Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 6 juillet 2012

André Babeau, Les comportements financiers des Français + compte rendu par Frédéric Lebaron

André Babeau
Les comportements financiers des Français
Economica
2011

Présentation de l'éditeur
Pourquoi les Français ont-ils un taux d'épargne aussi élevé ? Pourquoi recourent-ils de façon modérée au crédit ? Pourquoi leur patrimoine financier est-il si minoritaire dans le total de leurs actifs ? À toutes ces questions, on a cru pendant un demi-siècle pouvoir apporter aisément des réponses définitives : cycle de vie, choix de portefeuille... etc. En réalité, il n'en était rien ; arrive un moment où, comme dans le conte d'Andersen, il faut dire " le roi est nu ". 
En France en effet, comme d'ailleurs dans les autres pays avancés, les comportements financiers des particuliers (épargne, crédits, logement, pensions de retraite, transmissions aux jeunes générations) sont plus complexes que ce que l'on avait envisagé jusqu'ici. En particulier, les interactions entre variables " réelles " (revenu, consommation, investissement) et variables financières (emprunts, dépôts bancaires, créances sur les sociétés d'assurance vie) sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne le pensait. 
Il faudra donc dorénavant tenir compte de cette complexité non seulement dans la prévision des variables réelles, qui laisse encore souvent beaucoup à désirer, mais aussi dans l'indispensable prévision des variables financières jusqu'ici complètement ignorée et qui, à l'avenir, sera un élément important de la surveillance du risque systémique. Après avoir utilisé un cadre d'analyse aussi large que possible et renvoyant, dans tous les domaines des comportements des ménages, de la macro à la micro-économie, André Babeau en vient, pour participer à la nécessaire reconstruction, à suggérer un programme de recherches portant notamment sur de nombreuses informations encore manquantes. Un programme qui, à n'en pas douter, s'étendra sur plusieurs lustres.
André Babeau, Professeur des Universités, ancien Directeur du Credoc, est actuellement Conseiller scientifique au BIPE et Administrateur de deux sociétés d'assurance.  
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compte rendu par Frédéric Lebaron, Le Monde Diplomatique, juillet 2012


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