Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mercredi 4 avril 2012

en ligne: Jean-Jacques Rosat, Chroniques orwelliennes


Jean-Jacques Rosat
Chroniques orwelliennes
Collection :Rationalité, vérité et démocratie
site éditorial « La philosophie de la connaissance au Collège de France »
2012


 

Les articles, préfaces et conférences ici réunis sont les chroniques d’une réflexion engagée depuis 2003 sur les idées et les écrits de George Orwell. Cette recherche s’est développée principalement selon trois axes.
(1) Le penseur politique. Sur les relations entre liberté et vérité, les mécanismes du contrôle des esprits, la « décence commune » comme ressort fondamental de l’action, l’importance décisive des expériences politiques et du langage permettant de les dire, ou la critique des formes de domination qu’exercent les intellectuels, l’originalité de ses idées et leur fécondité pour la réflexion contemporaine sont évidentes.
(2) Le militant politique. Quel a été son itinéraire et quelles positions a-t-il défendues. Loin d’avoir été celles de l’« anarchiste tory » qu’on prétend souvent, sa pensée et son action se sont inscrites dans un courant politique aujourd’hui largement refoulé : la gauche socialiste révolutionnaire dissidente, antistalinienne, radicale et égalitaire.
(3) L’écrivain politique. Quelles sont ses idées sur les relations entre littérature et politique, et comment les a-t-il mises en pratique dans son activité de romancier, journaliste, essayiste et critique littéraire ? Il l’a déclaré en 1946 : « Ce que j’ai voulu plus que tout, c’est faire de l’écriture politique un art. »

  • Avant-propos [Texte intégral]
  • Chronique 1
    Réflexions sur 1984
    1. Quel genre de roman est 1984 ? • 2. L’expérience de lecteur du roman comme source de connaissance • 3. Quel genre de connaissance nous donne 1984 ?
  • Chronique 2
    Orwell et la défense de l’homme ordinaire
    1. Il y a un monde ordinaire • 2. Qui est l’homme ordinaire ? • 3. L’homme totalitaire • 4. Le totalitarisme, « vœu secret de l’intelligentsia » • 5. « Honnêteté commune » et politique • 5. Le patriotisme des déracinés • 6. Devenir des intellectuels ordinaires
  • Chronique 3
    1. Un itinéraire politique et littéraire • 2. Qu’est-ce qu’une expérience politique ? • 3. Ni anarchiste ni tory • 4. Les motifs d’être socialiste • 5. L’homme ordinaire et la décence commune • 6. Le différend Chomsky-Foucault
  • Chronique 4
    Quelques notes de lecture
    1. Orwell et la critique littéraire • 2. Ni artiste pur, ni écrivain engagé • 3. Écrire à partir de ses expériences politiques • 4. Littérature et totalitarisme • 5. Deux défenses de la littérature • 6. Le critère de la durée • 7. Les bons mauvais livres • 8. « Tout art est propagande » • 9. Comment Orwell lit Dickens • 10. Contre l’immunité artistique • 11. La maxime de sincérité • 12. Le libéralisme, condition de possibilité de la littérature • 13. La tension irréductible entre politique et littérature
  • Chronique 5
    Préface à Orwell, À ma guise.
    1. La critique du journalisme • 2. La réinvention de la chronique • 3. « Dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre » • 4. Journalisme et combat politique
  • Chronique 6
    1. L’humiliation sociale et l’exigence d’égalité • 2. Classe sociale et identité • 3. L’égalitarisme • 4. Classe, race et nation • 5. La lutte de classes : lutte pour la richesse ou pour le pouvoir ?
  • Chronique 7
    Sur le contrôle des esprits [Texte intégral]
    1. Le nouveau contrôle des esprits • 2. Théorie, littérature et expérience • 3. Première objection : en quoi ce mode de domination est-il nouveau ? • 4. Deuxième objection : nous avons déjà le concept d’« idéologie dominante » • 5. Troisième objection : le concept de totalitarisme est un concept contesté • 6. Ce mode de domination peut s’articuler à des systèmes économiques, sociaux et politiques très divers • 7. Critiquer son propre camp
  • Chronique 8
    Ni anarchiste ni tory [Texte intégral]
    Orwell et « la révolte intellectuelle »
    1. Hétérodoxie et vérité • 2. Pourquoi Orwell n’est pas devenu un Waugh • 3. Orwell et l’échec du socialisme • 4. « Anarchiste tory » ? L’enjeu du débat • 5. « La révolte intellectuelle » • 6. Premier débat : optimisme contre pessimisme • 7. Deuxième débat : La question philosophique et politique du bonheur • 8. Troisième débat : socialisme et religion • 9. La définition orwellienne de l’anarchisme tory. Orwell contre Swift
  • Chronique 9
    1. Qu’est-ce qu’un libéral ? • 2. Libéralisme, socialisme, anarchisme • 3. « La liberté, c’est de dire que deux et deux font quatre » • 4. A-t-on besoin d’une théorie en politique ? • 5. Des intellectuels ordinaires
  • Chronique 10
    Comment Eric Blair est devenu George Orwell
    1. Sur quelques malentendus concernant George Orwell • 2. La route de Mandalay à Wigan • 3. Ceux qu’Eric Blair n’est pas devenu
  • Chronique 11
    1. La violence d’un grand écrivain • 2. Quelques mots sur Les Géorgiques • 3. La structure du chapitre IV des Géorgiques • 4. Trois méthodes de réécriture et leurs effets • 5. Orwell et O
  • Abréviations • Ouvrages

  • Maitre de conférences en philosophie au Collège de France, attaché à la chaire de métaphysique et philosophie de la connaissance.

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