. L’espace social des étudiants des formations « reconnues »
Médialogues, 7.10.2011

in Actes de la recherche en sciences sociales 2011/4 (n° 189), L’évaluation : contextes et pratiques

Résumé
Fondé sur une enquête par questionnaire et par entretiens, cet article montre que les conditions d’entrée dans les formations au journalisme les plus prestigieuses sont de plus en plus sélectives scolairement et socialement. La construction de l’espace des élèves fait apparaître une double opposition, selon que l’entrée dans les formations s’effectue par une « petite porte » ou par la « grande porte », et selon que la trajectoire des étudiants s’inscrit dans un mode de reproduction structuré par le capital scolaire ou d’autres types de ressources, en particulier le capital social. L’article met également en lumière un processus d’homogénéisation sociale qui s’incarne dans une féminisation « par le haut » et dans le passage de plus en plus fréquent, avant l’entrée dans ces formations, par des Instituts d’études politiques (IEP). Au-delà du journalisme, l’analyse offre un éclairage original sur des transformations des secteurs culturels (homogénéisation des contenus, etc.) et sur des changements structuraux au sein des classes dominantes, où les ressources culturelles et scolaires se dissocient de moins en moins des ressources économiques et sociales


Abstract
Based on a questionnaire-survey and on individual interviews, this paper suggests that the conditions for admission in the most prestigious journalism schools are increasingly selective, both educationally and socially. The representation of the social space constituted by the students of these programs reveals a double opposition, determined by whether one is admitted through the “front door” or the “back door”, and whether the trajectory of the students is coded by a mode of reproduction structured by educational capital or by other kinds of resources, and in particular by social capital. The paper also highlights a process of social homogenization that takes the form of a “top-tier” feminization, and of an increasingly frequent enrollment in an Institut d’Etudes Politiques (IEP) prior to admission into a journalism school. Beyond journalism, this case study sheds light on the transformation of cultural sectors (homogenization of content, etc.) and on the structural transformations taking place within the dominant classes, where cultural and educational resources are ever more closely associated with social and economic resources.

Resumen
Este artículo, basado en una investigación mediante cuestionario y entrevistas, muestra que, en Francia, las condiciones de ingreso en los establecimientos más prestigiosos de formación periodística son cada vez más selectivas, tanto en el plano académico como en el social. La construcción del espacio de los alumnos revela una doble oposición, según si se ingresó por la «puerta de atrás» o por la «puerta grande», y según si la trayectoria de los estudiantes se inscribe en un modo de reproducción estructurado por el capital escolar o por otros tipos de recursos, en particular el capital social. Asimismo, los autores del artículo sacan a la luz un proceso de homogenización social que se materializa en una feminización «por arriba» y en haber pasado, antes de ingresar en dichas formaciones, por los Instituts d’études politiques (IEP) [centros de educación universitaria en ciencias políticas], caso que cada vez es más frecuente. Más allá del periodismo, este análisis constituye un original enfoque sobre las transformaciones de los sectores culturales (homogenización de los contenidos, etc.) y los cambios estructurales dentro de las clases dominantes, en las que los recursos culturales y académicos se disocian cada vez menos de los recursos económicos y sociales.

Zusammenfassung
Auf der Basis einer mit Interviews und Fragebögen erfolgten Untersuchung zeigt der vorliegende Aufsatz, dass die Zugangsvoraussetzungen für die prestigeträchtigsten Journalistenausbildungsprogramme auf einer zunehmenden schulischen und sozialen Auslese beruhen. In der Konstruktion des sozialen Raums der Studenten tut sich ein doppelter Gegensatz auf, je nachdem ob der Eintritt über die „enge Pforte“ oder „weite Pforte“ der Ausbildung verläuft. Die Laufbahn der Studenten ist auch von der Reproduktion verschiedener Ressourcen, vor allem aber des schulischen sozialen Kapitals geprägt. Der Aufsatz macht außerdem deutlich, dass eine soziale Homogenisierung erfolgt, die sich in einer Feminisierung „von oben“ ausdrückt sowie in der zunehmenden Bedeutung des vor der Ausbildung absolvierten Studiums an den Instituts d’études politiques (Elitehochschulen). Damit wird eine originelle Perspektive eröffnet, die über den Bereich des Journalismus hinaus von Bedeutung ist und welche die allgemeinen Veränderungen im Kultursektor (Homogenisierung der Inhalte, etc.) beweisen. Daneben lassen sich Umstrukturierungen unter den herrschenden Schichten belegen, in denen die kulturellen und schulischen Ressourcen immer enger an das ökonomische und soziale Kapital gebunden sind.

Resumen
Este artículo, basado en una investigación mediante cuestionario y entrevistas, muestra que, en Francia, las condiciones de ingreso en los establecimientos más prestigiosos de formación periodística son cada vez más selectivas, tanto en el plano académico como en el social. La construcción del espacio de los alumnos revela una doble oposición, según si se ingresó por la «puerta de atrás» o por la «puerta grande», y según si la trayectoria de los estudiantes se inscribe en un modo de reproducción estructurado por el capital escolar o por otros tipos de recursos, en particular el capital social. Asimismo, los autores del artículo sacan a la luz un proceso de homogenización social que se materializa en una feminización «por arriba» y en haber pasado, antes de ingresar en dichas formaciones, por los Instituts d’études politiques (IEP) [centros de educación universitaria en ciencias políticas], caso que cada vez es más frecuente. Más allá del periodismo, este análisis constituye un original enfoque sobre las transformaciones de los sectores culturales (homogenización de los contenidos, etc.) y los cambios estructurales dentro de las clases dominantes, en las que los recursos culturales y académicos se disocian cada vez menos de los recursos económicos y sociales.

Aucun commentaire: