George Orwell
Mille neuf cent quatre-vingt-quatre
Nouvelle édition établie par Thierry Discepolo
Traduction de l’anglais par Celia Izoard
Postface de Thierry Discepolo & Celia Izoard
Agone
Littératures
2021
Présentation de l'éditeur
« Le pouvoir nous enseigne à rejeter l’évidence de nos yeux et de nos
oreilles. C’est son commandement ultime, le plus essentiel. Winston
sentit son cœur lui manquer à la pensée de la puissance démesurée qui
était déployée contre lui, à la facilité avec laquelle n’importe quel
intellectuel le remettrait à sa place avec des arguments subtils qu’il
serait incapable de comprendre, et plus encore de contrer.
Et pourtant, il avait raison ! Ils avaient tort, il avait raison. Il
fallait défendre les évidences, les platitudes, les vérités. Les
truismes sont vrais, accrochons-nous à cela ! Le monde physique existe,
ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau est liquide,
tout objet lâché est attiré par le centre de la terre.
Avec le sentiment de s’adresser à O’Brien, et aussi d’énoncer un
axiome important, Winston écrivit : La liberté est la liberté de dire
que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. »
Dans la mégapole d’une superpuissance mondiale, Winston Smith
vit, cadenassé dans sa solitude, sous le regard constant du télécran.
Employé au ministère de la Vérité, il réécrit quotidiennement les
archives de presse pour les rendre conforme avec la ligne officielle du
moment. Mais un jour, le petit employé de bureau se rebelle, commence un
journal, tombe amoureux et flâne dans les quartiers où vivent les
proles, soustraits à la discipline du Parti. Dans ces lieux où
subsistent quelques fragments du passé aboli, il va s’engager dans la
rébellion…
« Novlangue », « police de la pensée », « Big Brother »...
Soixante-dix ans après la publication du roman de George Orwell, les
concepts clés de 1984 sont devenus des références essentielles
pour comprendre les ressorts totalitaires des sociétés contemporaines.
Dans un monde où la télésurveillance s’est généralisée, où la
numérisation a donné un élan sans précédent au pouvoir des grandes
entreprises et à l’arbitraire des États, où le passé tend à se dissoudre
dans l’éternel présent de l’actualité médiatique, le chef-d’œuvre
d’Orwell est à redécouvrir dans une nouvelle traduction et une édition
critique.
Parue pour la première fois au Québec en 2019 aux éditions de la rue Dorion (Québec),
cette nouvelle version corrige les lacunes de la traduction initiale
réimprimée à l’identique depuis 1950 (une quarantaine de phrases
manquantes, de nombreux contresens) ; et, au contraire de la traduction «
moderne » parue en 2018, restitue la dimension philosophique et la
fulgurance politique du roman d’Orwell dans les termes que des millions
de lecteurs se sont appropriés depuis plus d’un demi-siècle ; tout en
rendant hommage à la dimension poétique de cette œuvre pleine d’humour,
d’amertume et de nostalgie.