Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 6 juillet 2012

André Babeau, Les comportements financiers des Français + compte rendu par Frédéric Lebaron

André Babeau
Les comportements financiers des Français
Economica
2011

Présentation de l'éditeur
Pourquoi les Français ont-ils un taux d'épargne aussi élevé ? Pourquoi recourent-ils de façon modérée au crédit ? Pourquoi leur patrimoine financier est-il si minoritaire dans le total de leurs actifs ? À toutes ces questions, on a cru pendant un demi-siècle pouvoir apporter aisément des réponses définitives : cycle de vie, choix de portefeuille... etc. En réalité, il n'en était rien ; arrive un moment où, comme dans le conte d'Andersen, il faut dire " le roi est nu ". 
En France en effet, comme d'ailleurs dans les autres pays avancés, les comportements financiers des particuliers (épargne, crédits, logement, pensions de retraite, transmissions aux jeunes générations) sont plus complexes que ce que l'on avait envisagé jusqu'ici. En particulier, les interactions entre variables " réelles " (revenu, consommation, investissement) et variables financières (emprunts, dépôts bancaires, créances sur les sociétés d'assurance vie) sont beaucoup plus nombreuses qu'on ne le pensait. 
Il faudra donc dorénavant tenir compte de cette complexité non seulement dans la prévision des variables réelles, qui laisse encore souvent beaucoup à désirer, mais aussi dans l'indispensable prévision des variables financières jusqu'ici complètement ignorée et qui, à l'avenir, sera un élément important de la surveillance du risque systémique. Après avoir utilisé un cadre d'analyse aussi large que possible et renvoyant, dans tous les domaines des comportements des ménages, de la macro à la micro-économie, André Babeau en vient, pour participer à la nécessaire reconstruction, à suggérer un programme de recherches portant notamment sur de nombreuses informations encore manquantes. Un programme qui, à n'en pas douter, s'étendra sur plusieurs lustres.
André Babeau, Professeur des Universités, ancien Directeur du Credoc, est actuellement Conseiller scientifique au BIPE et Administrateur de deux sociétés d'assurance.  
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compte rendu par Frédéric Lebaron, Le Monde Diplomatique, juillet 2012


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